Paralysie politique et marasme économique menacent le Myanmar
le 04 mars 1999 à 00h00
La paralysie politique, doublée d’un marasme économique, est complète en Birmanie, la junte militaire comme l’opposition campant obstinément sur leurs positions, sans le moindre espoir de dialogue, selon analystes et diplomates à Rangoon. La dirigeante de l’opposition, Aung San Suu Kyi, est plus que jamais isolée de ses partisans à la suite d’une campagne de pressions et de répression des autorités qui ont de facto démantelé son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), depuis novembre. Les militaires continuent de lui dénier toute crédibilité et légitimité en dépit (ou à cause) de sa popularité auprès du peuple birman et de son aura internationale. Ils n’ont jamais reconnu le résultat des dernières élections pluralistes de mai 1990, qu’ils avaient eux-mêmes organisées et qui ont été remportées haut la main par la LND (60 % des voix et 82 % des sièges). Les généraux se disent prêts à discuter avec l’opposition, mais surtout pas avec sa dirigeante, prix Nobel de la Paix, qualifiée d’«étrangère» – elle est mariée à un Anglais – et de «pion» de l’Occident. Quant à Aung San Suu Kyi, elle se prévaut toujours de la victoire de son parti il y a dix ans et réclame en vain la réunion du Parlement qui n’a jamais siégé. Elle refuse, bien sûr, d’être écartée de toute discussion, et fustige «l’énorme pression» des autorités sur les militants de la Ligue. «Rien ne se passe, rien ne change et il n’y a guère d’espoir. Les deux camps sont tellement persuadés d’avoir raison qu’un compromis paraît impossible», déplore un diplomate à Rangoon, en soulignant que «les militaires ont toutes les cartes en main». Le blocage est tel que les chancelleries semblent de plus en plus frustrées, au point que certaines commencent à s’interroger sur la stratégie de la dissidente. «Elle est têtue mais malheureusement le gouvernement exerce son plein contrôle sur la LND. Il n’y a donc pas grand-chose qu’elle puisse faire avec sa tactique actuelle pour changer les choses», estime un autre diplomate occidental. En outre, l’impasse politique déborde du seul cadre birman et empoisonne les relations entre l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) et l’Union européenne. Le dialogue entre les deux blocs est au point mort depuis plus d’un an en raison des critiques européennes sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie et le sort réservé à Aung San Suu Kyi. Une rencontre ministérielle UE-Asean prévue à la fin du mois à Berlin apparaît compromise à cause d’un désaccord sur la présence birmane. La seule perspective reste une discrète initiative internationale sous l’égide de l’Onu qui prévoirait une reprise graduelle de l’aide humanitaire, et éventuellement financière, à la Birmanie en échange de réformes politiques, selon des sources diplomatiques à Rangoon.
La paralysie politique, doublée d’un marasme économique, est complète en Birmanie, la junte militaire comme l’opposition campant obstinément sur leurs positions, sans le moindre espoir de dialogue, selon analystes et diplomates à Rangoon. La dirigeante de l’opposition, Aung San Suu Kyi, est plus que jamais isolée de ses partisans à la suite d’une campagne de pressions et de répression des autorités qui ont de facto démantelé son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), depuis novembre. Les militaires continuent de lui dénier toute crédibilité et légitimité en dépit (ou à cause) de sa popularité auprès du peuple birman et de son aura internationale. Ils n’ont jamais reconnu le résultat des dernières élections pluralistes de mai 1990, qu’ils avaient eux-mêmes organisées et qui ont été...
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