Le dollar s’est stabilisé hier, à Beyrouth, sur un marché plus animé que la veille et marqué par un certain regain d’intérêt pour les placements en dollar. Et c’est grâce au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente de cette monnaie entre 1 502,00 et 1 514,00 LL qu’elle a dû clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre 1998. Dans cette évolution, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le billet vert au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL et souvent en l’absence de contreparties valables à l’offre en dehors d’elle. Il a continué ainsi à fluctuer dans une fourchette très étroite entre 1 513,75 et 1 514,25 LL avec un volume d’affaires de quelque huit millions de dollars dont une partie vendus par la BDL à 1 514,00 LL et une autre partie en euros et en dollars échangés par les banques de la place. Reprise du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar est resté ferme face au yen, hier sur les marchés des changes internationaux, après la décision de la Banque du Japon de prendre de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, tandis que l’euro s’est montré vulnérable au-dessus du seuil de 1,09 dollar contrairement au sterling qui est légèrement monté après le maintien des taux britanniques. Le billet vert a été sensiblement soutenu hier par la décision de la Banque du Japon d’injecter davantage de liquidités sur le marché, donnant ainsi un signal clair pour que le yen s’affaiblisse afin de donner un coup d’envoi à la croissance économique. Dans ce contexte, l’euro n’a pas tardé à renouer avec la baisse, éprouvant beaucoup de difficultés à se maintenir au-dessus de 1,09 dollar. Ce mouvement a été attribué aussi au fait que les marchés avaient largement anticipé un statu quo monétaire dans la zone euro à l’issue de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Enfin, le sterling a trouvé appui dans le maintien par la Banque d’Angleterre de son taux de base à 5 1/2 %, dans une mesure qui n’a pas pour autant surpris les milieux cambistes au vu des récentes statistiques britanniques, reflétant quelques signes inflationnistes. Compte tenu donc de toutes ces considérations et dans la perspective d’un prochain resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de la réunion de son comité de l’open market fin mars, le dollar s’est négocié, à New York, sur un ton généralement soutenu comme suit : – 1,0890 pour un euro contre 1,0925, la veille – 1,6140 pour un sterling contre 1,6145 – 1,7960 DM contre 1,7900 – 6,0235 FF contre 6,0025 – 1,4610 FS contre 1,4570 – 1778,25 lires contre 1773,05 – 121,85 yens contre 120,25. Bourse de Beyrouth : Solidere activement recherchée Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est mieux tenue hier, malgré la poursuite de la baisse de quelques valeurs bancaires dont celles de la Byblos Bank et de la banque Bemo. La cote libanaise a trouvé appui dans la fermeté des actions Solidere des deux catégories A et B qui ont bénéficié d’un surcroît de demandes. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises a progressé de 0,89 % à 81,44 points, contrairement à l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a cédé 0,42 % à 191,40 points. Pour ce qui est de l’activité de la cote et eu égard à une application portant sur 113 782 actions C de la Byblos Bank, le volume d’affaires de la journée d’hier s’est développé, totalisant 217 397 actions d’une valeur globale de 1 198 450 dollars. Wall Street : marché volatil Par ailleurs, Wall Street, qui avait entamé la journée d’hier sur un ton légèrement haussier, est repassée dans le rouge après la réaffirmation par le président de la Fed, Alan Greenspan, de son opposition à l’investissement en Bourse d’une partie des fonds destinés à la sécurité sociale comme l’avait proposé le président Clinton. «Investir en Bourse les fonds de la sécurité sociale fait peu ou ne fait rien pour améliorer la capacité de l’économie américaine à satisfaire les besoins des retraités au siècle prochain», a-t-il dit. Toutefois, certains secteurs de la cote étaient plus touchés que d’autres par cette prise de position du patron de la Fed. Ainsi, le secteur de l’agrochimie est resté à l’abri de la baisse à la suite d’une information du New York Times faisant état de négociations entre DuPont et Monsanto en vue d’une fusion. Il en est de même du secteur de la haute technologie qui est reparti à la hausse sous la conduite de l’action Intel laquelle a rebondi hier sur les propos d’un analyste très écouté recommandant de l’acheter sur des prévisions de hausse de résultats. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer entre un plus haut à 9 337,00 points et un plus bas à 9 221,20 points avant d’afficher en préclôture 9 223,45 points, en baisse de 74,16 points sur la veille. Prises de bénéfices sur les Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé à la baisse mercredi après avoir subi une vague de prises de bénéfices. L’indice TSE Eurotop 300 a perdu 0,7 %, à 1 201,29, de même que le Dow Jones STOXX, à 285,19. Les investisseurs étaient peu enclins à se porter sur le marché à la veille de la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne et avant la publication, vendredi, de la statistique américaine de l’emploi. «On n’attend pas de baisse des taux en Europe aujourd’hui bien que la confiance des milieux d’affaires avoisine son plancher», a dit l’analyste James Cornish (BT Alex Brown). Les professionnels des marchés s’inquiètent de l’ampleur des hausses de salaires négociées en Allemagne et des futurs résultats des entreprises pour cette année. «On a eu de bons bénéfices en 1998, mais on a l’impression sur le marché qu’il sera difficile d’accroître les chiffres d’affaires en 1999», a ajouté James Cornish. Cela pourrait se traduire par un certain recul des cours d’ici environ un mois. En revanche, ajoute cet analyste, les marchés pourraient monter à court terme si Wall Street parvient à progresser encore. Les pressions baissières ont été particulièrement sensibles en Allemagne, en raison notamment de la menace brandie par certaines entreprises de transférer des activités à l’étranger en cas d’adoption de la réforme fiscale. L’indice Xetra DAX y a reculé de 2,7 %, à 4 668,52. RWF AG, qui a estimé à 25 milliards de marks l’augmentation qu’entraînerait la réforme fiscale sur l’imposition du secteur des services publics, a poursuivi son recul, abandonnant 5,5 %, à 36,99 euros. On a aussi noté le recul de 5,8 % de Deutsche Telekom, à 41 euros, et du compartiment de l’automobile, à la suite de DaimlerChrysler, en baisse de 4,25 %, à 79,86 euros. À Paris, où le CAC 40 a perdu 1,1 %, à 4 004,16, Alcatel, qui a annoncé mercredi l’achat de la société américaine Xylan, considéré par les boursiers comme une «inflexion stratégique», semble avoir retrouvé la faveur des investisseurs. Après avoir gagné jusqu’à 9,95 %, le titre a conservé en clôture une hausse de 7,49 %, à 109,1 euros. Malgré de bonnes perspectives 1999, Peugeot a fini en baisse de 2,35, à 116,3 euros, affectée par des craintes sur l’évolution du marché automobile. Les autres Bourses européennes ont accusé le plus souvent des baisses de plus d’un pour cent, a l’exception de la Bourse suisse, en léger progrès de 0,14 %, de Bruxelles qui s’est repliée de 0,30 % et de Londres qui n’a cédé que 0,21 % après avoir effacé une avance initiale. La Banque d’Angleterre a annoncé en milieu de journée le maintien de ses taux d’intérêt inchangés. On a remarqué plus particulièrement le recul de 3,5 % de Marks & Spencer, à 380 pence, après que William Baird, l’un de ses fournisseurs, eut annoncé une contraction de son bénéfice et a dit ne pas s’attendre à une amélioration avant plusieurs mois. À signaler aussi, à Amsterdam, sur un marché en baisse de 1,32 %, le recul de 5,4 % du brasseur Heineken NV, à 44,85 euros, après une mise en garde sur ses bénéfices accompagnant l’annonce de résultats annuels meilleurs que prévu. Tokyo : soutenue par la baisse des taux japonais et du yen La Bourse de Tokyo a terminé en nette hausse de 1,79 % mercredi, effaçant la quasi-totalité de ses pertes de la veille, à la faveur de la bonne tenue du dollar par rapport au yen et de la détente des taux d’intérêt japonais à court terme. Une série d’informations faisant le point sur les efforts de restructuration des entreprises japonaises a d’autre part été bien accueillie par les investisseurs. L’indice Nikkei 225 a gagné 249,30 points à 14 170,36, terminant juste sous son plus haut du jour de 14 170,46 points. Le contrat mars sur indice a 250 points à 14 160. «Le Nikkei 225 a repris le terrain perdu la veille grâce à la hausse du dollar et la baisse des taux d’intérêt japonais (à court terme)», a expliqué Noriko Trie, économiste de marché à Fuji Securities Co. Ltd. Le principal indicateur de tendance avait cédé 2,11 % mardi, repassant sous les 14 000 points pour la première fois depuis le 12 février. Les intervenants sont soulagés de la progression du dollar contre le yen parce que le cas contraire affecterait la compétitivité des entreprises tournées vers l’exportation. Ils sont également satisfaits de la détente des taux d’intérêt, sachant que leur hausse pourrait durement toucher une économie japonaise encore très fragile. Le dollar a dépassé la barre des 121 yens mercredi à Tokyo dans les derniers échanges, contre 119,98/08 en clôture à New York la veille. Le taux au jour le jour est tombé à 0,02 %, ce qui, en tenant des commissions de 0,02 %, correspond de fait à un taux zéro. Le rendement des fonds d’État japonais à dix ans (JGB) s’inscrivait à 1,690 % contre 1,805 % mardi soir. L’indice TOPIX de l’ensemble des valeurs de la première section a avancé de 7,73 points à 1 099,81 et le Nikkei 300, de 1,55 point à 219,44. On a dénombré 691 hausses pour 411 baisses avec 195 valeurs inchangées. Quelque 395 millions de titres ont été échangés sur la première section contre 457 millions mardi.
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