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Actualités - Reportages

Correspondance Margaret Leng Tan, du Steinway au piano-jouet

À elle la grande musique, les pianos à queue, les grandes salles de concert (du Carnegie Hall à la salle Gaveau), les grands titres (première femme à obtenir un doctorat de la prestigieuse «Julliard School»), les grandes amitiés avec des célébrités artistiques. Son nom, Margaret Leng Tan, aujourd’hui surnommée La diva du petit piano. En choisissant d’aller de l’infiniment grand à l’infiniment petit, elle n’en est pas moins restée un géant de la musique. Aujourd’hui, elle s’est ainsi bâtie une nouvelle gloire en donnant ses lettres de noblesse au piano jouet. Comment a-t-elle passé du Steinway à l’instrument-joujou? Margaret Leng Tan, originaire de Singapour, a fait carrière aux États-Unis et vit à New York où elle cohabite avec trois Steinway et douze pianos miniature. Elle nous explique, lors d’un passage à Washington, qu’elle avait été marquée par cette réflexion de Marcel Duchamp: «Ce sont les instruments les plus simples qui requièrent le plus de dextérité». En disciple inconditionnelle du compositeur contemporain John Cage, elle s’est faite exploratrice du monde des sons. John Cage, ayant composé une partition pour piano-jouet, elle a voulu l’exécuter. Pour trouver l’instrument adéquat, elle avait dû faire en 1993 les brocantes new-yorkaises. En définitive, elle avait trouvé ce qu’elle cherchait dans un magasin de bric-à-brac. Coût de l’acquisition : 45 dollars. Avec ce qui pourrait être un objet de quat’ sous, elle a fait monts et merveilles. Elle devait, par la suite, en acheter onze autres, s’ingéniant à en tirer une musicalité qui, en principe, n’est pas leur lot. Entre ses mains, ces instruments, aux sons métalliques et aigus, au clavier limité (25 touches au lieu des 88 et avec parfois des touches noires uniquement peintes) sur lequel les enfants pianotent, deviennent source de grand art. Sa virtuosité initiale et son avant-gardisme ont élargi les possibilités de ce qui était censé être une réplique simplifiée, restreinte du modèle pour adultes et dont la sonorité tenait de la percussion. Partitions Margaret Leng Tan a ainsi réussi à interpréter sur ces petits instruments des pièces pour piano, dont La sonate au clair de lune de Beethoven. Elle a même fait plus : devant le succès obtenu, plusieurs compositeurs contemporains lui ont dédié des partitions. Il s’agit de Toby Twining, Julia Wolfe, Guy Klucevsck et Stephen Montague. Sont également inscrites à son répertoire des œuvres de Beethoven, Satie, John Cage, Philip Glass et les Beatles. Margaret Leng Tan et ses pianos-en-principe-pour-enfants ont eu droit aux honneurs des grandes salles de musique des États-Unis (Lincoln Center, Kennedy Center etc.) et des festivals internationaux. À noter qu’elle agrémente son spectacle de tonalités provenant d’instruments de facture primitive : grelots, tambourins et autres xylophones. Un matériel simpliste dont elle a fait, après moult recherches, l’élément savant d’une musique avant-gardiste, avec en filigrane ce qu’elle appelle un nuage de nostalgie, rappelant les premiers films de Fellini, La Strada et les Nuits de Calabre. Elle vient d’enregistrer un CD intitulé The Art of the Toy Piano qui connaît un grand succès. Consécration ultime, la ville de Berlin vient de la convier à participer à une célébration de Beethoven en l’an 2000. Sur son petit piano, elle interprétera La sonate au clair de lune, dans le cadre d’une manifestation portant sur le piano, instrument extraordinaire. Quant à l’histoire du piano-jouet, elle nous explique qu’elle est marquée par le nom de l’immigré allemand Albert Schoenhut, venu s’installer à Philadelphie à la fin du siècle dernier. En 1872, il avait commencé à fabriquer des pianos-jouets, plus solides que ceux se trouvant sur le marché et plus ressemblants aux instruments pour adultes. Il avait également travaillé la résonance pour la rendre moins métallique et plus déliée. Par ailleurs, Margaret Leng Tan prépare un ouvrage portant sur cette aventure dont les débuts ont suscité bien de curiosités. «Est-ce qu’elle est une naine?», s’est-on demandé. Ou encore, «elle a l’air d’une grande petite personne». L’avis tout en humour de son accordeur, «après cela, accorder un Steinway devient un jeu d’enfant. J’espère, en ce qui vous concerne que vous ne recevez pas des cachets-joujou pour vos spectacles ! La réaction de sa mère: “C’est pour faire cela qu’on t’a envoyée à Julliard?”».
À elle la grande musique, les pianos à queue, les grandes salles de concert (du Carnegie Hall à la salle Gaveau), les grands titres (première femme à obtenir un doctorat de la prestigieuse «Julliard School»), les grandes amitiés avec des célébrités artistiques. Son nom, Margaret Leng Tan, aujourd’hui surnommée La diva du petit piano. En choisissant d’aller de l’infiniment grand à l’infiniment petit, elle n’en est pas moins restée un géant de la musique. Aujourd’hui, elle s’est ainsi bâtie une nouvelle gloire en donnant ses lettres de noblesse au piano jouet. Comment a-t-elle passé du Steinway à l’instrument-joujou? Margaret Leng Tan, originaire de Singapour, a fait carrière aux États-Unis et vit à New York où elle cohabite avec trois Steinway et douze pianos miniature. Elle nous explique, lors d’un...