L’offre du dollar l’a emporté sur la demande hier encore sur le marché des changes de Beyrouth pour les besoins en livres libanaises à des fins de souscriptions à l’émission hebdomadaire de bons du Trésor. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, le billet vert a dû clôturer au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Dans cette évolution, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar à des cours légèrement supérieurs à ce taux indicatif, entre 1 509,50 et 1 510,50 LL sans avoir à recourir à la BDL en raison de la présence d’une contrepartie valable à l’offre à 1 510,00 LL en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Pourtant, le volume d’affaires ne devait pas prendre beaucoup d’ampleur, ne dépassant pas au total quelque huit millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Dollar soutenu malgré un déficit commercial américain record À l’étranger, le dollar s’est maintenu au-dessus du seuil des 124 yens et a progressé face à l’euro hier sur les marchés des changes internationaux, malgré un déficit commercial record aux États-Unis en mars qui n’a pas réussi à faire oublier la morosité de la situation économique au Japon et dans la zone euro. À l’ouverture du marché de New York, on apprenait que les États-Unis ont accusé un déficit commercial record de 19,7 milliards de dollars en mars après un déficit révisé de 19,4 à 19,1 milliards en février, soit le plus lourd depuis que le gouvernement publie cette statistique en 1992. Le dollar, qui avait légèrement fléchi à l’annonce de ces données, repassant notamment brièvement sous les 124 yens, s’est ensuite rapidement ressaisi, le marché estimant que tant que l’économie américaine est vigoureuse, le déficit commercial ne pose pas de problème. Certes, malgré la détérioration de la balance commerciale, l’économie américaine continue à afficher une bien meilleure santé que celles du Japon et de l’Europe comme l’ont confirmé jeudi le rapport mensuel de la Banque du Japon et les statistiques allemandes et italiennes. L’institut d’émission nippon a souligné que l’économie japonaise a cessé de se détériorer mais des signes évidents de reprise n’ont pas encore été observés, ce qui continue à peser sur le yen. L’euro pour sa part a souffert de la nouvelle dégradation du climat des affaires en Allemagne de l’Ouest révélée par le baromètre de l’institut de conjoncture munichois IFO qui est retombé le mois dernier à 89,7 points contre 90,2 points en mars. De plus, la baisse de 9,4 % des commandes à l’industrie en Italie en février, par rapport à la même période de l’année précédente, a également pesé sur la monnaie unique européenne. Cela d’autant que celle-ci continuait à pâtir du conflit en Yougoslavie, alors qu’aucun progrès réel n’a été fait au niveau des négociations de paix. Il en est de même du sterling qui s’est replié face au dollar hier, affecté par les chiffres britanniques sur les ventes de détail qui ont reculé de 0,5 % le mois dernier, laissant croire à un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est resté généralement ferme hier, se négociant à New York, comme suit : – 1,0635 pour un euro contre 1,0657, la veille. – 1,6085 pour un sterling contre 1,6175 – 1,8390 DM contre 1,8355 – 6,1685 FF contre 6,1540 – 1,5070 FS contre 1,5040 – 1820,15 lires contre 1818,20 – 124,35 yens contre 124,20. La Bourse de Beyrouth tirée par Solidere Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a continué sur sa lancée de la veille, soutenue toujours par l’engouement manifesté pour les actions Solidere des deux catégories A et B qui sont remontées de 8,00 dollars à respectivement 8 1/4 et 8 3/8 dollars dans un marché suracheté et sans contrepartie valable à la vente. La cote libanaise a également trouvé appui dans la hausse des actions C de la Bank of Beirut et de celles de la société Bou Khalil Markets. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,71 % à 77,37 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a progressé de 0,11 % à 179,43 points. Ce mouvement s’est effectué encore une fois dans des volumes d’affaires très minces avec au total quelque 109 390 actions échangées d’une valeur de 728 972 dollars. Wall Street : marché soutenu Par ailleurs, Wall Street s’est montrée indifférente hier à la publication d’un déficit commercial record pour les États-Unis au mois de mars, manifestant une grande résistance aux influences baissières que pourraient engendrer cette statistique. Au contraire, les investisseurs paraissaient hier plus ou moins rassurés par ces chiffres dans la mesure où ils excluaient toute surchauffe de l’économie américaine tant redoutée. «Le déficit commercial de mars va retirer deux points en pourcentage à la croissance du produit intérieur brut américain au premier trimestre», indique-t-on dans ces milieux. Cela d’autant que la diminution de 12 000 du nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière témoignait de la bonne santé de l’économie américaine qui continue de créer des emplois en l’absence de surchauffe. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’est orienté à la hausse dès l’ouverture, progressant d’un plus bas à 10 880,01 points à un plus haut à 10 960,08 points, avant d’afficher en préclôture 10 930,45 points, en hausse de 43,06 points sur la veille. Les Bourses européennes en hausse, soutenues par les télécoms La quasi-totalité des Bourses européennes a terminé en hausse jeudi, à la faveur de la bonne tenue des valeurs pharmaceutiques et de celles liées aux télécommunications, en dépit du tableau mitigé de l’économie allemande dressé par la Bundesbank. À Paris, le CAC 40 a pris 1,05 %, le Xetra Dax des transactions électroniques à Francfort a gagné 0,57 % et le FTSE 100 à Londres a progressé de 1,62 %. Milan a avancé de 0,27 %, Amsterdam de 1,23 %, Bruxelles de 1,02 % et Zurich de 1,05 %. Seul Madrid a cédé 0,23 %. Envolée des télécoms Les bons résultats de British Telecom et l’arrivée à échéance vendredi de l’offre hostile d’Olivetti sur Telecom Italia ont vivement animé le secteur des télécommunications. BT a gagné 3,8 % à 11,35 livres – après avoir touché auparavant un nouveau plus haut historique à 11,44. BT avait déjà gagné 4,6 % mercredi, bénéficiant de ses résultats supérieurs aux attentes qui avaient conduit des sociétés de Bourse à relever leurs perspectives sur le titre. Dans son sillage, Vodafone s’est adjugé 5,6 %. À Francfort, Deutsche Telekom, la valeur la plus travaillée de la cote, s’est adjugé 4,9 %, à 37,20 euros, en raison du scepticisme concernant les chances de succès du projet de fusion du groupe avec Telecom Italia. Mannesmann, qui sortira renforcé si Olivetti réussit son offre sur Telecom Italia, a progressé de 3,5 % à 125,30 euros. À Milan, Telecom Italia a cédé 2,39 % et Olivetti 1,73 %, le marché craignant que l’arrivée à échéance de l’offre ne signifie pas forcément la fin de la bataille. La veille, les titres des deux groupes avaient fortement progressé dans l’anticipation d’une réussite de l’offre du groupe d’Ivrée. Tokyo : en léger progrès La Bourse de Tokyo a terminé jeudi en progression de 0,4 %, mettant un terme à une série de cinq séances consécutives en territoire négatif, a-t-on appris de source de marché. À l’issue d’une séance incertaine, l’indice Nikkei des valeurs vedettes a terminé sur un gain de 71,81 points, qui l’a porté à 16 199,99 pts. L’index élargi Topix a progressé de 1,26 point à 1 301,87. Les échanges ont porté sur environ 550 millions de titres contre 601,8 millions mercredi.
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