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Actualités - Chronologie

Quinze mille réfugiés évacués vers l'Allemagne dans la plus grande tension

L’Allemagne, championne toutes catégories des pays d’accueil demandés par les Albanais du Kosovo réfugiés en Macédoine, approche «dans une immense tension» le premier plafond qu’elle s’était fixé de 15 000 évacuations. «Ce n’était pas comme cela il y a six semaines. La tension et la pression sont devenues immenses», s’inquiète Matthias Seeger, fonctionnaire du ministère allemand de l’Intérieur chargé de superviser les départs. «Nous avons déjà fait partir 11 634 personnes des différents camps de Macédoine. Il ne nous reste donc qu’environ 3 400 places», explique-t-il. Autour de lui, dans le camp de Brazda, près de la capitale Skopje, se pressent ceux qui craignent de rater ce qu’ils pensent être l’un des derniers départs vers l’Allemagne. Mais il y a aussi là des Albanais du Kosovo vivant en Allemagne et venus tenter, avec la dernière énergie et sans la moindre chance, de sortir leurs familles bloquées dans ce camp. Ceux-là agitent des bouts de papier où ils ont inscrit les noms et âges de leurs parents et le numéro de leur tente. Certains sortent des liasses de marks pour tenter de convaincre. Voulant ignorer que c’est le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) qui sélectionne, et non l’Allemagne, ils espèrent que les soldats allemands prendront leurs feuilles, et lorsque l’un d’eux recueille plusieurs papiers pour apaiser les esprits, c’est une véritable ruée dans la poussière. À la différence du stand tenu par les Britanniques, celui des Allemands est placé sous haute surveillance : les militaires omniprésents refluent sans cesse la foule qui tente de se faufiler entre les cars. Les réfugiés dont les noms ont été retenus passent un contrôle médical succinct, reçoivent un tampon sur la main puis montent dans le bus à destination de l’aéroport de Skopje d’où part un vol quotidien de 250 personnes. Une mère de 34 ans et ses quatre enfants franchissent ces quelques mètres. Bahkie Zogiani ne peut «ni rentrer au Kosovo ni aller nulle part» ailleurs qu’à Berlin où elle a un frère. Elle a perdu son mari trois jours plus tôt d’un cancer, un mois après son arrivée dans le camp. En s’asseyant à l’avant du bus, elle refuse, les larmes aux yeux, de se dire «heureuse», car «comment peut-on être heureuse sans mari, sans ressource, sans pays, et avec quatre enfants ? ». Un militaire allemand lui remet toute la richesse qu’elle transporte depuis le Kosovo, un sac renfermant un ballon d’enfant et une cruche qu’elle avait emportée de chez elle «pour qu’on puisse tous boire». «Nos critères sont très précis : nous voulons les plus démunis parmi les démunis, familles nombreuses, personnes âgées, femmes et enfants. Pas question d’accepter des hommes jeunes ou des jeunes couples», explique Matthias Seeger, rappelant qu’aucun de ces réfugiés n’aura le droit de travailler. Bonn a fait ses comptes et chaque réfugié lui coûte 1 200 marks par mois, le prix de la couverture médicale, du logement avec cuisine et lave-linge, de sa nourriture et d’un pécule. «L’opinion publique allemande est du côté des Albanais du Kosovo, et elle paie pour cela. Il est important alors de n’accepter que des réfugiés corrects, pas des gens qui vont vouloir travailler ou liés à la mafia», ajoute un autre fonctionnaire du land de Saxe. À quelques mètres des centaines de bouts de papier qui s’agitent, il reconnaît que «si j’étais immigré en Allemagne et si j’avais de la famille bloquée ici, je ferais n’importe quoi, et même des actes illégaux, pour la sortir». Yehish Gashi ne pense à rien d’illégal. Couvreur à Regensburg (Allemagne), ce jeune homme de 27 ans, dont sept en Allemagne, tente depuis deux jours de sortir quinze membres de sa famille. Il se démène entre neuf et vingt heures lorsque le camp est ouvert aux visites, et tend à qui veut sa feuille. Mercredi, il doit être rentré en Allemagne pour reprendre son travail.
L’Allemagne, championne toutes catégories des pays d’accueil demandés par les Albanais du Kosovo réfugiés en Macédoine, approche «dans une immense tension» le premier plafond qu’elle s’était fixé de 15 000 évacuations. «Ce n’était pas comme cela il y a six semaines. La tension et la pression sont devenues immenses», s’inquiète Matthias Seeger, fonctionnaire du ministère allemand de l’Intérieur chargé de superviser les départs. «Nous avons déjà fait partir 11 634 personnes des différents camps de Macédoine. Il ne nous reste donc qu’environ 3 400 places», explique-t-il. Autour de lui, dans le camp de Brazda, près de la capitale Skopje, se pressent ceux qui craignent de rater ce qu’ils pensent être l’un des derniers départs vers l’Allemagne. Mais il y a aussi là des Albanais du Kosovo...