Après avoir chanté à s’en casser la voix avec le karaoké, les jeunes Japonais dansent à perdre haleine... les pieds sur une plate-forme électronique et face à un partenaire virtuel. Dans les temples de jeux de plusieurs étages d’Ikebukuro ou de Shibuya, à Tokyo, il faut attendre souvent pendant plus d’un quart d’heure pour monter sur la «Dance, Dance Révolution», succès oblige. Après avoir sorti 200 yens (1,5 euro) et choisi sa musique, la machine se met en branle. Suivant le rythme, disco ou techno le plus souvent, des «flashs» s’incrustent sur la plate-forme et indiquent où poser les pieds. En face, un danseur virtuel, au talent évidemment sublime, vous offre le parfait déhanchement. Il faut aller vite. L’écran lance un signal désapprobateur lorsque le pied ne suit pas le rythme ou, par gaucherie, se pose du mauvais côté. Un débutant ne tient qu’une minute et demie en moyenne avant d’être éliminé, contre plus de cinq minutes pour un danseur confirmé. «Dance, Dance Révolution» est sortie en novembre. Depuis, «plus de 2 000 machines ont été posées au Japon et notre production n’arrive pas à suivre la demande», se félicite un porte-parole du groupe Konami, qui «souhaite» maintenant exporter son produit. Une deuxième génération, mise sur le marché mi-février, offre 24 morceaux, contre 12, classés selon leur difficulté, dont «Dub-I-Dub», «Me and My» et le classique disco «That’s the Way (I like it)» de KC and the Sunshine Band. Bouche à oreille La machine coûte 1,78 million de yens (13 400 euros) aux propriétaires de salles de jeux, qui se félicitent de cette nouvelle mode. Car les cabines de pilotage de Formule 1 et les écrans offrant des batailles de titans ou de guerriers de l’espace, style Guerre des Étoiles, sont de plus en plus boudés par une clientèle toujours en mal de nouveautés. «La réputation de Dance, Dance... s’est propagée de bouche à oreille», explique un gérant. «Pendant la journée, les joueurs sont surtout des écoliers auxquels succèdent, le soir, des jeunes adultes et des employés de bureaux». Kaori Umai, 24 ans, employée dans un garage d’occasions, vient s’y «dégourdir» après des bières bues avec des collègues. «C’est une bonne façon d’éliminer les calories et d’oublier le stress de la vie quotidienne», explique-t-elle. «C’est comme faire d’une pierre deux coups». Mieko Nakadai, étudiante de 19 ans, est plus «accro». Elle y passait ses soirées, avec son petit ami et parfois une addition de 5 000 yens (37 euros), jusqu’à ce qu’elle se foule la cheville avec un mauvais mouvement sur la plate-forme. «Mon erreur a été de mettre des chaussures compensées», explique-t-elle. Sa blessure lui a fait perdre le huitième rang qu’elle occupait dans le championnat, géré sur Internet, de «Dance, Dance Révolution» de la région de Tokyo.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après avoir chanté à s’en casser la voix avec le karaoké, les jeunes Japonais dansent à perdre haleine... les pieds sur une plate-forme électronique et face à un partenaire virtuel. Dans les temples de jeux de plusieurs étages d’Ikebukuro ou de Shibuya, à Tokyo, il faut attendre souvent pendant plus d’un quart d’heure pour monter sur la «Dance, Dance Révolution», succès oblige. Après avoir sorti 200 yens (1,5 euro) et choisi sa musique, la machine se met en branle. Suivant le rythme, disco ou techno le plus souvent, des «flashs» s’incrustent sur la plate-forme et indiquent où poser les pieds. En face, un danseur virtuel, au talent évidemment sublime, vous offre le parfait déhanchement. Il faut aller vite. L’écran lance un signal désapprobateur lorsque le pied ne suit pas le rythme ou, par gaucherie, se...