Un grand nombre d’artistes, de critiques d’art, de philosophes, d’écrivains, de diplomates , d’architectes et de pédagogues ont participé au colloque de l’Institut moderne du Liban (IML, Fanar ) sur le thème “L’artiste et l’œuvre d’art : projet et trajet”. Un débat qui prépare le symposium d’arts plastiques que l’IML organise du 12 au 24 avril 1999. Et auquel prendront part des artistes (peintres, sculpteurs, mosaïstes, graveurs, illustrateurs) européens, africains ou arabes. Une douzaine d’invités qui animeront des ateliers pour les élèves, tout en réalisant une œuvre d’art. Écrivain et professeur de philosophie à l’IML, M. Élie Najm a dirigé le débat. Divisé en deux rencontres, le colloque devait traiter, dans une première partie, du «projet» de l’artiste à travers son œuvre. De son trajet dans cette œuvre et des rapports qu’il entretient avec elle. Cependant, les intervenants ont pour la plupart survolé le sujet. S’attardant plutôt sur la définition de l’art et sur ses différentes expressions. On retient toutefois deux avis contraires : pour les uns, «parler de projet dans l’art est un cul-de-sac ; cela n’aboutit pas. Il n’y a pas de projet, il n’y a que des sentiments et un environnement que l’artiste projette dans ses œuvres d’art. L’artiste n’a pas besoin d’avoir un projet. Il lui suffit de s’exprimer, de vivre à travers l’art». Pour d’autres, «toute création a un projet. Cependant, l’artiste se retrouve, une fois l’œuvre créée, avec un projet plus grand que celui qu’il avait au départ. C’est là le génie, l’essence de la création. L’itinéraire artistique est un engagement, une remise en question en vue de reformuler le monde . L’art réflète forcément une gestation. Par chaque œuvre d’art, l’artiste exprime un des innombrables visages de la liberté. L’artiste est un déconstructeur : il détruit pour reconstruire». Le public Comment le public reçoit-il l’œuvre d’art ? Quels sont les critères d’une œuvre d’art ? Sa valeur sur le marché de l’art ou sa valeur interne, esthétique ? Tout objet créé par un artiste ou exposé dans une galerie, est-il une œuvre d’art ? Autant de questions auxquelles le public aurait dû essayer de répondre au cours de la deuxième rencontre. Mais là encore, les interventions ont plutôt tourné autour du Beau, de «Beyrouth capitale culturelle du Monde arabe pour l’année 1999» et de la culture en général. Parmi les rares participants à avoir répondu à la question «qu’est-ce qu’une œuvre d’art», le peintre Élias Dib. Pour lui, «on peut convertir tout objet en œuvre d’art, à condition d’en neutraliser la fonction initiale et de charger cet objet poétiquement». Pour le reste, quelques observations recueillies : — Il est important de distinguer entre public et public. Lorsqu’il s’agit d’art, l’avis qui compte est celui du public averti. — Le Beau change dans le temps et dans l’espace. Les critères du Beau sont en étroite corrélation avec la culture. Il en va de même pour les concepts de modernité et de post-modernité. La définition de l’art doit donc être provisoire, toujours apte à être modifiée. — Le destinataire de l’œuvre d’art fait partie de la création artistique. Il n’est pas simplement récepteur d’un message. — Au Liban, la culture est davantage servie par une élite (des initiatives privées) que par l’État. Comme quoi, même si l’art reste un concept difficile à définir, on ne se lasse pas d’en parler. Histoire d’en confirmer la richesse et la complexité.
Un grand nombre d’artistes, de critiques d’art, de philosophes, d’écrivains, de diplomates , d’architectes et de pédagogues ont participé au colloque de l’Institut moderne du Liban (IML, Fanar ) sur le thème “L’artiste et l’œuvre d’art : projet et trajet”. Un débat qui prépare le symposium d’arts plastiques que l’IML organise du 12 au 24 avril 1999. Et auquel prendront part des artistes (peintres, sculpteurs, mosaïstes, graveurs, illustrateurs) européens, africains ou arabes. Une douzaine d’invités qui animeront des ateliers pour les élèves, tout en réalisant une œuvre d’art. Écrivain et professeur de philosophie à l’IML, M. Élie Najm a dirigé le débat. Divisé en deux rencontres, le colloque devait traiter, dans une première partie, du «projet» de l’artiste à travers son œuvre. De...
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