Le marché des changes de Beyrouth s’est montré insensible en ce début de semaine à la grave détérioration de la situation au Liban-Sud, continuant d’évoluer dans le calme sans aucun changement par rapport à vendredi dernier. C’est ainsi, qu’avec le maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du dollar entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, que celui-ci est parvenu à achever la journée d’hier au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. De leur côté, les établissements de crédit ont continué de négocier le billet vert au haut de cette fourchette d’intervention de la BDL à 1 514,00 LL et en dehors d’elle avec l’apparition de plusieurs contreparties valables à la vente à ce niveau, ont indiqué les cambistes. Pourtant, le volume d’affaires de la journée d’hier est demeuré très restreint, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place dans un marché équilibré de lui-même, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. L’euro trébuche à l’étranger À l’étranger, l’euro a battu un nouveau record absolu de faiblesse en cassant hier, à la baisse, la barre de 1,09 dollar pour la première fois depuis son lancement au début de l’année. Ce développement est venu juste après la publication de bons chiffres économiques américains et en perspective d’un maintien des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, lors de la réunion de son conseil de gouverneurs. Le fléchissement de la monnaie unique européenne est dû avant tout à la forte progression du billet vert après l’annonce aux États-Unis que les revenus personnels des Américains auraient augmenté de 0,6 % en janvier contre 0,1 % en décembre et leurs dépenses à la consommation de 0,3 % contre 0,7 % ainsi que les dépenses à la construction de 1,6 % contre 1,4 % pendant la même période. Ces données, qui confirment la vigueur persistante de l’économie américaine, ont été renforcées par la hausse de l’indice des directeurs d’achats aux États-Unis de 49,50 points en janvier à 52,40 points le mois dernier, militant en faveur d’un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) lors de la réunion de son comité de l’open market fin mars. En revanche, les cambistes ont appris de la BCE que la production industrielle dans la zone euro a diminué de 0,3 % pendant le quatrième trimestre 1998, justifiant un assouplissement du crédit de la part des autorités monétaires européennes dont les responsables tiennent toujours à maintenir un statu quo monétaire, assurant «ne pas être préoccupés par la dépréciation de l’euro» . Ainsi, ces déclarations des dirigeants monétaires européens n’ont pas tardé à entraîner des pressions sur l’euro pour savoir jusqu’à quel point ils tolèrent une nouvelle dépréciation de cette monnaie, surtout que la plupart des économistes jugent un assouplissement monétaire nécessaire pour relancer la croissance dans la zone euro. Le dollar (et le sterling, dont l’adhésion à la monnaie unique européenne est peu probable), ont donc mis à profit la faiblesse de l’euro pour s’apprécier contre toutes les autres grandes monnaies, notamment le yen. De plus, la devise britannique a été soutenue face au dollar par des statistiques sur les crédits à la consommation au Royaume-Uni qui semblent réduire la probabilité d’une nouvelle réduction des taux d’intérêt demain, par la Banque d’Angleterre, à l’issue de la réunion mensuelle de son comité de politique monétaire. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est négocié à la hausse hier, à New York, sauf contre le sterling, comme suit : – 1,0885 pour un euro contre 1,1025, vendredi dernier. – 1,6090 pour un sterling contre 1,6025. – 1,7955 DM contre 1,7735. – 6,0225 FF contre 5,9490. – 1,4615 FS contre 1,4470. – 1 777,55 lires contre 1 757,50 – 119,70 yens contre 119,15. Bourse de Beyrouth : rechute de la cote Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth s’est durement ressentie en ce début de semaine de la baisse des actions B de Solidere, des actions C de la Byblos Bank et de la Bank of Beirut ainsi que de celles des Ciments blancs, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,58 % à 81,47 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,31 % à 192,61 points. Quant à l’activité du marché, elle s’est relativement développée hier, pour totaliser 107 812 actions d’une valeur globale de 733 521 dollars. Les Bourses étrangères succombent aux craintes sur les taux Les Bourses étrangères ont succombé lundi à la hausse des taux d’intérêt à long terme dans la crainte d’un prochain tour de vis monétaire aux États-Unis, où de nouveaux indicateurs ont confirmé la vigueur de l’économie. «La tendance, c’est que les marchés d’actions sont très nerveux et vulnérables aux obligations. Cela a été le facteur dominant en l’absence de nouvelles importantes sur le front des entreprises», a déclaré l’analyste Joe Hall, de Deutsche Bank. Les dégagements sur les fonds d’État américains ont propulsé le rendement du T-Bond à 5,68 %, un gain de dix points de base qui le hisse à son meilleur niveau depuis six mois. Les rendements évoluent en sens inverse des cours des emprunts. L’emprunt allemand de référence à dix ans a lui aussi clôturé en net repli, pour un rendement en hausse de 0,072 % à 4,081 %. La hausse des rendements obligataires rend les actions moins intéressantes et renchérit le coût du crédit pour les entreprises. Lehman Brothers a du reste annoncé avoir réduit de 9 % à 55 % la part des actions dans son portefeuille global, au profit des obligations. Parmi les indices européens, le FTSF Eurotop 300 a perdu 1,2 %, comme le Dow Jones STOXX, le MSCI a reculé de 1,3 % et le Dow Jones Euro STOXX 50 a cédé 1,22 %. Londres a abandonné 1,85 %, Paris 1,49 %, Francfort 2,55 %, Amsterdam 1,64 %, les valeurs suisses 0,97 %, Milan 0,79 %, Bruxelles 1,84 % et Madrid 1,58 %. À Wall Street, l’indice Dow Jones a abandonné plus de 60 points avant de réduire ses pertes à la clôture européenne. L’indice de l’Association nationale des directeurs d’achats (NAPM) a progressé à 52,4 en février au lieu de 50,0 attendus, ravivant les craintes d’une hausse des taux courts américains. La statistique marque la fin de huit mois de contraction de la production manufacturière américaine. Les Bourses européennes ont été prises en tenaille entre l’éventualité d’un resserrement monétaire aux États-Unis et le statu quo que la Banque centrale européenne semble vouloir observer sur ses taux. Christian Noyer, vice-président de la BCE, a déclaré lors d’une visite à Singapour qu’une telle éventualité n’était pas à l’étude. La masse monétaire M3 de la zone euro a augmenté de 5,7 % en janvier après une hausse de 4,5 % en décembre, indiquant une amélioration de l’activité économique dans l’Euroland. Cela aussi éloigne l’espoir d’une baisse des taux de la BCE. Les investisseurs pourraient rester sur la touche en attendant la publication d’autres statistiques américaines et européennes, telles que les chiffres mensuels de l’emploi aux États-Unis vendredi. Le secteur automobile, principale victime du jour Le secteur automobile a accusé la plus forte baisse sur les places européennes, plombé par le recul de 5,8 % de Renault. Après la clôture, le constructeur français a annoncé un bond de 63 % de son bénéfice en 1998, mais il a ajouté prévoir une année 1999 plus difficile en raison notamment de l’Amérique latine. À Milan, Olivetti gagne 1,85 % à la suite du feu vert donné samedi par la Consob, l’autorité de la Bourse italienne, à son OPA hostile de 58 milliards de dollars sur Telecom Italia. Ce dernier a pris près d’un pour cent. À Francfort, Thyssen a chuté de 9,6 % après l’annonce d’une baisse de son chiffre d’affaires et de ses entrées de commandes. Toujours à Francfort, Deutsche Telekom s’est adjugé en revanche 1,6 % à la faveur d’un article selon lequel il pourrait investir une vingtaine de milliards de marks hors d’Allemagne. À Londres, GFC a bondi de 4 %, bénéficiant de l’annonce du rachat du groupe américain d’équipements de télécommunications Reltec Corp pour 2,1 milliards de dollars. Tokyo : clôture en baisse Plus tôt dans la journée, la Bourse de Tokyo s’est repliée lundi, affectée par le désir persistant des sociétés de liquider leurs participations croisées avant la fin de l’exercice fiscal le 31 mars. La faiblesse du dollar contre le yen et la baisse des valeurs américaines de la haute technologie vendredi ont découragé les sociétés orientées vers l’exportation telles que Nikon Corp et NFC Corp, ce qui a pesé sur le marché. L’indice Nikkei 225 a perdu 145,79 points, soit 1,01 %, à 14 221,75, et son contrat mars 100 points à 14 300. «Alors que la liquidation des participations croisées continue de freiner le marché, la baisse des valeurs vedettes à forte capitalisation a influencé le repli», a estimé Shigeru Yoshida, de Wako Securities Co Ltd. Le recul du dollar à 118,90/119,00 yens, vendredi à New York, et la baisse de 1,67 % de l’indice Nasdaq des valeurs de la technologie ont entraîné une pression des ventes de la part des exportateurs japonais. Les transactions ont été peu étoffées sur la première section avec 420,18 millions de titres échangés, contre 469,02 millions vendredi. L’indice Topix des valeurs de la première section a cédé 12,22 points, soit 1,09 %, à 1 107,81, et le Nikkei 300 2,55 points, soit 1,14 %, à 221,39, alors que celui de la seconde section gagnait 4,96 points, soit 0,38 %, à 1 312,35.
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