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Actualités - Conferences Et Seminaires

Conférence Au secours du livre arabe pour enfants (photo)

Dans le cadre du salon du livre qui se tient actuellement au Beirut Hall, le comité libanais du livre pour enfants a organisé une conférence autour des problèmes et des perspectives de ce genre littéraire au Liban. La rencontre était dirigée par Mme Jolanda Abou Nasr, présidente du comité. Trois intervenants, Mme Noha Hammoud, auteur de contes pour enfants ; Mme Afaf Mneimné-Husseini, responsable d’une bibliothèque scolaire et M. Abdo Labaki, éditeur. Les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs et les éducateurs sont unanimes : la littérature en langue arabe pour enfants, au Liban, connaît des problèmes, a commencé par souligner Mme Abou Nasr. Pourtant, les éducateurs et les psychologues reconnaissent l’importance de la lecture pour l’enfant. À part le plaisir qu’il peut lui procurer, le livre est un outil d’enseignement, d’éducation et de culture. «L’amour de la lecture n’est pas inné. Il s’inculque et s’acquiert», a-t-elle insisté. Puis de présenter le «Comité libanais du livre pour enfants», plus connu sous les initiales LBBY (Lebanese bord of books for young people). Créé en 1974, cet organisme a pour principaux objectifs d’amener les éducateurs à considérer la lecture comme une partie essentielle de l’enseignement ; de faire parvenir de «bons» ouvrages au plus grand nombre d’enfants ; de sensibiliser les parents quant à l’importance de la lecture et de pousser les auteurs, les dessinateurs et les éditeurs à améliorer la qualité des ouvrages, du point de vue texte, dessins et conception. Le Comité libanais du livre pour enfants organise des conférences, des expositions de livres et des sessions pour auteurs et illustrateurs d’ouvrages pour enfants. Le comité publie régulièrement des listes de titres d’ouvrages conformes aux normes scientifiques. Il procède également à la distribution gratuite d’ouvrages et dispose de plusieurs bibliothèques ambulantes. Suite à la demande du comité, le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a décrété le 22 avril de chaque année «Journée nationale de la lecture». Critères — «En Orient, l’intérêt pour la littérature enfantine est encore récent», note Mme Noha Hammoud. «Au Liban, les éditeurs hésitent à se lancer dans la publication de ce genre d’ouvrages. Certains par découragement, après un début d’expérience non concluante; d’autres, par méfiance envers ce nouveau créneau. Beaucoup préfèrent traduire des ouvrages étrangers». Selon elle, un «bon» livre respecte un certain nombre de critères : le texte ne doit pas contenir une foule de mots difficiles, cela risque de décourager l’enfant. Sur chaque ouvrage devrait être précisée la tranche d’âge concernée. Il est essentiel que la distinction soit nette entre livre d’école et livre de lecture. Pour cela, il faut éviter d’ajouter un questionnaire en fin d’ouvrage, afin que l’enfant n’ait pas l’impression de faire un devoir. La présentation du livre doit être soignée, afin que l’enfant ait envie de le choisir. Les auteurs libanais de livres pour enfants se heurtent à plusieurs obstacles, notamment le manque d’éditeurs prêts à publier ce genre d’ouvrages et les frais élevés qu’entraîne la publication. «Les auteurs se plaignent également de l’interminable attente entre la remise du texte à l’éditeur et sa publication», poursuit Mme Hammoud. Et de conclure en souhaitant la création d’un «syndicat des éditeurs de livres pour enfants». Commerce — Pour M. Abdo Labaki, en ces temps dominés par l’audiovisuel et Internet, il est urgent de se pencher sur les problèmes du livre. «Nos enfants sont aujourd’hui exposés à de nombreuses tentations, des invitations à sortir d’eux-mêmes. Et cela peut être dangereux pour leur épanouissement», fait-il remarquer. Côté édition, il relève certaines appréhensions de l’éditeur : d’abord, le coût élevé d’une publication satisfaisante sur tous les plans ; ensuite, la réaction du public : apprécierait-il un tel produit ? «Car dans notre société, le regard que l’on porte sur le livre n’est pas le même qu’en Europe», dit-il. «Chez nous, le livre représente la civilisation. Qui est malheureusement confondue avec le commerce». M. Labaki évoque également le manque de rigueur de certains dessinateurs qui ne comprennent pas l’importance du détail, de l’harmonie des couleurs, de la précision du trait. «Ils fuient l’effort et manquent de patience», déplore-t-il. «Or une belle image est un tremplin au rêve. Elle aide également à développer le sens esthétique de l’enfant». Il cite en exemple les Anglais, «les meilleurs illustrateurs de livres pour enfants. Viennent ensuite les Belges, puis les Français». Bibliothèque Ancien professeur et coordinatrice pour la langue arabe, Mme Afaf Mneimné-Husseini continue de côtoyer les enfants, au quotidien, via la bibliothèque scolaire qu’elle dirige. Se faisant le porte-parole des petits, elle communique leurs préférences, leurs attentes, leurs difficultés. Entre autres «réclamations» retenues : des contes ou histoires ayant pour héros des enfants ; des thèmes proches des enfants, qui les concernent ; une présentation agréable des faits : de l’humour, de belles images. «Il est bon qu’il y ait une leçon à tirer, mais laissons l’enfant le faire de lui-même. Ne le sous-estimons pas», souligne Mme Mneimné-Husseini. Du point de vue des personnages, il faut que l’enfant puisse s’identifier à eux, les imiter. Il ne les en aimera que davantage. Côté style, éviter les termes familiers ; être très strict quant au bon usage de la langue. Utiliser les phrases courtes et le suspense. Enfin, côté contenu, fuir la violence. En somme, le livre pour enfants au Liban est un domaine où il reste beaucoup à faire. Où tous les paris sont ouverts… «Un adulte ne peut pas comprendre comment pense un enfant», affirme Mme Noha Hammoud, illustrant ses propos par deux exemples vécus : — Il y a une vingtaine d’années, elle se trouve en présence d’un enfant qui regarde la télévision. Obligé d’interrompre le programme, il éteint le poste et lui dit : «Je reviens tout à l’heure. Ne laisse personne le rallumer, pour que l’émission ne se termine pas». — Il y a deux ans, elle fait ses adieux à son petit-fils, en visite à Beyrouth, et qui repartait avec ses parents pour Ryad. Voulant le taquiner, elle lui dit : «Et si tes parents rentraient seuls et que tu restais ici avec moi ?». À la fois ahuri et apeuré, il lui répond : «Mais alors, je ne pourrais plus grandir ! Je dois rentrer à Riyad, aller à l’école, et puis viendra mon anniversaire et je grandirai».
Dans le cadre du salon du livre qui se tient actuellement au Beirut Hall, le comité libanais du livre pour enfants a organisé une conférence autour des problèmes et des perspectives de ce genre littéraire au Liban. La rencontre était dirigée par Mme Jolanda Abou Nasr, présidente du comité. Trois intervenants, Mme Noha Hammoud, auteur de contes pour enfants ; Mme Afaf Mneimné-Husseini, responsable d’une bibliothèque scolaire et M. Abdo Labaki, éditeur. Les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs et les éducateurs sont unanimes : la littérature en langue arabe pour enfants, au Liban, connaît des problèmes, a commencé par souligner Mme Abou Nasr. Pourtant, les éducateurs et les psychologues reconnaissent l’importance de la lecture pour l’enfant. À part le plaisir qu’il peut lui procurer, le livre est un outil...