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Actualités - Conferences De Presse

Déchets toxiques italiens : affaire close

Le dossier des déchets toxiques venus d’Italie en 1987 ne cesse de connaître des rebondissements de plus en plus spectaculaires. Alors que le gouvernement italien a assuré récemment qu’il était prêt à aider à trouver une solution définitive de ce problème et pour l’adoption de mesures adéquates dans les régions à risque de pollution, M. Adnan Addoum, procureur général près la Cour de cassation, a estimé dans ses conclusions publiées vendredi dernier que tous les déchets avaient été rapatriés, et qu’il n’existait plus aucun risque de pollution. Il a transmis ses conclusions au procureur général de Beyrouth, M. Abdallah Bitar, lui demandant d’étudier la possibilité de renouveler les poursuites judiciaires à l’encontre des experts qui ont contribué à faire éclater le scandale en 1988, Pierre Malychef et Milad Jarjouhi ! Greenpeace a condamné cette réaction qui montre «une volonté d’étouffer le scandale». Dans une conférence de presse tenue hier au bureau de Greenpeace Méditerranée, MM. Malychef et Jarjouhi, ainsi que leur confrère Wilson Rizk et Ghassan Geara, porte-parole de l’organisation internationale au Liban, ont clarifié plusieurs points. «D’une part, les déchets sont sans aucun doute possible toxiques, comme l’ont constaté les experts libanais et italiens, a précisé M. Rizk. D’autre part, il est sûr qu’il existe encore au Liban des matières toxiques, même après le rapatriement de la plus grande partie des tonneaux, parce qu’il y a eu contamination des sols. Il faut souligner aussi qu’en ce qui concerne l’impact sur la santé, les médecins ne peuvent pas affirmer être sûrs qu’aucun décès n’a résulté de la présence de matières toxiques se trouvant dans les tonneaux». M. Rizk a également fait valoir qu’une loi existe au Liban qui punit de prison les personnes qui introduisent des déchets dans le pays. Pour sa part, M. Malychef a retracé l’historique de la lutte contre la présence des déchets toxiques importés en 1987 et trouvés dans différentes régions à partir de 1988. «C’est le Premier ministre (qui l’était aussi à l’époque) Sélim Hoss qui nous avait chargés officiellement de superviser le traitement des déchets au port de Beyrouth, a-t-il précisé. Bien après le rapatriement des déchets, fin 1994, le premier juge d’instruction de Beyrouth, Saïd Mirza, nous a demandé de renouveler notre contrôle». Pour sa part, M. Jarjouhi a rappelé que «dans son discours d’investiture, le président de la République Émile Lahoud a promis de punir les crimes écologiques». Et d’ajouter : «Or, il s’agit là d’un crime écologique par excellence puisqu’il touche la santé et la sécurité de la nation». Quant à M. Geara, il a déclaré que «Fouad Hamdane, ancien porte-parole de Greenpeace, avait fourni toutes les informations concernant le dossier au juge Mirza, lors de deux interrogatoires, en mai 1995». «Pourquoi le procureur Addoum a-t-il ignoré ces documents qui contiennent des photos et des rapports officiels ?», a-t-il ajouté. M. Geara a fait remarquer qu’«il est incroyable que les autorités libanaises aient rouvert ce dossier et l’aient ramené à la case départ au moment où les Italiens, par le biais de leur ambassade, ont montré pour la première fois leur volonté de résoudre le problème». Interrogés sur la réplique des experts à l’appel de Addoum, leur avocat, Hani Sleiman, a assuré qu’«ils sont prêts à coopérer avec la justice car ils ont confiance en elle et parce que les preuves sont évidentes». Il a ajouté : «Toute association ayant une personnalité morale a le droit de lutter pour une cause nationale». Une interrogation se pose en effet : si les preuves de la toxicité des matières importées au Liban en 1987 sont établies (par des experts libanais et même italiens) depuis longtemps déjà, à quoi sert de rouvrir le dossier maintenant ?
Le dossier des déchets toxiques venus d’Italie en 1987 ne cesse de connaître des rebondissements de plus en plus spectaculaires. Alors que le gouvernement italien a assuré récemment qu’il était prêt à aider à trouver une solution définitive de ce problème et pour l’adoption de mesures adéquates dans les régions à risque de pollution, M. Adnan Addoum, procureur général près la Cour de cassation, a estimé dans ses conclusions publiées vendredi dernier que tous les déchets avaient été rapatriés, et qu’il n’existait plus aucun risque de pollution. Il a transmis ses conclusions au procureur général de Beyrouth, M. Abdallah Bitar, lui demandant d’étudier la possibilité de renouveler les poursuites judiciaires à l’encontre des experts qui ont contribué à faire éclater le scandale en 1988, Pierre...