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Actualités - Chronologie

Maghreb Le Maroc et la Tunisie cherchent à revitaliser l'Uma

Le Maroc et la Tunisie cherchent à sortir l’Union du Maghreb arabe (Uma) de l’immobilisme dans lequel elle se trouve à la suite d’importantes divergences entre les cinq États qui la composent, notamment sur le Sahara occidental et l’affaire Lockerbie. Créée à Marrakech le 17 février 1989 dans une atmosphère dominée par les espoirs d’un décollage économique de la région et d’une solution aux principaux litiges intermaghrébins, l’Uma – qui regroupe le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie – est en effet accusée d’être depuis 1994 «dans le coma», selon le journal marocain Al Bayane. La prochaine visite au Maroc, à la mi-mars, du président tunisien Zine el-Abidine ben Ali, annoncée officiellement jeudi à Rabat, permettra aux deux pays de voir comment «insuffler vie à l’Uma», selon Mohammed Bouzoubaâ, ministre marocain chargé des Relations avec le Parlement. Le président tunisien, non impliqué dans l’affaire du Sahara occidental, a en effet multiplié les initiatives pour que les chefs d’État de la région se penchent sur le sort de l’Uma, qui a célébré son 10e anniversaire dans un climat «triste» et «morose», selon plusieurs journaux maghrébins. L’Algérie, principal soutien du Front Polisario – qui dispute au Maroc la souveraineté sur le Sahara occidental –, est notamment accusée par Rabat de sortir de la neutralité dans ce conflit que le Maroc estime «fabriqué de toutes pièces» pour nuire à son «intégrité territoriale». Or le dossier du Sahara, qui bloque jusqu’à présent toute évolution positive des rapports algéro-marocains, semble loin aujourd’hui de pouvoir être refermé. Le secrétaire général des Nations unies a récemment annoncé que le référendum d’autodétermination dans ce territoire pourrait, une nouvelle fois, être reporté à cause du retard pris dans l’identification des électeurs. Le référendum était, après son précédent report, prévu pour décembre 1999. L’affaire Lockerbie a également contribué à l’immobilisme de l’Uma, Tripoli n’acceptant pas que ses alliés maghrébins respectent l’embargo sur le transport aérien, décrété par l’Onu contre la Libye en 1992. Tripoli a ainsi refusé en 1995 de prendre le relais de la présidence tournante de l’Uma pour protester contre ses partenaires maghrébins, ce qui bloque la marche administrative d’une union déjà affaiblie. Conscient de la complexité de ces différends, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Saïd ben Mustapha, a souligné à Tunis que la relance de l’Uma «ne devrait pas être liée au règlement des problèmes» régionaux. Cette attitude est largement partagée par le Premier ministre marocain Abderrahmane Youssoufi qui, depuis l’investiture de son gouvernement à dominante gauche, a appelé Alger à étudier d’abord la réouverture de la frontière algéro-marocaine – fermée depuis un attentat perpétré par des islamistes franco-maghrébins en 1994 contre un hôtel de Marrakech – avant d’aborder ensuite tout le contentieux algéro-marocain. À cette invitation, Alger a répondu en demandant d’aborder directement l’ensemble des problèmes opposant les deux pays. «Je ne sais pourquoi les autorités algériennes n’ont pas répondu favorablement à nos efforts alors que le nouveau gouvernement marocain nourrit de bonnes intentions à l’égard de l’Algérie», a récemment affirmé M. Youssoufi, également dirigeant de l’Union socialiste des forces populaires (USFP). «Nous espérons que l’Algérie pourra, après les prochaines élections, redonner la primauté à l’Uma», a déclaré de son côté à Rabat M. Bouzoubaâ. Des experts réunis à Tunis ont de leur côté appelé les gouvernements maghrébins à «une révision audacieuse» des faiblesses de l’Union et réclamé la mise sur pied d’un «observatoire permanent» pour suivre l’intégration régionale si l’Uma arrive à dépasser l’immobilisme actuel.
Le Maroc et la Tunisie cherchent à sortir l’Union du Maghreb arabe (Uma) de l’immobilisme dans lequel elle se trouve à la suite d’importantes divergences entre les cinq États qui la composent, notamment sur le Sahara occidental et l’affaire Lockerbie. Créée à Marrakech le 17 février 1989 dans une atmosphère dominée par les espoirs d’un décollage économique de la région et d’une solution aux principaux litiges intermaghrébins, l’Uma – qui regroupe le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie – est en effet accusée d’être depuis 1994 «dans le coma», selon le journal marocain Al Bayane. La prochaine visite au Maroc, à la mi-mars, du président tunisien Zine el-Abidine ben Ali, annoncée officiellement jeudi à Rabat, permettra aux deux pays de voir comment «insuffler vie à l’Uma»,...