Ancien pacifiste hostile à l’Alliance atlantique, le secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, est l’homme qui a reçu délégation de pouvoirs pour ordonner une éventuelle ouverture du feu contre des cibles militaires en Serbie. Cet Espagnol de 56 ans devra seulement, le cas échéant, procéder à une dernière «consultation informelle» des alliés avant de déclencher l’opération. Depuis sa nomination en décembre 1995, il a dû faire face à de nombreux défis souvent transformés en succès. Il a ainsi supervisé la première mission de paix jamais accomplie par l’organisation militaire, en Bosnie, conduit le premier élargissement de l’Otan à l’Europe de l’Est, avec l’intégration de la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, et négocié d’arrache-pied pour obtenir en mai 1997 un acte fondateur de nouvelles relations avec la Russie. Après plus de 40 ans de guerre froide, l’accord conclu entre les deux anciens ennemis a été «le moment le plus difficile et le plus passionnant», confie Javier Solana, qui a été jusqu’à emmener sa famille passer des vacances en Russie afin de mieux comprendre. Barbu, souriant, chaleureux, parlant anglais et français, l’ancien ministre socialiste espagnol des Affaires étrangères «est un homme dynamique, dévoué et malin», qui sait privilégier la «négociation sur les affrontements», dit de lui un diplomate. De fait, les critiques sont plutôt rares à son égard. Certains lui reprochent de «coller» parfois un peu trop aux positions américaines, de pratiquer en public la «langue de bois», mais dans l’ensemble, tous lui reconnaissent ses talents consensuels. Sportif, Javier Solana pratique le vélo et le jogging dans le bois de la Cambre, proche de sa résidence à Bruxelles. Une condition physique qu’il soigne avec des plats particuliers, même en présence d’invités, et qui lui permet de mener tambour battant son travail en Belgique et de multiples déplacements à l’étranger. «Je travaille comme un Nordique le matin et comme un Espagnol le soir», aime dire Javier Solana, marié et père de deux enfants, aujourd’hui étudiants. Son mandat à la tête de l’Otan arrive à échéance à la fin de l’année. En privé, il indique ne pas désirer son renouvellement, estimant avoir vécu «quatre années fantastiques». Tout au plus, accepterait-il quelques mois supplémentaires, indique son entourage. Européen convaincu, l’homme a des visées sur la présidence de la Commission européenne, même s’il assure n’être pas candidat lorsqu’il est interrogé à ce sujet. Cette fonction est à pourvoir en janvier 2000, une échéance qui coïncide pratiquement avec la fin de son mandat à l’Otan. Parmi les prétendants à la Commission, Javier Solana fait aujourd’hui figure de favori. Né le 14 juillet 1942, le patron de l’Alliance a occupé plusieurs postes ministériels en Espagne (Culture en 1982, Éducation et Sciences en 1988, Affaires étrangères en 1992) avant de venir s’installer à Bruxelles. Expulsé de l’université pour son opposition au régime franquiste, ce fils d’une famille de la haute bourgeoisie a étudié en 1963 en Grande-Bretagne puis aux États-Unis où il a obtenu son doctorat en physique. En 1964, il a rejoint les Jeunesses socialistes, une famille politique à laquelle il est resté depuis très fidèle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ancien pacifiste hostile à l’Alliance atlantique, le secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, est l’homme qui a reçu délégation de pouvoirs pour ordonner une éventuelle ouverture du feu contre des cibles militaires en Serbie. Cet Espagnol de 56 ans devra seulement, le cas échéant, procéder à une dernière «consultation informelle» des alliés avant de déclencher l’opération. Depuis sa nomination en décembre 1995, il a dû faire face à de nombreux défis souvent transformés en succès. Il a ainsi supervisé la première mission de paix jamais accomplie par l’organisation militaire, en Bosnie, conduit le premier élargissement de l’Otan à l’Europe de l’Est, avec l’intégration de la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, et négocié d’arrache-pied pour obtenir en mai 1997 un acte...