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Actualités - Chronologie

Cuba - L'ouverture au monde en péril Fidel Castro baîllonne la dissidence

Fidel Castro a lancé cette semaine une dure offensive contre la dissidence, au risque de mettre en péril les succès diplomatiques engrangés grâce à la visite de Jean-Paul II et de ternir l’image de Cuba neuf mois avant d’accueillir à La Havane ses pairs d’Amérique latine, d’Espagne et du Portugal. Dissidents et «journalistes indépendants» (sans statut légal) pourront être condamnés à 30 années de prison et à la confiscation de leurs biens, selon un projet de loi débattu cette semaine par le Parlement cubain réuni en session extraordinaire. «La promotion, l’organisation, l’encouragement ou la participation à des réunions ou des manifestations», de même que la «collaboration directe ou par tiers interposés» à des médias étrangers sont notamment visés. Ces mesures préparées dans la plus grande discrétion prennent à contre-pied les partisans d’une ouverture diplomatique et économique à l’égard de Cuba, en réponse à l’appel lancé par le pape lors de son voyage dans l’île communiste en janvier 1998. «C’est préoccupant en ce qui concerne l’esprit laissé par la visite du pape», a jugé mardi le cardinal Jaime Ortega, archevêque de La Havane et l’un des artisans de la visite du souverain pontife. «Cela ôte de la marge de manœuvre à ceux qui pensaient pouvoir assister à une évolution favorable du régime», a reconnu un diplomate européen. «Les positions se figent à nouveau», a-t-il dit à l’AFP. L’offensive législative contre la dissidence «ne va pas faciliter la politique de l’Union européenne» vis-à-vis de Cuba, a jugé un autre diplomate européen. Il a cependant écarté une rupture du «dialogue permanent» engagé avec les autorités de La Havane et assuré que l’UE ne s’était «pas fait d’illusion» sur les possibilités de changements à court terme à Cuba. Madrid, qui négocie actuellement la visite du roi d’Espagne Juan Carlos à La Havane au printemps prochain, est également mis dans l’embarras par ce nouveau tour de vis contre l’opposition, jugent de nombreux observateurs qui relèvent qu’aucune date précise n’a officiellement été avancée. L’atmosphère du prochain sommet ibéro-américain de La Havane en novembre prochain pourrait également être affectée. Le régime castriste «claque la porte» après un an de tolérance relative après le séjour de Jean-Paul II, a jugé mardi un dissident de la Commission cubaine des droits de l’homme et de réconciliation nationale (CCDHRN, sans statut légal). Ces mesures répressives sont «en franche contradiction avec l’ouverture de l’Europe et de l’Amérique (latine) vis-à-vis de Cuba», a dénoncé de son côté Raul Rivero, directeur de l’agence d’information indépendante Cuba Press (sans statut légal). «Le cercle se referme», a constaté avec désespoir Magaly de Armas, épouse d’un leader de la dissidence emprisonné depuis 19 mois sans jugement. Fidel Castro avait lui-même annoncé la couleur voici plus d’un an en faisant ses adieux au pape le 25 janvier 1998 à l’aéroport de La Havane: Cuba reste «inébranlable sur ses principes».
Fidel Castro a lancé cette semaine une dure offensive contre la dissidence, au risque de mettre en péril les succès diplomatiques engrangés grâce à la visite de Jean-Paul II et de ternir l’image de Cuba neuf mois avant d’accueillir à La Havane ses pairs d’Amérique latine, d’Espagne et du Portugal. Dissidents et «journalistes indépendants» (sans statut légal) pourront être condamnés à 30 années de prison et à la confiscation de leurs biens, selon un projet de loi débattu cette semaine par le Parlement cubain réuni en session extraordinaire. «La promotion, l’organisation, l’encouragement ou la participation à des réunions ou des manifestations», de même que la «collaboration directe ou par tiers interposés» à des médias étrangers sont notamment visés. Ces mesures préparées dans la plus grande...