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Actualités - Chronologie

La Corne africaine menacée de déstabilisation(photo)

Le conflit frontalier entre l’Éthiopie et l’Érythrée est ressenti par les autres pays de la région comme une menace de déstabilisation de toute la Corne de l’Afrique, selon des experts. Le Conseil de sécurité des Nations unies avait averti dans une résolution du 29 janvier dernier, une semaine avant la reprise à grande échelle des combats entre les deux voisins, que la guerre pouvait «avoir un effet dévastateur sur toute la région». Un bulletin onusien d’informations régionales a récemment indiqué que chaque camp crée et arme des mouvements rebelles, parfois par le biais de factions somaliennes. Le soutien d’Asmara et d’Addis - Abeba à ces rébellions va de simples contacts informels à l’hébergement de stations radios et à l’assistance militaire directe, selon l’Onu. Le bulletin cite des analystes régionaux anonymes, affirmant que l’Érythrée avait «tenté de réactiver l’opposition Oromo» en Éthiopie. Le Front de libération Oromo (OLF) avait annoncé le 4 février qu’il installait des mines dans le sud de l’Éthiopie où il s’oppose au gouvernement central éthiopien. Le texte ajoute qu’une radio d’opposition en langue Oromo diffuse à partir d’émetteurs érythréens, tandis qu’une radio, la Voix de la paix et de la démocratie en Érythrée, opposée au pouvoir d’Asmara, émet depuis le nord de l’Éthiopie. Addis-Abeba a également pris contact avec trois factions du Front de libération de l’Érythrée (ELF), selon l’Onu qui ajoute que des responsables éthiopiens sont soupçonnés d’être en contact avec des rebelles Afars dans l’est, lesquels étaient jusqu’à présent opposés aux deux gouvernements. L’Érythrée a également soutenu le chef de guerre somalien Husseïn Aïdid, avec la volonté de contrer le soutien éthiopien à des factions sudistes, notamment l’Armée de résistance rahanwein (RRA). Husseïn Aïdid avait récemment accusé l’Éthiopie «d’empoisonner le processus de réconciliation somalien» et d’armer la RRA ainsi que la faction du général Mohammad Saïd Morgan dans le sud de la Somalie. Un récent communiqué conjoint de l’OLF et du Front de libération de l’Ogaden (ONLF) composé de rebelles du sud-est de l’Éthiopie, a confirmé les informations indiquant que Husseïn Aïdid soutient l’OLF et le mouvement d’opposition des Éthio-Somaliens. À Mogadiscio, des responsables de factions et des journaux ont précisé ces derniers jours que des représentants de l’OLF et de l’ONLF ont tenu des réunions avec certains chefs de guerre somaliens depuis plusieurs mois. Par ailleurs, selon des sources non confirmées citées par l’Onu, l’Érythrée aurait pris contact avec Ahmad Dini, le chef d’un groupe rebelle à Djibouti, le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD). Inquiet de cette évolution, le «président» de la République sécessioniste du Somaliland, Mohammad Ibrahim Egal, a d’ailleurs prévenu qu’il ne laisserait transiter aucune arme par le port de Berbera. Djibouti est vulnérable, surtout depuis que l’Éthiopie, enclavée depuis l’Indépendance de l’Érythrée, y fait transiter presque toutes ses marchandises. Le président djiboutien, Hassan Gouled Aptidon, avait tenté sans succès une médiation au début de la guerre entre l’Éthiopie et l’Érythrée et participe toujours à la médiation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) avec Blaise Campaoré, président burkinabé et président en exercice de l’OUA, et Robert Mugabe, président du Zimbabwé. Une médiation au point mort puisqu’Asmara a réservé sa réponse sur le plan de paix de l’OUA qui prévoit notamment le retrait érythréen des positions contestées, le déploiement d’une force de maintien de la paix et une délimitation neutre des frontières. Mais Asmara a accusé en novembre Djibouti de soutenir l’Éthiopie entraînant la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’à 83 ans, le président Gouled a décidé de se retirer en avril prochain lors de l’élection au poste de président qu’il occupe depuis l’Indépendance accordée par la France en 1977. La France, qui dispose à Djibouti de sa principale base en Afrique, a envoyé des avions supplémentaires et a envoyé la frégate Cassard en mer Rouge pour suivre l’évolution de la guerre.
Le conflit frontalier entre l’Éthiopie et l’Érythrée est ressenti par les autres pays de la région comme une menace de déstabilisation de toute la Corne de l’Afrique, selon des experts. Le Conseil de sécurité des Nations unies avait averti dans une résolution du 29 janvier dernier, une semaine avant la reprise à grande échelle des combats entre les deux voisins, que la guerre pouvait «avoir un effet dévastateur sur toute la région». Un bulletin onusien d’informations régionales a récemment indiqué que chaque camp crée et arme des mouvements rebelles, parfois par le biais de factions somaliennes. Le soutien d’Asmara et d’Addis - Abeba à ces rébellions va de simples contacts informels à l’hébergement de stations radios et à l’assistance militaire directe, selon l’Onu. Le bulletin cite des analystes...