Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Le sommeil et ses troubles(photo)

État physiologique caractérisé par une suspension immédiatement réversible de la vigilance, le sommeil est le plus partial des donateurs. S’il gratifie certains individus d’un véritable «repos du juste» suffisant et réparateur, il impose à d’autres un éreintant chassé-croisé d’où ils ne sortent pas toujours indemnes. La privation de sommeil est, en effet, difficilement supportable. Et ceci moins sur le plan physique que sur le plan psychologique. Cet état, en effet, est aussi l’occasion d’une activité subconsciente importante: le rêve. On admet, aujourd’hui, que l’exercice onirique est présent chez tous les sujets (y compris ceux qui ne se souviennent pas de leurs rêves) et qu’il joue un rôle très important dans l’équilibre général de la personne. Le centre du sommeil, comme le centre de la veille, se trouve placé dans le cerveau, à la base du crâne. Sous l’effet de certains facteurs généralement extérieurs (perturbations psychologiques, bruits, lumière), le fonctionnement de ces deux centres se confond. Stimulé inopinément, le centre de la veille empêche l’apparition du processus de la détente, préparatrice et annonciatrice de l’endormissement. De nombreuses études s’orientent vers l’exploration des liens entre troubles de sommeil et perturbations hormonales et métaboliques. On sait déjà que les troubles cardiaques et prédiabétiques favorisent des apnées (brèves perturbations respiratoires) qui occasionnent et favorisent les anomalies du sommeil. Les affections neurologiques, hormonales, cardio-vasculaires, respiratoires, paraissent de plus en plus directement impliquées dans les problèmes du «mal dormir». Autres éléments perturbateurs: les difficultés psychologiques de la vie quotidienne, telles que soucis, anxiété, colère, tensions diverses, traumatismes affectifs. L’endormissement, par ailleurs, peut être perturbé par une sollicitation intellectuelle trop intense (travail du soir, recherche). Mais aussi par des facteurs de l’environnement (bruit, éclairage, literie ou ronflement d’autrui). Ces difficultés amplifiées, voire associées les unes aux autres, déclenchent un accès de vigilance et une agitation traduite par une tension musculaire et nerveuse, identique à celle du stress, ennemi par excellence de l’endormissement. Si le sommeil se refuse plus d’une heure malgré les petits moyens habituels (tisane, bain tiède, ambiance apaisante) et que la situation se prolonge au-delà d’un mois, un avis médical devient nécessaire afin d’éviter l’aggravation de l’anxiété en angoisse et l’installation d’une insomnie en état permanent. Durée et qualité La vieille croyance, qui préconisait huit heures de sommeil sur vingt-quatre, a fait son temps. La durée du sommeil dépend des besoins individuels qui diffèrent d’un individu à l’autre. La tendance insomniaque se dessine dès l’enfance. Les bébés-veilleurs et les bébés-marmottes sont là pour appuyer la théorie de la prédétermination dès la naissance. Pour les adultes, la moyenne oscille entre 8 et 6 heures par nuit, selon les constitutions. Dormir peu ne devient suspect que si au réveil le sujet se sent fatigué et accomplit péniblement sa besogne quotidienne. Ce qu’il faut par contre surveiller, c’est la qualité du sommeil. Si au réveil on se sent prêt à entamer une nouvelle journée sans appréhension et réticence physique ou mentale face à l’effet que ceci représente, il n’y a pas de problème. Autrement, il faut bien qu’on trouve la raison de cet état. Il est possible parfois que le sommeil insuffisant ou peu réparateur soit le révélateur de problèmes d’un autre ordre. En revanche, un trouble de sommeil affectant sa durée et sa qualité exige une approche bien différente. La suppression, en effet, des phases de sommeil, accompagnées de rêves, est très mal tolérée par l’organisme. Généralement, le pôle maximal de l’anxiété se situe vers les premières heures de la journée (2 à 3 heures du matin) d’où les réveils fréquents à cette heure des insomniaques. Si l’insomnie fonctionnelle est généralement due à une surcharge intellectuelle, physique ou à une irrégularité du moment d’endormissement, des facteurs toxiques peuvent aussi en être responsables (alcool, tabac, excès de table), comme aussi des événements et des circonstances particulièrement éprouvants empêchant, selon la formule consacrée, «de fermer l’œil la nuit»... Le traitement de l’insomnie dépend donc de sa cause: calmer, supprimer le facteur coupable, assurer une hygiène de vie adéquate, traiter le cas échéant la cause psychique, les troubles du corps ou de l’humeur responsables. Le recours sauvage aux somnifères, sans avis et surveillance médicale, est à proscrire, sous peine de conséquences notoirement néfastes. Âge et sommeil L’âge mûr, en avançant, favorise perturbations et réveils précoces. Passés 70 ans, cinq à six heures de sommeil par nuit constituent une bonne normale qui, malheureusement, n’est pas accordée à tous. Selon certaines études, la baisse du nombre des cellules cérébrales expliquerait la limitation de la durée de récupération nécessaire à l’organisme. Des douleurs articulaires, rhumatismales, peuvent, par ailleurs, dans certains cas, en être l’origine. Des médicaments prescrits souvent pour pallier des troubles fréquents au troisième âge (bronchodilatateurs, antihypertenseurs, médicaments pour le œur) agissent en perturbant le sommeil. L’effet de ces remèdes se trouve amplifier, notion qui justifie la prudence qu’impose leur prescription. Somnifères et tranquillisants Substances bénéfiques, voire salvatrices dans certains cas, ces remèdes ne sont pas sans danger. Ils sont susceptibles d’entraîner une dépendance – en augmentant petit à petit les doses – mais également des troubles de la mémoire et de la vigilance. Quelle est la différence entre un somnifère et un tranquillisant? Le somnifère est un hypnotique. C’est-à-dire il induit à un sommeil artificiel. Il s’adresse aux personnes dont le sommeil est sérieusement perturbé. Un tranquillisant diminue l’anxiété responsable des difficultés d’endormissement. Il convient, en conséquence, aux sujets stressés, angoissés, «hyperélectrisés» que le sommeil fuit. Ces deux familles de remèdes constituent les armes les plus directes contre les troubles du non-dormir. Mais d’autres médicaments aussi peuvent exercer une action en faveur du sommeil. Les antidépresseurs, les antiallergiques, les sédatifs, en plus de leur action propre, ont aussi une action hypnotique. L’envers de la médaille Malgré les bienfaits de ces remèdes capables de ramener le sommeil récalcitrant à des individus torturés par des insomnies pugnaces, leur consommation n’est pas anodine. Les hypnotiques présentent un risque sérieux de dépendance, qui conduit à la majoration graduelle des doses. Ils occasionnent également des troubles de la vigilance et de la mémoire. L’accoutumance fait que leur effet diminue avec le temps. Trop utilisés, ils ne font plus dormir. Ce qui représente une seconde raison de réserve contre leur utilisation sans discernement. Les traitements à base de somnifères doivent être suivis de manière temporaire. Ils ne peuvent et ne doivent, par ailleurs, être arrêtés que progressivement, dès que l’organisme aurait récupéré et que le cercle vicieux du manque de sommeil et de la crainte de ne pas dormir aurait disparu. Ce qui représente quelques semaines. Limites et contre-indications Si le sommeil a été perturbé à la suite d’un changement radical d’ambiance ou de mode de vie, aucun traitement ne serait nécessaire. Il est évident que l’habitude de prendre un somnifère chaque fois qu’on n’arrive pas à dormir, pour une raison ou une autre, est à proscrire. En fait, le sommeil change naturellement avec l’âge. Avoir recours aux hypnotiques pour retrouver son sommeil d’antan est une absurdité qui risque de coûter très cher. .Pour bien dormir Utiliser l’alcool pour trouver le sommeil est une erreur à ne pas commettre. La prise de boissons alcoolisées désorganise le sommeil et réduit sa durée. Ne pas bouleverser l’horaire de la mise au lit sous prétexte qu’on dort mal ou pas assez la nuit (grasse matinée, longue sieste). Il est conseillé de garder les horaires habituels afin de tenter le retour au rythme normal d’avant la crise. Il va de soi qu’en temps normal il n’y a aucun mal à essayer, à la suite d’une veillée plus ou moins exceptionnelle, de récupérer le sommeil perdu au cours de la journée, dès que l’occasion se présente. Le sommeil ne se commande pas. Vouloir à tout prix s’endormir à une heure précise est une tentative vaine. Il faut savoir écouter son corps et se coucher quand vient l’envie de dormir.
État physiologique caractérisé par une suspension immédiatement réversible de la vigilance, le sommeil est le plus partial des donateurs. S’il gratifie certains individus d’un véritable «repos du juste» suffisant et réparateur, il impose à d’autres un éreintant chassé-croisé d’où ils ne sortent pas toujours indemnes. La privation de sommeil est, en effet, difficilement supportable. Et ceci moins sur le plan physique que sur le plan psychologique. Cet état, en effet, est aussi l’occasion d’une activité subconsciente importante: le rêve. On admet, aujourd’hui, que l’exercice onirique est présent chez tous les sujets (y compris ceux qui ne se souviennent pas de leurs rêves) et qu’il joue un rôle très important dans l’équilibre général de la personne. Le centre du sommeil, comme le centre de la...