La livre libanaise a continué d’évoluer dans d’étroites limites hier, à Beyrouth, sous l’effet de la présence permanente de la Banque du Liban (BDL) sur le marché afin de prévenir tout déséquilibre entre l’offre et la demande. En se déclarant ainsi prête à vendre le dollar à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 502,00 LL, la BDL est parvenue à le maintenir invariablement en clôture au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre. Mais il n’en demeure pas mois que les établissements de crédit continuaient à le négocier pratiquement au point supérieur d’intervention de la BDL et souvent en dehors d’elle avec l’apparition de plusieurs contreparties à l’offre, la dispensant de le vendre à ce niveau. Il a dû en effet fluctuer toute la journée entre 1 513,50 et 1 514,00 LL, dans un volume d’affaires de quelque 13 millions de dollars, en grande partie échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, dans un marché toujours calme et équilibré. Reprise du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a évolué en dents de scie face aux autres grandes monnaies sur les marchés des changes internationaux pour se négocier finalement en hausse contre l’euro, le sterling et le yen, à la veille de la réunion aujourd’hui du Comité monétaire de la Banque du Japon. Selon les cambistes, les avis restent partagés quant à la décision que devraient prendre les autorités monétaires japonaises à propos de l’orientation future des taux d’intérêt nippons. À cet égard, certains pensent que Tokyo et Washington finiront par persuader la Banque du Japon d’émettre plus d’obligations pour relancer l’économie ce qui équivaudrait en pratique à une baisse des taux d’intérêt fort préjudiciable pour le yen, alors que d’autres estiment qu’il est de moins en moins probable que la Banque du Japon décide d’un assouplissement monétaire. Quant à l’euro, il a baissé aussi contre le dollar hier, après avoir battu en début de semaine des records de faiblesse. Et si la monnaie unique européenne s’efforçait de prendre de couleurs par moments, grâce notamment aux dernières statistiques sur l’emploi allemand, son évolution dépendra des prochains chiffres sur les performances économiques de la zone euro. À cet égard, le baromètre de l’institut de conjoncture IFO, prévu le 18 février, qui mesure le climat des affaires en Allemagne, est particulièrement attendu par les cambistes. Certes, plusieurs experts pensent que d’éventuels signes de ralentissement économique de la zone euro pénaliseraient la monnaie unique européenne dans la mesure où ils sont censés préfigurer une réduction des taux d’intérêt européens. Pour ce qui est du sterling, il a continué de souffrir de la révision à la baisse par la Banque d’Angleterre des perspectives de croissance du Royaume-Uni en 1999, laissant entrevoir de nouvelles baisses des taux d’intérêt britanniques. Enfin, le dollar a bénéficié hier, de l’annonce d’une hausse de 0,2 % des ventes de détail aux États-Unis en janvier et d’une diminution de 13 000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations chômage la semaine dernière, témoignant de la vigueur de l’économie américaine. Il s’est en effet, négocié à New York, en hausse, comme suit : – 1,1240 pour un euro contre 1,1330, la veille. – 1,6230 pour un sterling contre 1,6295. – 1,7400 DM contre 1,7260. – 5,8355 FF contre 5,7905. – 1,4220 FS contre 1,4075. – 1 722,50 lires contre 1 709,40. – 114,65 yens contre 114,30. Bourse de Beyrouth : rechute de Solidere Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la nouvelle baisse des actions Solidere de la catégorie «B» au-dessous de leur prix d’émission fixé à 10,00 dollars en retombant de 9 7/8 à 9 1/2 dollars dans un mouvement qui a tiré l’ensemble de la cote libanaise. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises a reperdu 0,39 % à 85,35 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 194,64 points consécutivement de la stabilité de toutes les valeurs de ce secteur. Toutefois, ce développement s’est produit hier, dans un marché très étroit avec 10 942 actions négociées d’une valeur globale de quelque 162 013 dollars. Wall Street : accélération de la hausse Wall Street a accéléré son mouvement ascensionnel hier, soutenue par les déclarations du président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, devant la Chambre des représentants en faveur de la réforme bancaire en cours aux États-Unis. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés par la demande d’élimination des barrières qui séparent les activités bancaires de celles d’assurances ou de courtage qui risquent de réduire la compétitivité des institutions financières américaines, dans la mesure que ces barrières empêchent les groupes bancaires à envisager de nouveaux produits et services financiers sans enfreindre les lois en vigueur et encourir des frais énormes et inutiles. Ces déclarations n’ont pas tardé à profiter aux actions des banques à un moment où les valeurs de la haute technologie regagnaient de terrain. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a bondi d’un plus bas à 9 143,33 points à un plus haut à 9 295,75 points, avant d’afficher en préclôture 9 286,22 points, en nouvelle hausse de 108,91 points sur la veille. Paris : rebond technique La Bourse a fortement progressé jeudi, bénéficiant d’un rebond technique après une baisse quasi continue de la cote depuis le début du mois. Des intervenants notent que cette hausse a été rendue possible par l’absence de mauvaises nouvelles mais que le marché manque toujours d’idées et pâtit d’une absence de visibilité. Ainsi, si le Commissaire européen aux Affaires économiques et financières Yves - Thibault de Silguy a déclaré que la Commission reverrait probablement en baisse sa prévision de croissance, actuellement à 2,5-2,6 %, contre 2,1 %. Les intervenants ont été rassurés par les ventes au détail américaines en janvier un peu moins fortes que prévu mais toujours en hausse et par le dernier discours du président de la Fed qui n’a pas réservé de mauvaises surprises. Le marché a également été agréablement surpris par plusieurs chiffres d’affaires, ceux de Michelin, d’Accor et dans une moindre mesure d’Axa notamment, ces titres gagnant respectivement 6,49 %, 6,5 % et 3,45 %. Les bancaires ont continué à être entourées, Paribas (+1,37 %) totalisant 1,1 mln de titres, BNP (+5,56 %) 662 000 titre et SocGen (+1,26 %) 552 000 titres. Le marché réétudie les rumeurs de la veille faisant état d’une offre conjointe de BNP, Axa et General Electric sur Paribas, ABN Amro jetant son dévolu sur la SocGen. Selon les mêmes rumeurs, ABN Amro aurait approché SocGen début janvier, précipitant ainsi la fusion de SocGen et de Paribas et mettant Claude Rébéar, le patron d’Axa, devant le fait accompli alors que celui-ci visait un rapprochement BNP et Paribas. Lagardère, qui a annoncé après la clôture son CA 1998, a progressé de 4,22 % alors que de source syndicale on indique que la soulte que le groupe aurait à payer dans le cadre de la fusion de Matra et d’Aérospatiale serait de 1,2 md FF. Ce chiffre est bien inférieur à la fourchette de 2 à 5 mds de FF évoquée jusqu’à présent dans la presse. Le porte-parole du ministère de la Défense a indiqué de son côté que l’accord final sur cette fusion devrait intervenir d’ici «quelques semaines». Londres : clôture en forte hausse La Bourse de Londres a clôturé jeudi en forte hausse, soutenue par un bon début de séance à Wall Street, des espoirs renouvelés en baisse des taux d’intérêt britanniques et la forte hausse de BT, un poids lourd de la cote. L’indice Footsie des cent principales valeurs a terminé en hausse de 118,3 points à 5 888,5 points soit une progression de 2 % par rapport à la veille. Soixante valeurs ont fini en hausse et 38 en baisse. Sur le marché à terme du Liffe, le contrat pour mars sur le Footsie s’inscrivait en fin d’après-midi à 5 825 contre 5 774 la veille en clôture. Le volume des transactions s’établissait à 927,2 millions en fin d’après-midi. Les opérateurs reprenaient espoir dans une baisse des taux britanniques après la publication mercredi du rapport trimestriel de la Banque d’Angleterre révisant en baisse les prévisions de croissance pour 99. La Banque a relevé une diminution des tensions sur les salaires et estimé que l’inflation pourrait être en dessous de l’objectif de 2,5 %. Francfort : faible activité La Bourse de Francfort a gagné 1,15 % jeudi mais dans des volumes infimes en ce jour de lancement du carnaval en Allemagne, qui n’a pas déridé un marché toujours pessimiste et redoutant une hausse de taux aux États-Unis, ont indiqué des courtiers. L’indice X-DAX a clôturé à 4 869,29 points sur le marché électronique Xetra, qui brasse les deux tiers des ordres passés à Francfort. Sur le marché à la criée, l’indice Dax des trente valeurs vedettes a terminé sur un gain de 0,89 % à 4 839,33 points. La hausse de Wall Street a contribué à la progression de l’indice vedette allemand, même si le plus gros des gains a résulté de facteurs techniques, ont expliqué les courtiers. Le marché a testé mercredi le seuil de résistance des 4 800 points et comme il est parvenu à le maintenir, cela a fait monter les cours jeudi, a expliqué un courtier d’une maison de placement allemande. . Zurich : en léger progrès La Bourse suisse s’est légèrement reprise jeudi en clôturant en hausse de 0,11 %, l’indice Swiss Market Index (SMI) des valeurs vedettes gagnant 7,7 points à 6 898,9, contre 6 891,2 points mercredi. L’indice élargi Swiss Performance Index (SPI) a quant à lui progressé de 6,24 points à 4 368,27 (+0,14 %). À la banque Lombard Odier et Cie, un courtier a déclaré avoir assisté à «une petite journée, avec relativement peu de fluctuations par rapport aux derniers jours, l’écart maximum ayant été inférieur à 80 points». «Depuis quelques séances on assiste à des dégagements sur les grandes capitalisations», a-t-il commenté, le sort réservé aux petites capitalisations étant plus mitigé.
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