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Actualités - Biographies

Correspondance Paul Mellon, l'esthète milliardaire, disparaît à 91 ans

Il avait fait de l’esthétique sa règle de vie. Paul Mellon, le milliardaire américain, vient de disparaître à l’âge de 91 ans. Son père, Andrew Mellon, illustre banquier, secrétaire d’État aux Finances lui avait légué une fortune colossale. Il n’a pas eu la moindre envie de doubler ou de quadrupler ce capital, préférant s’adonner à ce qu’il aimait le plus au monde : les arts, les lettres et les chevaux. «Pourquoi voudrait-on, a-t-il dit, que le domaine des affaires soit plus important que les activités académiques ou artistiques ?» Il n’hésite donc pas à tourner le dos aux affaires et, en 1940, il se retire à la campagne, en Virginie où il élève des chevaux et commence à collectionner des œuvres d’art. C’est ce qu’il fera à plein temps toute sa vie. Cette passion il a voulu la partager avec le plus grand nombre de ses concitoyens car il trouvait que «ce dont ce pays a besoin, c’est d’un peu de rêve». Son père, qui cultivait également le mécénat, avait subventionné la construction de la National Gallery of Art, à Washington. Coût de l’opération, 100 millions de dollars. Lui se chargera d’y adjoindre un autre bâtiment, devenue l’Aile Est, dont il avait confié la conception au célèbre architecte I. M Pei, auteur de la pyramide du Louvre. Paul Mellon offrira à ce musée 913 œuvres d’art dont 40 Degas, 15 Cézanne et plusieurs Van Gogh, Homer, Winslow, Picasso, Manet, Renoir, Monet. Ayant fréquenté l’université de Cambridge, il s’était épris de littérature anglaise. Au point d’offrir à une grande université américaine, celle de Yale, un Centre pour l’art et les études britanniques. Le grand architecte Lou Kahn avait conçu le bâtiment (coût 12,5 millions de dollars), destiné à accueillir les trésors que lui réservait Paul Mellon. À savoir 16 000 livres rares enluminés, 1 800 peintures, 7 000 dessins, 5 000 gravures, 10 000 ouvrages de référence et 60 000 photographies. Inauguré en 1977, ce centre rassemble la plus grande collection d’œuvres anglaises se trouvent à l’étranger. À cette époque, cette collection avait été estimée à 200 millions de dollars. Comme il aime les beaux livres, il fonde une maison d’édition qui met sur le marché des titres aussi sélects que Le Musée Imaginaire de Malraux, Moukadimat d’Iben Khaldoun et I Ching, le livre chinois des changements. Il crée aussi des prix littéraires, les Bollingen Prize dont le premier avait été attribué à Erza Pound. Ce n’est pas tout. Soucieux de la conservation d’un environnement sain et prisant la campagne, il a fait aménager plusieurs grands parcs et a restauré Monticello le domaine ayant appartenu à Thomas Jefferson. Et il a eu des gestes pour bien d’autres musées et institutions culturelles, éducatives et humanitaires. Tout ceci pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres, car selon lui, «il n’y a pas de substitut au bonheur émotionnel ou intellectuel que procure un chef-d’œuvre authentique et unique».
Il avait fait de l’esthétique sa règle de vie. Paul Mellon, le milliardaire américain, vient de disparaître à l’âge de 91 ans. Son père, Andrew Mellon, illustre banquier, secrétaire d’État aux Finances lui avait légué une fortune colossale. Il n’a pas eu la moindre envie de doubler ou de quadrupler ce capital, préférant s’adonner à ce qu’il aimait le plus au monde : les arts, les lettres et les chevaux. «Pourquoi voudrait-on, a-t-il dit, que le domaine des affaires soit plus important que les activités académiques ou artistiques ?» Il n’hésite donc pas à tourner le dos aux affaires et, en 1940, il se retire à la campagne, en Virginie où il élève des chevaux et commence à collectionner des œuvres d’art. C’est ce qu’il fera à plein temps toute sa vie. Cette passion il a voulu la partager avec...