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Actualités - Chronologie

Ethiopie-Erythrée - L'aviation entre en action Les combats s'étendent sur trois fronts

Les combats se sont étendus lundi à trois fronts : Badmé (ouest), Tsorona (centre) et Burié (est), entre l’Éthiopie – qui, pour la première fois, a reconnu avoir utilisé son aviation – et l’Érythrée, alors que les appels au cessez-le-feu se multipliaient avant la réunion vendredi du Conseil de sécurité de l’Onu. Au troisième jour de la reprise des hostilités à grande échelle entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique, engagés dans un conflit frontalier depuis mai dernier, l’armée éthiopienne «a lancé de vastes contre-offensives soutenues par les avions de chasse sur les fronts de Badmé (ouest), Tsorona (centre)», a indiqué un communiqué éthiopien. Cette contre-offensive s’est étendue dimanche à un troisième front à l’est et s’y poursuivait lundi avec des tirs d’artillerie lourde autour de la ville éthiopienne de Burié, ont affirmé des sources diplomatiques «L’armée éthiopienne a capturé des positions militaires clés», a assuré un porte-parole éthiopien sans autre précision. Les deux pays avaient accepté en juin dernier, grâce à une médiation américaine, un moratoire sur les frappes aériennes. Vendredi, Addis Abeba avait accusé l’aviation érythréenne d’avoir bombardé la zone d’Adigrat (front central), ce qu’Asmara avait démenti formellement. L’artillerie lourde éthiopienne a également frappé lundi en territoire érythréen, «détruisant une station radar» au sud de la localité d’Adi Quala, située à l’ouest du front central, selon un autre communiqué gouvernemental. De son côté, l’agence de presse érythréenne Erina a affirmé qu’un bombardement éthiopien avait tué huit civils dimanche soir dans ce même village. Selon l’agence, aucune garnison militaire n’est basée à Adi Quala et «le bombardement éthiopien visait la population civile». L’Érythrée a accusé son rival d’avoir lancé deux nouvelles attaques sur deux fronts. «Ce matin (lundi), le régime éthiopien a lancé à nouveau une attaque» sur le front ouest, dans la région de Badmé (nord-ouest de l’Éthiopie, sud-ouest de l’Érythrée), «en utilisant des hélicoptères d’assaut et des avions de chasse», avait indiqué le ministère des Affaires étrangères d’Asmara dans un communiqué. Asmara a également évoqué «une nouvelle attaque» éthiopienne à Alitena, sur le front central. Une défaite désastreuse Selon le ministère érythréen des Affaires étrangères, l’armée éthiopienne a subi des «défaites désastreuses» samedi. «Deux brigades (environ 4 000 hommes) ont été complètement mises en déroute et deux autres ont subi des pertes sévères». Le même communiqué affirme que les forces d’Asmara ont tué dimanche 250 soldats éthiopiens sur le front ouest et fait cent prisonniers dimanche et lundi. Dimanche, le chef de l’État burkinabé, président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), Blaise Compaoré, a appelé les deux pays à mettre fin «immédiatement et sans condition» aux hostilités. Lundi, le secrétaire général de l’OUA, Salim Ahmed Salim, a de nouveau appelé les deux pays à cesser les hostilités et à accepter le plan de l’organisation panafricaine. Ce plan de paix en onze points, qui prévoit notamment le retrait des forces érythréennes sur leurs positions antérieures au 6 mai 1998, a été accepté par Addis Abeba. Mais l’Érythrée réserve encore sa réponse, après avoir reçu des clarifications de l’OUA quant à sa mise en application. L’Autorité intergouvernementale de développement (Igad) d’Afrique de l’Est a appelé, à son tour, les deux pays à faire preuve de retenue, à l’issue d’une réunion ministérielle qui s’est tenue dimanche. L’Igad, qui regroupe sept pays d’Afrique de l’Est, a appelé les deux voisins de la Corne de l’Afrique à «éviter à leurs peuples et aux peuples de la sous-région les conséquences d’une guerre à grande échelle». Dans une déclaration publiée à l’issue de la rencontre, l’Igad a rappelé que les principes de l’organisation prévoient que tout différend devait être réglé de façon pacifique. Ces appels font suite à ceux de l’Égypte, de l’Allemagne, du président de l’Union européenne, des États-Unis et du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. Le Conseil de Sécurité de l’Onu doit se réunir vendredi. L’envoyé spécial de l’Onu pour l’Afrique, Mohamed Sahnoun, rendra auparavant compte de la mission qu’il a effectuée la semaine dernière à Asmara et à Addis Abeba. De leur côté, les organisations humanitaires à Addis Abeba se préparaient à venir en aide aux victimes du conflit. Par ailleurs, en Belgique, près d’une centaine de conteneurs destinés à l’Érythrée et renfermant 40 camions militaires et des moteurs de chars de combat ont été saisis récemment par la douane du port d’Anvers (nord de la Belgique).
Les combats se sont étendus lundi à trois fronts : Badmé (ouest), Tsorona (centre) et Burié (est), entre l’Éthiopie – qui, pour la première fois, a reconnu avoir utilisé son aviation – et l’Érythrée, alors que les appels au cessez-le-feu se multipliaient avant la réunion vendredi du Conseil de sécurité de l’Onu. Au troisième jour de la reprise des hostilités à grande échelle entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique, engagés dans un conflit frontalier depuis mai dernier, l’armée éthiopienne «a lancé de vastes contre-offensives soutenues par les avions de chasse sur les fronts de Badmé (ouest), Tsorona (centre)», a indiqué un communiqué éthiopien. Cette contre-offensive s’est étendue dimanche à un troisième front à l’est et s’y poursuivait lundi avec des tirs d’artillerie lourde...