La Banque du Liban a fait paraître le numéro 55 de son bulletin mensuel couvrant la conjoncture économique et financière du mois de décembre dernier et brossant un bilan rapide de cette conjoncture en 1998. Voici les principaux indicateurs évoqués dans cette livraison : Durant 1998, l’activité économique a enregistré une amélioration, comme le montre l’indicateur synthétique de la Banque du Liban qui est passé de 183,0 en décembre 1997 à 193,9 en décembre 1998. Cette amélioration s’est reflétée dans la plupart des secteurs de l’économie à l’exception du bâtiment qui continue de régresser depuis le début de l’année 1996. Alors que le déficit de la balance commerciale s’est contracté de 7 % à cause d’une diminution des importations et d’un accroissement des exportations, la balance des paiements a accusé un déficit cumulatif de 488 millions de dollars. Ce déficit est dû aux crises successives qui ont secoué les marchés financiers internationaux et qui ont poussé les investisseurs à se retirer des marchés émergents pour compenser leurs pertes. La situation monétaire a été marquée globalement par une stabilité durant 1998. Le rythme de croissance de la dette publique totale nette a régressé de 35 % fin 1997 à 17 % fin 1998. Par ailleurs, les réserves brutes en devises de la Banque du Liban ont atteint 6 508 millions de dollars, augmentant de 565,1 millions sur un an. La livre libanaise a poursuivi son amélioration progressive par rapport au dollar, dans le cadre d’un marché stable permettant aux taux d’intérêt d’amorcer un mouvement de baisse. - Le déficit budgétaire a régressé en 1998, le ratio déficit-dépenses passant de 60 % en 1997 à 43 % en 1998. Cette amélioration s’est traduite par un ralentissement de la dette publique totale nette qui est passé de 35 % fin 1997 à 17 % fin 1998, atteignant 25 843 milliards de livres, en augmentation de 3 743 milliards, contre 5 781 milliards en 1997. Le taux de croissance de la dette interne nette s’est situé au niveau de 6,3 % en décembre, contre 37,6 % au début de l’année, atteignant 19 544 milliards de livres, alors que la dette publique externe s’est élevée à 4 177 millions de dollars. - La balance des paiements a enregistré un déficit de 132,2 millions de dollars, qui s’est reflété en une baisse des avoirs extérieurs nets de la Banque centrale de 391,5 millions de dollars, alors que ceux des banques commerciales et des institutions financières ont augmenté de 259,3 millions de dollars. Du fait des secousses qui ont perturbé les marchés financiers internationaux et qui ont poussé les investisseurs à se retirer des marchés émergents pour compenser leurs pertes, la balance des paiements a enregistré un déficit de 487,6 millions de dollars en 1998. Il convient de signaler que l’afflux de capitaux s’est poursuivi en 1998, couvrant ainsi une grande partie du déficit commercial. - Les réserves en devises de la Banque du Liban ont augmenté de 565,1 millions de dollars durant l’année. Le total des réserves en devises a atteint 6 508,1 millions de dollars fin décembre 1998, et la valeur totale des avoirs extérieurs nets, y compris l’or, s’est élevée à 8 984,5 millions de dollars. - Le marché des changes est demeuré stable au cours de l’année, la Banque centrale continuant à intervenir en vue d’empêcher toute fluctuation passagère résultant de pressions transitoires. La livre libanaise s’est améliorée dans une proportion de 1,24 % par rapport au dollar, dont le cours a baissé de 1 527 livres fin 1997 à 1 508 livres fin 1998. Le taux de change nominal effectif moyen de la livre est passé de 48,45 en 1997 à 49,70 en 1998. - Le taux de croissance de la masse monétaire globale M4 s’est ralenti vers la fin de l’année, augmentant de 12,27 % en décembre contre 14,96 % en novembre. Ce ralentissement s’explique par un faible taux d’inflation et par une baisse dans la croissance des crédits au secteur public. En décembre 1998, les crédits au secteur privé constituaient le principal facteur ayant affecté la croissance de M3. Malgré une chute jusqu’au niveau de 6,94 %, le taux de croissance de M4-LL est demeuré, en décembre, l’un des plus élevés au cours de l’année. - Le bilan consolidé des banques commerciales a enregistré une hausse de 20,59 % sur un an, atteignant 55 031 milliards de livres fin décembre 1998. Les dépôts ont augmenté de 19,56 % sur un an, et les crédits de 20,91 %. Par ailleurs, les capitaux propres ont enregistré une hausse annuelle de 21,07 %, passant de 2 990 milliards de livres fin décembre 1997 à 3 620 milliards fin décembre 1998. En fin d’année, le taux de dollarisation des dépôts bancaires s’est élevé à 65,53 %, contre 63,87 % à fin 1997. - En 1998, les importations ont baissé dans une proportion de 5,3 % pour atteindre 7 060 millions de dollars, alors que les exportations ont augmenté dans une proportion de 11,5 % pour atteindre 716 millions de dollars. Le déficit de la balance commerciale a baissé de 6,9 % durant l’année, pour atteindre 6 344 millions de dollars. - Le potentiel d’investissement industriel s’est amélioré en 1998. Le nombre de nouvelles entreprises industrielles, leur capital social et les nouveaux emplois associés ont respectivement augmenté de 74,1 %, 246,7 % et 50,9 % sur un an. - L’activité dans le secteur du bâtiment a poursuivi une baisse qui avait commencé en 1996. Les livraisons de ciment et la surface couverte par les permis de construire ont respectivement reculé de 3,8 % et 14,6 %, ceci étant dû surtout à l’offre excédentaire dans le secteur du logement. - La production totale d’énergie électrique sur le réseau de l’Électricité du Liban a augmenté de 7,7 % en 1998, atteignant 9 009 millions de kWh. Le transport aérien, comme l’indique l’activité de l’Aéroport international de Beyrouth, a enregistré une amélioration de 8,5 % au cours de l’année. Le mouvement global de passagers, y compris les passagers en transit, a atteint 2,06 millions, soit une augmentation de 2,6 %. - Au Port de Beyrouth, le trafic maritime s’est ralenti en 1998. En effet, le mouvement des navires a diminué de 7,2 % et le volume total du fret a reculé de 5,1 %. Les marchandises débarquées et en transit ont respectivement baissé de 5,2 % et 10,0 %, alors que les marchandises embarquées ont augmenté de 1,2 %.
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