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Actualités - Chronologie

Odontologie Le combat contre les fléaux de la bouche (Photo)

D’après de récentes études, les maladies parodontales peuvent avoir un retentissement négatif, pour ne pas dire une responsabilité directe, dans des pathologies cardiaques. Or toujours, selon une organisation mondiale, 27% des habitants des pays développés (!), entre 35 et 45 ans, souffrent de parodontite, une affection des gencives et des tissus de soutien dentaires. Les chercheurs américains corroborent ces constatations, classant ces atteintes buccales parmi les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires. Même si, de l’aveu de certains dentistes, cette relation de cause à effet n’est pas facile à expliquer, il existe une théorie selon laquelle des toxines atteindraient la circulation du sang par l’intermédiaire des gencives enflammées avec un retentissement morbide sur le système cardio-vasculaire. En cas de grossesse, confirment d’autres études, la maladie parodontale, non traitée, expose, dans une proportion de 3 à 7 pour cent, à l’éventualité d’un accouchement prématuré. La cause serait toujours l’infiltration des bactéries et des toxines, par l’intermédiaire du sang maternel, de la barrière placentaire, atteignant ainsi le fœtus. Face à semblables risques, la science n’est pas dépourvue d’armes. Il existe un test (hélas très onéreux) qui permet de dépister les parodontites mais aussi des stratégies thérapeutiques et préventives, des soins orthodontiques aussi qui contribuent à cerner efficacement ces dangers et d’éliminer ou de réduire sensiblement leurs ravages. Certaines maladies, tels le diabète, le tabagisme, la mauvaise hygiène dentaire, le stress qui influe sur les défenses immunitaires de l’organisme, favorisent la parodontite. Négligée, ignorée ou mal soignée, elle peut entraîner de véritables désastres. On parle beaucoup, aussi, d’une prédisposition génétique, et même si la plus grande prudence s’impose dans ce domaine, on ne peut nier le fait qu’un gène est impliqué dans les maladies du parodonte. Est-il le seul? Les recherches se poursuivent pour déceler avec précision quelle est la part de la responsabilité génétique par rapport aux autres facteurs. Ce qu’on peut déjà affirmer, c’est que le porteur du gène responsable, s’il est à la fois diabétique et fumeur, il a toutes les chances (ou tous les risques) de développer une parodontite, l’exposant ainsi aux retentissements de celle-ci si rien n’est fait pour la juguler à temps. Des signes précoces Pour les dentistes, l’intérêt du malade impose que les parodontites soient diagnostiquées précocement et soignées en conséquence. Des signes révélateurs existent dès vingt ou trente ans: gencives qui se rétractent, gengivites à répétition, saignements réagissant faiblement aux traitements classiques. Les notions actuelles concernant l’origine génétique imposent une attention particulière à ceux dont les parents souffrent ou ont entrepris des traitements orthodontiques. À signaler qu’il serait absurde de confondre caries et parodontite. À ce propos, à la suite de campagnes d’éveil engagées par l’OMS et reprises par bon nombre de pays, les caries chez les enfants ont diminué, pas partout dans le monde certes, mais du moins dans les régions où la surveillance bucco-dentaire est possible. Un point, toutefois, à clarifier serait l’inégalité face aux ennuis de la bouche, abstraction faite du facteur génétique. Certaines personnes passent leur vie chez le dentiste, tandis que d’autres n’y vont qu’épisodiquement, le besoin ne s’y faisant que rarement sentir. Les dentistes admettent cette disparité sans pouvoir l’expliquer autrement que par l’influence familiale et, depuis récemment, le facteur génétique. «Lave-toi les dents» Il est certain que l’ambiance familiale influe beaucoup dans ce domaine, indépendamment du facteur constitutionnel. Habitudes d’hygiène, surveillance régulière, discipline personnelle sont des traits qui s’inculquent dès le plus jeune âge. La maman tendre qui goûte à la bouillie de son enfant, pour s’assurer de la température correcte, puis l’alimente avec la même cuillère ne soupçonne pas la transmission possible de bactéries cariogènes. Or, aux entretiens de Garancière, le célèbre congrès d’odontologie, la communication d’un pédo-odontologiste évalue à 15% cette contamination dans l’échelle des facteurs de responsabilité («transmission mère-enfant»). On peut encore évoquer la mauvaise hygiène, la négligence, le fait de considérer les soins dentaires comme une corvée ou une punition. Le «lave-toi les dents», sur le ton d’un ordre ou de réprimande, n’est pas particulièrement incitatif aux soins du sourire... Viennent ensuite les sucreries, et ceci dès le berceau. Les dentistes déplorent l’habitude du biberon sucré avant l’endormissement du bébé ou bien celle du bonbon en récompense, sans parler de la bouteille de pepsi ou d’autres breuvages sucrés, compagnons inséparables des plaisirs de l’enfance. Les parents pèchent-ils par ignorance? L’information brouillée par le matraquage publicitaire peut difficilement accomplir son rôle et limiter ainsi, tant soit peu, les dégâts. Les voix qui se lèvent, dans la presse, les séminaires scientifiques ou les cabinets dentaires se perdent dans la cohue des campagnes promotionnelles qui n’ont aucun intérêt à signaler les côtés négatifs de la surconsommation de leurs produits. Le fluor, une panacée? À la décharge des parents, il faut bien le signaler, la promotion exagérée de l’efficacité du fluor dans la prévention dentaire a beaucoup contribué au relâchement de la vigilance sur le plan alimentaire comme aussi sur celui de l’hygiène buccale. Il serait, certes, absurde de contester le rôle qui a joué et joue toujours cet élément dans le combat contre la carie dentaire. Mais sa prescription systématique est aujourd’hui contestée par bon nombre de spécialistes. D’après eux, le fluor n’est pas une substance anodine. S’il se justifie amplement dans certains cas, dans d’autres il convient d’être plus prudent. Avant de recourir à la supplémentation, avisent-ils, il faut savoir si l’eau que l’enfant consomme est fluorée, si la cuisine familiale est faite au sel enrichi en fluor, et si le dentifrice fluoré est de mise dans la maisonnée. Auquel cas, une supplémentation exagérée entraînerait plus d’ennuis que de bénéfices. De la mesure, donc, en toute chose.
D’après de récentes études, les maladies parodontales peuvent avoir un retentissement négatif, pour ne pas dire une responsabilité directe, dans des pathologies cardiaques. Or toujours, selon une organisation mondiale, 27% des habitants des pays développés (!), entre 35 et 45 ans, souffrent de parodontite, une affection des gencives et des tissus de soutien dentaires. Les chercheurs américains corroborent ces constatations, classant ces atteintes buccales parmi les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires. Même si, de l’aveu de certains dentistes, cette relation de cause à effet n’est pas facile à expliquer, il existe une théorie selon laquelle des toxines atteindraient la circulation du sang par l’intermédiaire des gencives enflammées avec un retentissement morbide sur le système cardio-vasculaire. En...