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Actualités - Biographies

Abdallah, un héritier encore fragile (photo)

Le prince Abdallah ibn Hussein est un militaire de carrière dans un pays où l’armée représente le pilier central de la monarchie hachémite. Âgé de 37 ans et fils aîné du roi, Abdallah commande l’unité d’élite des Forces spéciales avec rang de général, ce qui est de nature à lui concilier l’appui de l’armée, de première importance pour une transition en douceur. Ses qualités politiques demeurent toutefois une donnée inconnue, cet homme énergique et enthousiaste, voire impulsif, ayant manifesté jusqu’ici peu d’ambitions hors de la sphère militaire. Voici encore deux mois, il avait confié à des éléments de l’armée qu’il ne souhaitait pas devenir roi. Abdallah a été quelque temps prince héritier dans son enfance, mais son oncle le prince Hassan – le plus jeune frère du roi Hussein – fut nommé dauphin officiel en 1965 pour que la couronne ne revienne pas à un enfant à une époque de troubles grandissants au Proche-Orient. Sans avoir reçu de préparation au pouvoir suprême, Abdallah est subitement devenu prince héritier sur décision du roi qui, atteint d’un cancer, l’a ainsi propulsé à la place d’Hassan, son successeur désigné depuis trente-quatre ans. Dans son entourage, on note qu’Abdallah a occasionnellement assumé la régence en l’absence d’Hussein ou d’autres membres importants de la famille royale, et qu’il a noué des liens avec de jeunes représentants de familles régnantes dans les États arabes du Golfe. Ce qui ne permet certes pas de savoir comment il fera face aux complexes affaires d’État. Mère anglaise, épouse palestinienne Son rôle principal s’est exercé au sein des Forces spéciales, commandos spécialisés dans le maintien de l’ordre et dont l’efficacité a pu être observée dans la répression des émeutes de 1996 dans le sud du royaume. L’an dernier, Abdallah a dirigé un assaut spectaculaire des Forces spéciales contre le repaire d’un groupe armé qui avait tué huit personnes à Amman. À l’issue de l’opération, son nom avait été scandé dans les rues. Quelques mois plus tard, son père le nommait général, ce qui a fait penser aux diplomates que le roi le destinait au commandement de l’armée de terre. Bien que la Constitution jordanienne n’y fasse pas objection, le fait qu’Abdallah ait une mère anglaise née hors de l’islam était considéré comme un obstacle à son accession au trône d’un pays musulman aux structures encore féodales. Les Jordaniens, surtout ceux d’origine palestinienne, montrent plus d’affinités avec le prince Ali, fils de la troisième épouse d’Hussein, Alia, musulmane palestinienne. Abdallah a cependant pour épouse une Palestinienne. Le roi Hussein a paru un moment vouloir préparer au trône le prince Hamza, 18 ans, l’aîné des fils que lui a donnés la reine Noor. Mais selon des sources autorisées, le monarque, en proie à un cancer tenace, a jugé trop risqué de placer une charge aussi lourde sur les épaules d’un adolescent. Le prince Abdallah est né le 30 janvier 1962 à Amman. Fils du roi et de sa seconde épouse, l’Anglaise Toni Gardner, il est envoyé à quatre ans en Angleterre mais terminera ses études secondaire aux États-Unis. Il étudiera ensuite les affaires internationales à Oxford et à l’université Georgetown, à Washington. En 1980, il entre à l’école militaire britannique de Sandhurst et servira dans les forces britanniques en Allemagne de l’Ouest et en Grande-Bretagne avant de rejoindre en Jordanie deux brigades blindées et la Section d’hélicoptères antichars. En 1993, il devient commandant adjoint des Forces spéciales. Abdallah a épousé la princesse Rania en juin 1993. Le couple a un fils, le prince Hussein, et une fille, la princesse Iman. Pilote et homme-grenouille professionnel, Abdallah s’intéresse notamment aux courses automobiles, aux sports nautiques et collectionne les armes anciennes.
Le prince Abdallah ibn Hussein est un militaire de carrière dans un pays où l’armée représente le pilier central de la monarchie hachémite. Âgé de 37 ans et fils aîné du roi, Abdallah commande l’unité d’élite des Forces spéciales avec rang de général, ce qui est de nature à lui concilier l’appui de l’armée, de première importance pour une transition en douceur. Ses qualités politiques demeurent toutefois une donnée inconnue, cet homme énergique et enthousiaste, voire impulsif, ayant manifesté jusqu’ici peu d’ambitions hors de la sphère militaire. Voici encore deux mois, il avait confié à des éléments de l’armée qu’il ne souhaitait pas devenir roi. Abdallah a été quelque temps prince héritier dans son enfance, mais son oncle le prince Hassan – le plus jeune frère du roi Hussein – fut...