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Actualités - Chronologie

Espace - Ombre sur l'avenir du projet La Terre sans voile solaire

La voile solaire de l’espace n’a pas éclairé la Terre jeudi soir: après deux tentatives qui ont échoué, les scientifiques russes ont dû renoncer à contrecœur à la déployer, jetant une ombre fâcheuse sur l’avenir du projet. La voile-miroir de 25 mètres de diamètre, accrochée au vaisseau Progress, devait durant 24 heures passer au-dessus d’une douzaine de villes du monde et y refléter les rayons du soleil, projetant une lumière équivalente à celle de dix pleines lunes. Le projet avait suscité l’enthousiasme de milliers d’amateurs et de la presse mondiale. «Si de nouvelles idées ne surgissent pas dans la nuit (de jeudi à vendredi), ce qui est probable, demain (aujourd’hui) Progress sera noyé» dans l’océan Pacifique et la voile se désagrègera dans l’espace, a expliqué jeudi soir Vladimir Soloviev, le directeur des vols du Centre de contrôle des vols spatiaux russes (Tsoup) qui gérait l’expérience. Manifestement déçu, M. Soloviev a même estimé qu’il n’y avait pratiquement plus de sens à parler de la poursuite de ce projet à l’avenir, selon l’agence Interfax. «La deuxième tentative a échoué, les raisons en seront longuement analysées, mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à faire de commentaires», a-t-il ajouté. Des années de travail Les experts du Tsoup avaient vers 11h34 GMT (13h34 heure de Beyrouth) donné le départ de la première manœuvre automatique de déploiement de la voile, ressemblant à une hélice. Cette dernière avait commencé à tourner sur elle-même comme une toupie (selon un processus normal) quand une des pales la composant s’est prise dans une antenne du vaisseau qui s’est brusquement dépliée et ce, pour des raisons inconnues, a raconté M. Soloviev. Les cosmonautes russes à bord de Mir, à 800 mètres de là, avaient pris les commandes à distance du Progress M-40 afin de le secouer par des pressions de moteur et libérer la voile. «Il nous a semblé que nous avions réussi (cette opération) mais 40 secondes après avoir tenté une deuxième fois de déployer la voile, elle s’est arrêtée» de tourner, a expliqué le responsable du Tsoup. Les scientifiques russes travaillaient sur cette expérience depuis six ans après un premier essai couronné de succès, en février 1993. À ce moment-là, la voile était plus petite et l’expérience n’avait duré que cinq heures. Pendant ces années de travail, ils en avaient amélioré, pensaient-ils, le matériau (une fine pellicule d’aluminium pesant 4,8 kilos) et surtout le système d’orientation commandé à distance. Alors que l’industrie spatiale russe n’a même pas les moyens de construire les éléments de la future station internationale et simultanément maintenir Mir, les experts de la société Energuia avaient réussi à trouver des sponsors pour ce projet digne de la science-fiction, notamment auprès d’une filiale du géant gazier Gazprom. Et jeudi, en éclairant le monde, ils espéraient secrètement attirer l’attention d’investisseurs étrangers sur leur projet, dont la voile de 25 mètres est une des plus modestes parties. En effet, les scientifiques russes ont une vision humaniste à long terme : illuminer les régions du Grand Nord plongées dans le noir pendant les longs hivers sans pourtant en modifier l’environnement ou le biorythme de leurs habitants. Pour cela, ils envisageaient de fabriquer une voile de 70 mètres de diamètre en l’an 2000 puis de 200 mètres en 2003-2005. Un projet rentable en deux-trois ans, ont-ils assuré. En plus, cette voile géante pourrait avoir double emploi: fixée à un vaisseau spatial, elle pourrait le transporter à travers les planètes, comme un bateau sur la mer, grâce aux vents solaires, à la conquête de l’univers.
La voile solaire de l’espace n’a pas éclairé la Terre jeudi soir: après deux tentatives qui ont échoué, les scientifiques russes ont dû renoncer à contrecœur à la déployer, jetant une ombre fâcheuse sur l’avenir du projet. La voile-miroir de 25 mètres de diamètre, accrochée au vaisseau Progress, devait durant 24 heures passer au-dessus d’une douzaine de villes du monde et y refléter les rayons du soleil, projetant une lumière équivalente à celle de dix pleines lunes. Le projet avait suscité l’enthousiasme de milliers d’amateurs et de la presse mondiale. «Si de nouvelles idées ne surgissent pas dans la nuit (de jeudi à vendredi), ce qui est probable, demain (aujourd’hui) Progress sera noyé» dans l’océan Pacifique et la voile se désagrègera dans l’espace, a expliqué jeudi soir Vladimir...