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Actualités - Chronologie

Dans le monde Dernier palmarès 98 (photos)

La dernière liste n’est pas la moindre. Comme d’habitude, le magazine US «Time» avait publié, fin 98, son choix des «10 meilleurs films de l’année». Une sélection qui réserve quelques surprises, comme on va le voir, surtout s’agissant d’une publication américaine. Voici donc les films que les critiques de «Time» ont aimés en 1998. 1) Saving Private Ryan, de Steven Spielberg. On ne peut pas prétendre que ce choix est inattendu. Mais Time a vraiment aimé le film – il y avait de quoi – et se justifie en soulignant ses qualités indéniables: réalisme brutal (les séquences d’ouverture) et éclairage sans concession de quelques questions essentielles, sur la vie, le courage et la mort. 2) Les Vampires, de Louis Feuillade. Ici, vraiment, la surprise est totale. Les Vampires est un film français qui date de... 1915 (et, donc, muet), réalisé par un grand cinéaste spécialiste du cinéma fantastique. Cette étonnante fresque «surréaliste» (restaurée) est un classique authentique. 3) Happiness, de Todd Solondz. Un sujet audacieux – où la pédophilie a quelque chose à voir – traité avec tact et vérité par un cinéaste de talent. 4) The Butcher Boy, de Neil Jordan. À partir de l’itinéraire souvent cruel d’un gosse dans une ville de l’Irlande provinciale (années 60), l’auteur de The Crying Game et Michael Collins filme une métaphore expressive sur la violence de notre temps. 5) The Opposite of Sex, de Don Roos. Une comédie qui ne manque pas d’originalité, même si l’on tient compte du fait qu’on filme aujourd’hui tout et n’importe quoi (plus de tabou?!). En bref: une fille s’en va «séduire» le compagnon de son demi-frère (à elle), qui est homosexuel. Et ce qui s’ensuit, qui ne manque pas, paraît-il, de piquant. Avec Christina Ricci et Lisa Kudrow, que l’on donne comme spécialement brillante. 6) The Thin Red Line, de Terrence Malick. Un autre grand film qui parle de la guerre – l’action se situe, durant le second conflit mondial, dans l’île de Guadalcanal, au Pacifique-Sud – mais qui n’a rien à voir avec l’œuvre de Spielberg. Absent des écrans depuis 20 ans, Terrence Malick n’a réalisé que deux films – à vrai dire exceptionnels – qui l’ont rendu célèbre: Badlands (73) et Days of Heaven (78). On peut attendre beaucoup de The Thin Red Line où se retrouve toute une cohorte d’acteurs fameux: Sean Penn, Ben Chaplin, George Clooney, John Cusack, Woody Harrelson Elias Koteas, Nick Nolte et John Savage (mais plus John Travolta?). On a hâte de voir. 7) Shakespeare in Love, de John Madden. On en parle beaucoup. Ce film «à costumes», plutôt qu’«historique», met en scène l’auteur de Roméo et Juliette alors qu’il découvre l’idylle qui lui fournira le sujet de sa pièce la plus célèbre. Traitement original, intelligemment «moderne», beauté(s) de la réalisation, on accorde un tas de qualités à Shakespeare in Love. Le film a valu à Gwyneth Paltrow la chance d’un «golden globe» (meilleure actrice); autres interprètes: Ben Affleck, Joseph Fiennes, Geoffrey Rush et Rupert Everett. 8) En chair et en os (Live Flesh), douzième film (hispano-français) de Pedro Almodovar. On assure que l’auteur de Matador a retrouvé toute sa verve. L’histoire est évidemment extravagante (il y en a plusieurs, en fait) et tous les personnages sont «hors normes» – comme il se doit. Ainsi, une femme précise à son galant: «Pour faire l’amour, il vaut mieux être deux». Avec: Javier Bardem, Francesca Neri, Liberto Rabal et Angela Molina. 9) Voyage au début du monde, de Manoel de Oliveira. Ce film portugais-français est le dernier qu’ait tourné Marcello Mastroianni. Cette élégie, inspirée par la parole plus que par l’image, retrace la recherche de ses souvenirs par un homme parvenu au crépuscule de sa vie. Manoel de Oliveira, toujours actif, est aujourd’hui âgé de 90 ans. Un cas unique. 10) Central do Brasil (Central Station), coproduction Brésil/France, réalisée par Walter Salles. Une vieille femme aide un gosse à rechercher un père parti on ne sait où. Cette errance à travers le Brésil a été partout remarquée (le film a été primé au Festival de Berlin). Notes libanaises: pas grand-chose à voir, chez nous, dans cette liste: aucune distribution «commerciale» n’est prévue. Sauf, peut-être (on l’espère!), pour The Thin Red Line et Shakespeare in Love. Il faudra donc compter, une fois de plus, sur les ciné-clubs, centres culturels et autres festivals. On le voit: plus cela change, plus c’est la même chose.
La dernière liste n’est pas la moindre. Comme d’habitude, le magazine US «Time» avait publié, fin 98, son choix des «10 meilleurs films de l’année». Une sélection qui réserve quelques surprises, comme on va le voir, surtout s’agissant d’une publication américaine. Voici donc les films que les critiques de «Time» ont aimés en 1998. 1) Saving Private Ryan, de Steven Spielberg. On ne peut pas prétendre que ce choix est inattendu. Mais Time a vraiment aimé le film – il y avait de quoi – et se justifie en soulignant ses qualités indéniables: réalisme brutal (les séquences d’ouverture) et éclairage sans concession de quelques questions essentielles, sur la vie, le courage et la mort. 2) Les Vampires, de Louis Feuillade. Ici, vraiment, la surprise est totale. Les Vampires est un film français qui date...