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Actualités - Chronologie

Un ancien îlot anti-intégriste

Longtemps présentée comme une région imperméable à l’intégrisme, la Kabylie est devenue le sanctuaire d’une des organisations islamistes armées qui cherchent la chute du pouvoir en Algérie. Depuis quelques mois, cette région montagneuse, qui s’étend à l’est d’Alger, des rives de la Méditerranée aux hauts plateaux, du Sétifois, est le théâtre d’embuscades répétées contre les patrouilles des forces de sécurité. Assassinats et faux barrages s’y sont également multipliés, semant la peur parmi la population qui redoute que cette violence s’étende aux villageois, à l’instar de ce qui s’est produit dans les autres régions du pays. Si la région est connue pour son opposition traditionnelle au pouvoir central et se pose comme le porte-flambeau de la revendication identitaire berbère, elle s’est aussi montrée hostile à l’intégrisme. Le Front islamique du salut (Fis) n’avait pas réussi à s’y implanter en 1990, alors qu’il avait gagné la majorité des conseils municipaux et régionaux ailleurs dans le pays. Alors que l’ascension du Fis laissait présager l’avènement d’un État islamique en Algérie, la Kabylie apparaissait comme un îlot particulier. D’où le surnom de Suisse qui lui avait été donné. Groupes d’autodéfense Lorsque la violence a éclaté en 1992, la région a été d’abord épargnée. Mais elle a fini par être atteinte et par devenir la base du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une organisation créée en octobre 1998 par Hassan Hattab, alias Abou Hamza, qui a fait dissidence au Groupe islamique armé (GIA) d’Antar Zouabri, dont il dénonce les «excès». «Les islamistes ont pris conscience du ressentiment de la population envers le pouvoir et veulent le récupérer», analyse un fonctionnaire. Hattab, 32 ans, originaire d’un quartier de la banlieue d’Alger, était, dans le découpage du territoire établi par le GIA, le chef de la zone 2 qui s’étend de l’est de la capitale jusqu’aux frontières de Jijel. Il se dit opposé au massacre de civils qui ne soient pas des «agents du pouvoir». Ses principales bases sont localisées, selon des informations régulièrement rapportées par la presse, dans les maquis de Bouzegza, Mizrana, Takhoukht ou dans les monts de Sidi-Ali Bounab.C’est en contrebas de ces monts qu’il avait signé en février 1998 sa plus spectaculaire attaque, tuant 28 militaires dans une embuscade. Depuis, les attaques sont devenues régulières. C’est en Kabylie que des groupes d’autodéfense sont nés en 1993 à l’appel de Saïd Sadi, le chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un des deux principaux partis implantés dans la région avec le Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït-Ahmed. M. Sadi appelait à une «résistance populaire» contre les groupes armés islamistes pour pallier les carences de l’État, surpris par l’ampleur de la violence et qui n’avait pas les moyens de sécuriser tout le territoire. Son rival, le FFS, a dénoncé cette attitude estimant que l’armement des civils pouvait à terme conduire à une généralisation de la violence et que la sécurité relève des seuls corps constitués de l’État. Les deux partis s’opposent sur la solution à la crise que traverse l’Algérie. Si le FFS milite pour une réhabilitation du Front islamique du salut (Fis - dissous), un des éléments importants de l’équation politique algérienne, le RCD, y est totalement opposé estimant que ce parti est un «mouvement fasciste».
Longtemps présentée comme une région imperméable à l’intégrisme, la Kabylie est devenue le sanctuaire d’une des organisations islamistes armées qui cherchent la chute du pouvoir en Algérie. Depuis quelques mois, cette région montagneuse, qui s’étend à l’est d’Alger, des rives de la Méditerranée aux hauts plateaux, du Sétifois, est le théâtre d’embuscades répétées contre les patrouilles des forces de sécurité. Assassinats et faux barrages s’y sont également multipliés, semant la peur parmi la population qui redoute que cette violence s’étende aux villageois, à l’instar de ce qui s’est produit dans les autres régions du pays. Si la région est connue pour son opposition traditionnelle au pouvoir central et se pose comme le porte-flambeau de la revendication identitaire berbère, elle s’est...