Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Milosévic pousé dans ses derniers retranchements(photo)

Le président yougoslave Slobodan Milosevic est poussé dans ses derniers retranchements par la communauté internationale, qui exige de lui des concessions de taille pour régler la crise au Kosovo. C’est M. Milosevic lui-même qui avait supprimé à partir de 1989 l’autonomie de la province du Kosovo, première cible d’une politique nationaliste qui allait largement contribuer à l’éclatement de la Yougoslavie fédérale. Dix ans après, le numéro un yougoslave est sommé de reconnaître au Kosovo une «autonomie substantielle», dans un délai de trois semaines et sous une énorme pression diplomatique et militaire. Le plan intérimaire que le Groupe de contact (Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie) veut faire endosser par les autorités yougoslaves et par les représentants albanais du Kosovo va beaucoup plus loin que ce que Belgrade se disait prêt à accorder. Il est fondé sur un projet américain que Belgrade avait rejeté en décembre, lors d’une réunion du président serbe Milan Milutinovic avec des représentants de petites minorités ethniques vivant dans la province. Le motif avancé était que le projet, présenté par le médiateur américain Christopher Hill, visait à faire du Kosovo «un État pour les Albanais», qui constituent environ 90 pour cent de la population de la province. M. Milutinovic avait réuni à Belgrade des représentants de ces minorités, Turcs, musulmans (non-albanais), roms, Égyptiens, Goranci (Serbes islamisés) et des responsables de partis albanais mineurs et loyaux au pouvoir serbe. Deux semaines plus tôt, il leur avait fait approuver un projet d’«auto-administration» du Kosovo dans le cadre de la Constitution. Dans ses propositions, le Groupe de contact demande au contraire que la législation serbe et fédérale soit harmonisée avec l’accord intérimaire sur le Kosovo qu’il veut amener les deux parties à signer. Le plan du Groupe de contact contient d’autres dispositions difficilement acceptables pour Belgrade, dont certaines affectent la souveraineté de la Serbie. Il prévoit ainsi que les frontières du Kosovo ne peuvent être modifiées et que l’état d’urgence ne peut être proclamé dans la province sans l’accord des instances suprêmes du Kosovo. Les implications du plan n’ont pas échappé au chef modéré des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova. «L’indépendance est la solution optimale, et l’accord donne les moyens d’atteindre ce but», a-t-il déclaré à l’hebdomadaire britannique «The Independent on Sunday». Après l’éclatement du conflit au Kosovo en février 1998, M. Milosevic avait fait rejeter par voie de référendum toute participation étrangère au règlement de la crise, avant de faire une première série de concessions. En octobre, sous la menace de frappes aériennes de l’Otan, le numéro un yougoslave avait dû accepter le déploiement au Kosovo d’une mission de vérification de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ainsi que le contrôle de la situation dans la province par des avions de l’Alliance atlantique. À présent, la communauté internationale exige la tenue de pourparlers sur le Kosovo à l’étranger, avec obligation de résultats. Pour le moment, M. Milosevic laisse planer l’incertitude sur la participation de Belgrade aux pourparlers convoqués pour vendredi par le Groupe de contact à Rambouillet, près de Paris. Mais il n’a pas fermé la porte. Et le chef de la mission de l’OSCE au Kosovo, le diplomate américain William Walker, a estimé dans une interview à la BBC qu’«en dernière analyse, Milosevic dira oui».
Le président yougoslave Slobodan Milosevic est poussé dans ses derniers retranchements par la communauté internationale, qui exige de lui des concessions de taille pour régler la crise au Kosovo. C’est M. Milosevic lui-même qui avait supprimé à partir de 1989 l’autonomie de la province du Kosovo, première cible d’une politique nationaliste qui allait largement contribuer à l’éclatement de la Yougoslavie fédérale. Dix ans après, le numéro un yougoslave est sommé de reconnaître au Kosovo une «autonomie substantielle», dans un délai de trois semaines et sous une énorme pression diplomatique et militaire. Le plan intérimaire que le Groupe de contact (Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie) veut faire endosser par les autorités yougoslaves et par les représentants albanais du Kosovo va...