Dans la jungle du nouveau Berlin, deux agences pas tout à fait comme les autres, proposant l’une amants et maîtresses pour gens mariés, l’autre la réconciliation aux couples en crise, ont fait leur apparition. «Bonjour, ici la première agence berlinoise d’escapades, que puis-je faire pour vous?» décline Christa Appelt, avec la même voix imperturbable, à chaque coup de fil, en naviguant d’un téléphone à l’autre. Passées quelques amabilités d’usage, la deuxième réplique rituelle ne tarde pas à suivre: «Êtes-vous marié ?». Si «oui», le client modèle est au bout du fil. Directrice d’une agence matrimoniale, Mme Appelt s’est fait depuis peu une seconde spécialité, mettre en contact des gens qui ne veulent surtout pas s’engager dans du long terme, mais simplement avoir du bon temps. «Mes clients sont en général mariés. Il n’y va pas toujours uniquement de sexe. Souvent, ils cherchent l’ami(e) fidèle qu’ils ne trouvent pas dans leur couple», explique-t-elle. Le candidat à l’escapade, homme ou femme, reçoit quand il appelle l’agence un à trois numéros de téléphone piochés dans le fichier maison. À lui ensuite de jouer. «Certains appellent ici quatre à cinq fois par semaine. Cela ne veut pas dire qu’ils rencontrent quatre ou cinq femmes par semaine», souligne Mme Appelt, 44 ans, dans son bureau du quartier de Schoeneberg, au centre de Berlin. Messieurs les candidats à l’aventure sont priés de se présenter une fois à l’agence. «Cela permet de filtrer les alcooliques, les gens pas soignés», précise Mme Appelt. Pour les femmes, en revanche, un simple coup de fil suffit à entrer dans le jeu. Un des portables soigneusement alignés sur son bureau retentit déjà de nouveau. «Vous comprenez, avec mon mari, nous sommes devenus comme frère et sœur. Pour le reste, il a des petites amies...», raconte Barbara, la cinquantaine, au bord de la crise de nerfs. L’agence lui communique aussitôt trois numéros susceptibles de faire son bonheur. Femmes réticentes Le service s’élève à 148 euros (168 dollars) par trimestre ou 185 euros (210 dollars) par semestre pour les clients masculins. L’intéressé peut ensuite appeler l’agence à volonté. Les femmes, en revanche, n’ont rien à payer. Sans ce petit plus, l’agence n’aurait tout simplement pas assez de dames dans son fichier, concède Mme Appelt. «Les femmes ont plus de réticences, elles ne paient pas volontiers», explique-t-elle. Discrétion oblige, chaque client n’indique que prénom, numéro de téléphone, mensurations, profession et hobbies. Pas d’adresse et pas de nom de famille. La paix des ménages reste sacrée, autant que faire se peut. Si par malheur le conjoint a vent de ces escapades et que la crise conjugale éclate, Adelheid Schneider, reine de la réconciliation, peut toujours venir à la rescousse. Depuis deux ans, l’agence «Aide à la réconciliation», première du genre en Allemagne, s’efforce de jouer les médiateurs pour raccommoder couples, relations parents-enfants et amitiés en détresse. «Beaucoup de gens n’arrivent tout simplement pas à faire le premier pas après une dispute. Je suis là pour les aider», explique Mme Schneider, 57 ans, ancienne assistante médicale et apprentie psychologue. Là aussi, un simple coup de fil suffit. L’intéressé en quête de réconciliation lui expose la source de son problème et étudie avec elle les «moyens d’intervention», sous forme de lettres ou d’appels téléphoniques. Le partenaire réagit parfois très mal. «Il arrive qu’on me raccroche au nez», dit-elle. Si le cas est désespéré, Mme Schneider renvoie les honoraires qu’elle a perçus, soit 50 euros (57 dollars) par affaire. Dans 40% des cas, toutefois, la réconciliation est au bout du chemin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans la jungle du nouveau Berlin, deux agences pas tout à fait comme les autres, proposant l’une amants et maîtresses pour gens mariés, l’autre la réconciliation aux couples en crise, ont fait leur apparition. «Bonjour, ici la première agence berlinoise d’escapades, que puis-je faire pour vous?» décline Christa Appelt, avec la même voix imperturbable, à chaque coup de fil, en naviguant d’un téléphone à l’autre. Passées quelques amabilités d’usage, la deuxième réplique rituelle ne tarde pas à suivre: «Êtes-vous marié ?». Si «oui», le client modèle est au bout du fil. Directrice d’une agence matrimoniale, Mme Appelt s’est fait depuis peu une seconde spécialité, mettre en contact des gens qui ne veulent surtout pas s’engager dans du long terme, mais simplement avoir du bon temps. «Mes clients...