Municipales : polémique après le rejet de nombreux réformateurs
le 01 février 1999 à 00h00
Le rejet de nombreux candidats proches du président réformateur iranien Mohammad Khatami pour les élections municipales prévues fin février a provoqué une vive polémique à l’approche de cette échéance politique importante. Le ministre de l’Intérieur Abdolvahed Moussavi-Lari a vivement protesté après le rejet d’un «nombre notable de candidats», la plupart proches du président, par un organisme de surveillance électorale dominé par les conservateurs. Les factions réformatrices et conservatrices du régime iranien se livrent depuis plusieurs semaines une véritable bataille pour la supervision de ces élections prévues le 26 février, les premières du genre en Iran. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par un proche du chef de l’État, a mis en place des «Conseils exécutifs» chargés d’examiner les dossiers de candidature et d’organiser des scrutins. Mais leurs décisions doivent être avalisées par des «Conseils de supervision», puis à l’échelon national par un «Conseil central de supervision», désignés par le Parlement à dominante conservatrice. Le ministère de l’Intérieur a protesté contre le fait que les conseils désignés par le Parlement s’arrogent un pouvoir de rejet des candidats sur des bases politiques, outrepassant leurs pouvoirs de surveillance du bon déroulement du scrutin. Les conservateurs rejettent ces accusations comme «infondées» et affirment que le ministère de l’Intérieur veut «politiser» le scrutin municipal. La liste définitive des candidats éligibles doit être publiée le 4 février prochain, selon le ministère. La gauche radicale et les modérés, dont l’alliance avait permis la victoire du président Khatami en mai 1997, veulent faire de ce scrutin une nouvelle manifestation populaire en faveur du changement et des réformes. Les conservateurs en revanche entendent s’en servir pour renforcer leurs relais locaux, qu’il s’agisse du clergé traditionaliste ou des réseaux commerciaux du bazar. Présélection des candidats La préparation de ces élections a creusé l’abîme entre les deux principales factions du régime, qui saisissent toutes les occasions pour tenter de renforcer leur influence. La pratique de la présélection de candidats par des organismes censés de veiller à leur loyauté idéologique avait déjà permis aux conservateurs de garder le contrôle en octobre dernier d’un organisme politico-religieux, élu au suffrage universel, chargé de désigner le Guide suprême du pays, actuellement l’ayatollah Ali Khamenei. Le climat d’extrême confusion et de rivalités inter-factionnelles qui entoure le scrutin municipal semble d’ores et déjà avoir nui à la mobilisation populaire. L’objectif d’un million de candidats évoqué par le gouvernement est loin d’être atteint, le nombre des candidatures recueillies étant finalement de près de 330 000, dont 5 000 femmes, pour 200 000 sièges de conseillers municipaux. Les élections municipales sont prévues dans la Constitution iranienne adoptée en 1980, mais aucun scrutin n’avait encore été organisé. Les maires étaient jusqu’à présent désignés par le ministère de l’Intérieur ou ses représentants locaux. Les candidats doivent être âgés de 25 ans au moins, savoir lire et écrire, avoir un casier judiciaire vierge et ne pas être sympathisants de l’ancien régime impérial. Ils doivent en revanche reconnaître la Constitution de la République islamique et reconnaître la primauté d’un Guide religieux sur les institutions du régime.
Le rejet de nombreux candidats proches du président réformateur iranien Mohammad Khatami pour les élections municipales prévues fin février a provoqué une vive polémique à l’approche de cette échéance politique importante. Le ministre de l’Intérieur Abdolvahed Moussavi-Lari a vivement protesté après le rejet d’un «nombre notable de candidats», la plupart proches du président, par un organisme de surveillance électorale dominé par les conservateurs. Les factions réformatrices et conservatrices du régime iranien se livrent depuis plusieurs semaines une véritable bataille pour la supervision de ces élections prévues le 26 février, les premières du genre en Iran. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par un proche du chef de l’État, a mis en place des «Conseils exécutifs» chargés d’examiner les...
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