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Actualités - Chronologie

Martina Hingis pour la troisième fois (photos)

La Suissesse Martina Hingis (N°2) a remporté pour la troisième année de suite le simple dames des Internationaux d’Australie de tennis en battant la Française Amélie Mauresmo, 29e mondiale, 6-2, 6-3, en 67 minutes, samedi, à Melbourne. Mauresmo, 19 ans, a été victime de son inexpérience, mais aussi de la superbe défense de la Suissesse, qui n’a peut-être plus le jeu magique de ses débuts, mais a marqué de nouveau le tournoi de son empreinte. La victoire d’une joueuse qui participait à sa première finale d’un tournoi du Grand Chelem, la deuxième dans toute sa carrière après celle, également perdue en mai 1998, à Berlin, aurait tenu du prodige. Championne exceptionnelle, Hingis comptait en effet déjà quatre victoires dans un des quatre tournois majeurs, plus une finale à Roland-Garros, en 1997. Qui plus est, elle n’entendait pas céder sa place au palmarès. «J’étais un peu tendue. Je n’ai d’ailleurs jamais été relâchée et je suis déçue de n’avoir pas joué à mon maximum, a regretté Mauresmo. Je me suis un peu précipitée au début. Dans le deuxième set, cela allait mieux, mais il était un peu trop tard. Dans mes matches précédents, j’avais mieux construit mes points». Bon tennis d’attaque Perdant son service dès le premier jeu, elle ne passa que 38 % de ses premières balles de service dans le premier set, au cours duquel elle ne bénéficia d’aucune balle de break. Souvent un peu courte sur les balles savamment placées de la Suissesse, elle tira rarement profit de la faiblesse de la deuxième balle de service de celle-ci, dont la vitesse descendit pourtant jusqu’à 102 km/h. Dans la deuxième manche, le pourcentage des premières balles de service de Mauresmo s’éleva à 51 %. Ce qui ne l’empêcha de céder de nouveau son service d’entrée. Mais cette fois-ci, elle se procura ses premières balles de break aussitôt après, laissa passer les trois à 0-40, en obtint une quatrième grâce à une accélération de coup droit et la concrétisa en forçant Hingis à jouer un revers trop long. Cela lui donna l’occasion de mener brièvement 2-1 dans le jeu suivant. Après une égalisation à 2-2, Hingis devait lui infliger un double break auquel elle ne put répliquer qu’une seule fois, entre les deux pertes de son service. Bien positionnée par rapport à la balle, la Française avait alors retrouvé un très bon tennis d’attaque. Mais la Suissesse, excellente en défense depuis le début, accomplissait des prouesses pour éviter un troisième set. Comme Graf et Seles Le huitième jeu marqua à ce sujet un sommet. Menée 0-40 sur son service, Hingis parvint en effet à égaliser avec une amortie à partir de sa ligne de fond, puis un retour hors du carré et une faute directe en revers de Mauresmo. On mesura là combien, même en accusant une légère fatigue, la Suissesse était capable d’élever toujours le niveau de son jeu pour dominer celui de son adversaire. Un revers croisé sur un formidable coup droit d’attaque de Mauresmo, puis un point gagnant au terme d’un long échange au cours duquel elle avait donné l’impression d’être battue, lui assurèrent l’avantage. «Elle fait beaucoup de balles liftées et on a toujours une chance de reprendre de telles balles. Alors que des joueuses comme Seles ou Davenport, ou même comme Pierce, vous tuent. Amélie, non !», commenta-t-elle. Il lui fallut cependant sept balles de match pour conclure, Mauresmo réussissant deux aces et expédiant deux boulets sur la ligne pour essayer d’éviter de succomber. Hingis, 18 ans, ne retrouvera pas la place de N°1 qu’elle a perdue le 11 octobre dernier. Mais avec trois victoires de suite, elle a fait aussi bien que l’Allemande Steffi Graf de 1988 à 1990 et l’Américaine Monica Seles de 1991 à 1993. Et un chèque de 679 000 dollars australiens (430 000 US dollars) viendra arrondir son compte en banque déjà coquet. Lionel Jospin à Amélie Mauresmo : «Vous méritiez la victoire» Le Premier ministre Lionel Jospin a félicité samedi Amélie Mauresmo pour sa performance aux internationaux d’Australie et considéré, dans un télégramme, qu’elle méritait la victoire. «Vous méritiez la victoire», écrit M. Jospin. «Je souhaite vous adresser mes très vives félicitations pour votre formidable parcours dans le tournoi de Melbourne», écrit le Premier ministre. «Il ne vous a manqué que très peu de chose pour parvenir à la victoire finale. Mais, votre talent, votre courage, la force de votre caractère constituent des signes tangibles que vous êtes promise à un bel avenir». «Vous méritiez la victoire. Elle vous a échappé aujourdhui mais je suis sûr qu’elle vous sourira demain». Déclarations Martina Hingis (Sui/vainqueur d’Amélie Mauresmo) : «Cela n’aurait pas pu mieux se passer et nous avons fait toutes les deux un grand match. Le dernier jeu n’en finissait plus ! Elle a réussi des grands coups sur les balles de match. Cela n’aurait pas été la première fois qu’elle aurait gagné après avoir eu des balles de match contre elle. Mais dans l’ensemble, j’ai fait des points importants quand il le fallait vraiment. Elle a un gros potentiel et on ne sait pas ce qui se passera la prochaine fois. J’étais très concentrée dès le début et je l’ai prise plus au sérieux que les deux fois où j’avais joué contre elle. Elle était certainement plus forte que moi physiquement, mais en tennis, l’esprit est parfois plus fort que tout le reste...» Amélie Mauresmo (Fra/battue par Martina Hingis) : «Il m’a manqué l’expérience qu’elle avait à ce niveau. Pourtant, je n’étais pas du tout tendue avant le match. Mais quand on a commencé à jouer, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il s’agissait d’une finale du Grand Chelem. J’ai laissé passer quelques bonnes occasions. Mais je pense avoir fait un match assez solide tout de même. De son côté, elle a fait un grand match. Elle a été très bonne en défense. Après mon match contre Davenport, j’étais un peu fatiguée. Si j’avais gagné le deuxième set, le résultat du match aurait peut-être été différent. J’ai sans doute un peu manqué de patience au début et j’aurais dû monter plus souvent au filet. Mais je me suis battue jusqu’au bout. Sur les balles de match, j’y croyais. Elle commençait à baisser un tout petit peu, mais continuait de bien jouer malgré tout. Maintenant, je me sens vidée physiquement et mentalement après toutes ces émotions». Christian Bimes (président de la Fédération française de tennis) : «C’est un résultat magnifique qui ne doit rien au hasard, car nos filles obtiennent de très bons résultats depuis quelque temps. Je pense qu’Amélie Mauresmo gagnera un tournoi du Grand Chelem avant longtemps et même qu’elle a l’étoffe d’une future N°1 mondiale. J’espère que sa victoire dans un tournoi du Grand Chelem interviendra à Roland-Garros dès cette année. En tout cas, nous avons désormais avec elle une équipe capable de gagner la Fed Cup. Mary Pierce, qui avait dit qu’elle n’y participerait pas cette année, pourrait, selon ce qu’elle m’a dit, reconsidérer sa position». Le tennis français s’est découvert une grande championne Avec Amélie Mauresmo, le tennis français s’est découvert une grande championne, à l’occasion des Internationaux d’Australie, qui ont pris fin dimanche. «Depuis que j’ai commencé à jouer toute petite, j’ai toujours rêvé de gagner un tournoi du Grand Chelem. Je savais que cette possibilité se présenterait un jour, mais je ne savais pas que ce serait aussi tôt. Quand j’ai sauvé deux balles de match contre l’Américaine Corina Morariu au premier tour, mon entraîneur m’a dit que, quand on commençait comme ça, on gagnait généralement le tournoi. Ce sera pour une autre fois», a-t-elle raconté. Éliminée l’année dernière au troisième tour par Venus Williams, elle aurait déjà pu se signaler si le tapage médiatique mené autour de la jeune Américaine ne l’avait davantage impressionné que son tennis sommaire. Sa sélection pour la demi-finale Suisse-France de la Fed Cup, voulue par Yannick Noah, lequel avait déterminé sa vocation quand elle l’avait vu gagner Roland-Garros à la télévision, en 1983, marqua ensuite une étape importante dans sa carrière. Future N°1 mondiale ? Elle fut suivie de sa rencontre avec Sylvie Bourdon, devenue son amie, rencontre heureuse qui lui a fait dire : «Je n’ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie». À quoi son nouvel entraîneur, Christophe Fournerie, devait ajouter, en très peu de temps, un plus technique à sa palette déjà très complète, en misant sur la puissance. «Elle peut encore améliorer son jeu. Ce qu’il y a de bien avec elle, c’est qu’il suffit de parler d’un détail pour que le lendemain, ce soit réglé», assure celui-ci. Quant au président de la Fédération française, Christian Bimes, il s’est risqué à avancer : «Si Hingis et Davenport ont cherché à la déstabiliser avec leurs déclarations, c’est qu’elles la craignent déjà. C’est sans doute une future N°1 mondiale». Notamment à propos de son revers à une main et de ses déplacements, n’a-t-on pas entendu dire et répéter qu’on n’avait jamais vu une fille jouer comme ça. La Suissesse Martina Hingis est évidemment plus réservée. Une championne futuriste, Mauresmo ? Elle n’y croit pas ! «On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Il faut voir comment l’Australienne Jelena Dokic (15 ans), la Russe Elena Dementieva (17 ans) et même sa compatriote Nadejda Petrova (16 ans) ont déjà joué dans ce tournoi. Il faut voir ce qu’elles font. Ça c’est l’avenir, pas Amélie ! Dans deux ou trois ans, elle aura sans doute pas mal progressé. Mais pas au point d’incarner le futur. L’avenir, ce sont les juniors», a soutenu l’ancienne N°1 mondiale.
La Suissesse Martina Hingis (N°2) a remporté pour la troisième année de suite le simple dames des Internationaux d’Australie de tennis en battant la Française Amélie Mauresmo, 29e mondiale, 6-2, 6-3, en 67 minutes, samedi, à Melbourne. Mauresmo, 19 ans, a été victime de son inexpérience, mais aussi de la superbe défense de la Suissesse, qui n’a peut-être plus le jeu magique de ses débuts, mais a marqué de nouveau le tournoi de son empreinte. La victoire d’une joueuse qui participait à sa première finale d’un tournoi du Grand Chelem, la deuxième dans toute sa carrière après celle, également perdue en mai 1998, à Berlin, aurait tenu du prodige. Championne exceptionnelle, Hingis comptait en effet déjà quatre victoires dans un des quatre tournois majeurs, plus une finale à Roland-Garros, en 1997. Qui plus est,...