Après une toute petite année loin des parquets, l’entraîneur Phil Jackson, l’homme qui a fait Chicago au cours de la dernière décennie, a repris du service passant des Bulls aux Lakers de Los Angeles. La patience de maître zen n’a, paraît-il, aucune limite. Dès lors, les détracteurs de Jackson attendent impatiemment de voir si la fameuse attaque en triangle du coach barbu dispose d’une quelconque chance de réussite entre les mains des turbulents californiens. Phil Jackson qui a emmené avec lui tout son aéropage d’assistants, a très tôt fait connaître son intention d’appliquer sur la côte Ouest les principes de jeu qui ont fait sa gloire au bord du lac Michigan. Mais le contexte est évidemment très différent et Jordan n’est plus là pour transformer en or chaque balle touchée. Qu’importe ! Le nouvel entraîneur des Lakers, qui a révélé avoir refusé des offres mirobolantes des Knicks de New York et des Nets du New Jersey, ne tarit pas d’éloges pour l’instant sur ses deux principales stars. «C’est une chance de pouvoir utiliser l’attaque en triangle avec un superbe pivot tel que Shaquille O’Neal. Shaq va devoir travailler ses lancers-francs car cela affecte le reste de son jeu, mais il a tout pour devenir le meilleur joueur du championnat». «Jusqu’à présent, il n’a pas joué aussi bien qu’il le peut. Quant à Kobe Bryant, c’est un gosse sans éducation. Mais il n’a que 20 ans, un talent terrible et peut jouer à quatre postes différents! Il a une grande soif d’apprendre et deviendra un joueur capital». Si Jackson parvient à mettre tout ce beau monde en état de marche, et à calmer les nerfs de O’Neal déjà expulsé deux fois depuis le début de la saison, les Lakers feront peut-être mieux que ces dernières saisons, terminées sur de sévères raclées en play-offs. Sinon, l’ancien gourou des Bulls repartira pêcher le saumon en Alaska avec Charlie et Ben, ses deux fils jumeaux, ou continuera à donner un coup de main à son ami Bill Bradley (ancien joueur de New York), candidat à la présidence des États-Unis. Malone sur les traces de Jordan Les Jazz sont vieillissants et n’ont plus guère la cote auprès des pronostiqueurs lesquels voient, au mieux, la franchise de l’Utah se glisser dans le trio de tête de la redoutable Conférence Ouest en fin de saison régulière. Mais, à 36 ans, et malgré un dos douloureux qui l’a privé de plusieurs rencontres de présaison, Karl Malone n’en est pas moins parti pour décrocher de nouveaux lauriers individuels. Le Mailman vient en effet de porter son total de points à plus de 29 000 unités depuis le début de sa carrière en NBA (14 saisons). À ce train d’enfer, le MVP (meilleur joueur) du dernier championnat va dépasser un certain Michael Jordan, qui s’est arrêté pour l’éternité à 29 077 points, et deviendra le troisième meilleur marqueur de toute l’histoire de la NBA. En tête de ce classement légendaire, on trouve deux intouchables : l’immense Kareem Abdul-Jabbar, qui trône à jamais au premier rang du haut de ses 38 387 points, et «l’échassier» Wilt Chamberlain (29 077 points) tout récemment disparu. Les Européens en force Le contingent des représentants du continent européen en NBA n’a jamais compté autant de membres. Ils sont actuellement 19 à fouler les parquets de la Ligue américaine, 15 d’entre eux obtenant régulièrement du temps de jeu. Seul Français du lot, Tariq Abdul-Wahad, transféré de Sacramento à Orlando, cohabite avec treize autres nationalités (de la Hongrie à la Hollande, en passant par la Georgie), dont six joueurs issus des différents pays de l’ex-Yougoslavie. Parmi eux se trouve par exemple le jeune intérieur slovène Radislav Nesterovic très en vue actuellement avec les Minnesota Timberwolves, l’une des équipes en forme de ce début de saison. À noter que trois de ces joueurs européens évoluent tous dans une franchise candidature au titre cette saison. Il s’agit des Trailblazers de Portland avec le Lituanien Arvydas Sabonis, l’Allemand Detlef Schrempf et, dans une moindre mesure, le Russe Nikita Morgunov.
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