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Actualités - Chronologie

Pour la Turquie, un test et une consécration

La tenue à Istanbul du sommet de l’Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) les 18 et 19 novembre est à la fois un test et une consécration pour la Turquie sur la scène internationale, où elle essuie souvent des avanies pour ses violations des droits de l’homme. Le «dernier sommet du millénaire», comme le décrivent les Turcs, sera le premier d’une telle ampleur à se dérouler en Turquie, en présence d’une cinquantaine de chefs d’État ou de gouvernement. Son déroulement dans la métropole a été décidé malgré les réticences de plusieurs pays, comme l’Arménie, liées notamment à la situation des droits de l’homme, mais, depuis, «la Turquie a fait de gros efforts dans ce domaine», selon une source diplomatique proche de l’OSCE. «Il s’agit à présent pour la Turquie de prouver sa capacité d’organisation et d’essayer de vendre l’image d’un pays moderne, au moment où le monde entier aura les yeux braqués sur elle», relève un diplomate occidental à Ankara. Rien ne sera laissé au hasard en matière de sécurité, dans un pays régulièrement frappé par des attentats et en proie à un conflit avec la rébellion kurde dans le sud-est qui dure depuis 15 ans. Le sommet va prouver au monde entier que la Turquie est un pays «sûr», a assuré le ministre du Tourisme Erkan Mumcu. 12 000 policiers seront déployés dans les quartiers accueillant la réunion et ses participants, Sisli, Besiktas et Beyoglu, dans la partie européenne. Sans compter les 13 000 autres en faction dans le reste de la ville et 8 000 gendarmes prêts à intervenir, selon le gouverneur d’Istanbul, Erol Cakir. Dans un autre domaine, il y a cependant naturellement le risque d’éventuelles répliques au fort séisme qui a frappé non loin d’Istanbul vendredi, faisant plus de 300 morts. Le sommet d’Istanbul, métropole de 10 millions d’habitants à cheval sur l’Europe et l’Asie, est l’occasion de rappeler l’importance géostratégique de la Turquie, voisine qui plus est d’un Caucase troublé dont l’ombre planera sur les discussions. L’OSCE est aussi impliquée dans le règlement d’un conflit qui touche de près la Turquie : le Nagorny-Karabakh, enclave indépendantiste arménienne en Azerbaïdjan, proche allié d’Ankara. La Turquie n’entretient pas de relations diplomatiques avec Erevan en raison de ce conflit. Le président azerbaïdjanais, Heydar Aliev, a déclaré à Bakou qu’il signerait à Istanbul avec l’Arménie une déclaration incluant des «principes généraux» sur le conflit. Les relations entre la Turquie et l’Union européenne seront abordées lors d’un déjeuner donné le 19 par Ismail Cem, le ministre turc des Affaires étrangères, à ses homologues des Quinze, à moins d’un mois du sommet européen d’Helsinki où la Turquie espère décrocher le statut de candidat. L’UE le lui avait refusé en 1997, notamment en raison de ses carences en matière de droits de l’homme. Mais l’amélioration spectaculaire des relations turco-grecques, avec la récente ouverture d’un dialogue voulue par M. Cem et son homologue grec Georges Papandréou, a contribué à modifier la donne. Ce dialogue a jusqu’ici exclu les sujets brûlants comme Chypre, l’île divisée depuis l’occupation de son tiers nord par la Turquie en 1974 à la suite d’un coup d’État fomenté par les ultranationalistes pro-grecs. Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, mandaté par le conseil de sécurité pour relancer un dialogue direct et sans conditions entre communautés grecque et turque de l’île, sera présent au sommet.
La tenue à Istanbul du sommet de l’Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) les 18 et 19 novembre est à la fois un test et une consécration pour la Turquie sur la scène internationale, où elle essuie souvent des avanies pour ses violations des droits de l’homme. Le «dernier sommet du millénaire», comme le décrivent les Turcs, sera le premier d’une telle ampleur à se dérouler en Turquie, en présence d’une cinquantaine de chefs d’État ou de gouvernement. Son déroulement dans la métropole a été décidé malgré les réticences de plusieurs pays, comme l’Arménie, liées notamment à la situation des droits de l’homme, mais, depuis, «la Turquie a fait de gros efforts dans ce domaine», selon une source diplomatique proche de l’OSCE. «Il s’agit à présent pour la Turquie de...