Le calme a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth consécutivement à la contraction aussi bien de l’offre que de la demande du dollar. Dans ce contexte, la Banque du Liban (BDL) devait rester encore une fois en dehors du négoce malgré qu’elle s’était déclarée prête à l’acheter à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, pour le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. De leur côté, les établissements de crédit de la place ont été amenés à négocier pratiquement le billet vert à des cours légèrement supérieurs au bas de la fourchette d’intervention de la BDL, entre 1 501,00 et 1 502,00 LL après un départ entre 1 501,50 et 1 502,50 LL, ont indiqué les cambistes. Toutefois, le marché a ralenti son activité avec comme corollaire quelque sept millions de dollars seulement échangés hier par les banques à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL directement ou indirectement. Dollar légèrement soutenu à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est légèrement repris hier sur les marchés des changes internationaux, dans le sillage de Wall Street et alors que le yen a pâti d’un nouveau plan de relance japonais plus important que prévu, mais dont le contenu a déçu les économistes. Le marché américain des valeurs mobilières et, par répercussion, le dollar ont vite digéré l’annonce mercredi d’une progression plus forte que prévu de l’indice de base des prix à la production aux États-Unis le mois dernier, qui semble augmenter la probabilité d’une hausse prochaine des taux d’intérêt américains. La reprise de Wall Street et du billet vert s’explique par le fait que, quelle que soit la décision du comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed) mardi prochain, elle sera probablement positive pour le dollar, estime-t-on dans les milieux cambistes. Si la Fed ne fait rien, le marché des actions montera, si elle relève ses taux d’un quart de point en pourcentage à 5,50 %, le marché montera quand même, car la probabilité d’une nouvelle hausse à court terme sera réduite, affirme-t-on dans ces mêmes milieux. L’indice des ventes de détail le mois dernier aux États-Unis, qui doit être publié aujourd’hui, sera la dernière statistique la plus suivie avant la réunion de la Fed mardi prochain. C’est ainsi que, malgré une reprise en fin de journée, le yen s’est quand même négocié en baisse face au dollar. La devise japonaise s’est brièvement dépréciée au-delà des 105 yens pour un dollar en début d’échanges en dépit de l’annonce d’un plan de relance de 18 000 milliards de yens (l’équivalent de 171 milliards de dollars), plus important qu’annoncé initialement. Les économistes ont ainsi marqué leur déception face au volume de nouvelles dépenses prévu par le plan qui sera de 6 500 milliards de yens (6,19 milliards de dollars), soit exactement ce qu’avait prévu le marché. L’euro et le sterling sont demeurés sous pression aussi dans une atmosphère très calme et dépourvue de motivations, alors que la journée d’hier était fériée aux États-Unis pour le Veteran’s Day et en Europe pour la fête de l’Armistice. Finalement, le dollar s’est négocié à Londres sur un ton soutenu comme suit : – 1,0410 pour un euro contre 1,0437, la veille à New York – 1,6230 pour un sterling contre 1,6275 – 1,8790 DM contre 1,8710 – 6,3015 FF contre 6,2745 – 1,5450 FS contre 1,5395 – 1 860,00 lires contre 1 852,10 – 104,85 yens contre 104,65. Bourse de Beyrouth : marché toujours déprimé À la Bourse de Beyrouth, toujours désertée par les opérateurs, la tendance a été déterminée hier par la légère hausse des actions au porteur des Ciments blancs de 1 3/4 à 1 13/16 dollar dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé de 0,07 % à 74,06 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 177,00 points. Cette évolution s’est produite hier dans un volume d’affaires très mince avec au total 25 185 actions négociées d’une valeur globale de 77 430 dollars. Irrégularité de Wall Street Sur les autres places financières internationales, Wall Street a éprouvé quelques difficultés à s’engager dans une direction déterminée hier, au lendemain de l’annonce d’une hausse plus forte que prévu de l’indice de base des prix à la production aux États-Unis en octobre et à la veille de la publication aujourd’hui des chiffres de ventes de détail pendant la même période, qui sera la dernière statistique avant la réunion mardi prochain du comité de l’open market de la Fed. C’est ainsi que dans la crainte d’un éventuel resserrement monétaire, certains opérateurs ont estimé devoir prendre les gains que leur procurait la récente hausse de la cote américaine après l’ouverture, notamment dans le secteur de la haute technologie et de l’Internet. Ce mouvement, qui s’est déroulé dans un marché partiellement déserté par les boursiers en raison du chômage officiel à l’occasion du Veteran’s Day, ne tardait pas à frapper l’ensemble de la cote d’hésitation. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû irrégulièrement osciller entre un plus haut à 10 643,93 points et un plus bas à 10 543,92 points, avant d’afficher en préclôture 10 601,41 points, réduisant ses gains à 3,67 points sur la veille. Fermeté des Bourses européennes avec les technologiques Les valeurs technologiques, celles des télécoms principalement, ont conduit jeudi une nouvelle et nette hausse des marchés boursiers européens, dont la vigueur s’est trouvée encouragée par l’assez bonne orientation initiale de Wall Street, les inquiétudes sur les taux étant maintenant reléguées au second plan. Toutefois, les bancaires ont subi des pressions à la baisse tandis qu’après avoir atteint son plus haut depuis 34 mois, le pétrole s’est replié un peu, tout en restant fondamentalement très ferme. L’indice français CAC 40 a terminé sur un plus haut historique, bien au-dessus de la barre symbolique des 5 000 points, à 5 132,08, son dixième record en clôture. Des records ont également été enregistrés à Stockholm et Helsinki. À Francfort, le DAX dépassait les plus hauts atteints en juillet et, à Londres, le FTSE était dopé par la vigueur des valeurs des télécoms. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a terminé sur une hausse de 1,43 %, à 1 400,26, son troisième record de clôture consécutif, tandis que l ’Euro STOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro a affiché un gain de 1,56 %, à 4 140,58, son sixième record en autant de séances. La plus forte hausse a été celle de 1,62 % du FTSE à Londres, suivie par celles de Paris (1,59 %), Madrid (1,38 %), Francfort (1,04 %) et Milan (0,81 %). Les transactions sur la Bourse suisse ont dû être écourtées en raison de problèmes techniques, le SMI gagnant alors 0,84 %. Il n’y a pas eu de transactions à Bruxelles, en raison du congé de l’Armistice. Au moment de la fermeture des marchés européens, Wall Street conservait une légère avance, dans des échanges peu fournis, en raison du congé partiel du Veteran’s Day. «Je pense que le marché est maintenant engagé dans une phase de hausse qui devrait s’étendre pendant environ un mois», a dit l’analyste Alessandro Delia-Russell, de la Banca Akros à Milan. «Ce sont surtout les taux d’intérêt qui dictent le mouvement, ajoute-t-il. Après le relèvement par la Banque centrale européenne, le marché obligataire est parti de l’avant et les rendements longs ont fortement baissé, et on dirait subitement que les investisseurs ont réalisé que de nombreuses valeurs sont sous-évaluées». L’espoir de nouveaux regroupements et de très bons résultats ont dopé les valeurs des télécommunications. Le britannique Cable & Wireless s’est envolé de 16,75 %, au record de 778 pence, après l’annonce mercredi de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du marché et grâce à un relèvement de la recommandation de Goldman Sachs. Également sur de très bons résultats, British Telecommunications Plc, autre grande valeur du FTSE, a quant à elle gagné 9,15 %. Toujours dans ce même compartiment, Deutsche Telekom a pris 3,50 %, le néerlandais KPN 5,53 %, l’espagnol Telefonica 4,10 % et France Télécom 3,31 %, à un nouveau plus haut historique. À Paris également, les rumeurs de fusion dans les télécoms ont permis à Vivendi de gagner 3,36 %. Selon le Wall Street Journal, le britannique Vodafone envisage une OPA de $100 milliards sur l’allemand Mannesmann. Dans sa Lex Column, le Financial Times cite Mannesmann, British Telecom et Vodafone comme de possibles prédateurs de l’activité télécoms de Vivendi. Mannesmann termine sur une hausse de 2,84 %, mais Vodafone perd 1,17 %. Tokyo : en baisse malgré le plan de relance La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse jeudi, après avoir atteint un plus haut en plus de deux ans en cours de séance, les investisseurs ne manifestant que peu d’enthousiasme vis-à-vis du plan de relance de 18 000 milliards de yens annoncé par le gouvernement. L’indice Nikkei a perdu 240,59 points, soit 1,30 %, à 18 327,28, après avoir atteint 18 659,55, son plus haut en séance depuis le 10 septembre 1997. Le contrat décembre sur Nikkei a cédé 290 points à 18 300. «Les achats se sont limités à des télécoms et des valeurs de la haute-technologie», a dit Hiroshi Sato, de Cosmo Securities Co Ltd. «Sinon, il y a eu beaucoup de ventes dans les industries lourdes – à la fois des prises de bénéfices et des dénouements de participations croisées». L’indice Topix de toutes les valeurs de la première section a clôturé en baisse de 11,51 points à 1 582,52. Le Nikkei 300 a cédé 2,42 points à 303,69.
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