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Actualités - Chronologie

Hooliganisme L'Allemagne tourne la page douloureuse de l'affaire Nivel

En condamnant lourdement quatre agresseurs du gendarme Daniel Nivel, la Cour d’assises d’Essen a clos un dossier douloureux pour les Allemands, qui ont suivi avec émotion les rebondissements de l’affaire depuis un an et demi. Elle a infligé pour l’exemple, bien qu’elle s’en défende, entre trois ans et demi et dix ans de prison aux quatre hooligans pour le passage à tabac du gendarme français lors du Mondial 98. L’un pour tentative de meurtre, les autres pour coups et blessures graves en réunion même si, pour l’un, aucun coup direct n’a pu être prouvé. La cour a ainsi lancé «un signal judiciaire», peut-être «le plus important du procès», estimaient des journaux allemands mercredi : «Quiconque se mêle à une meute violente sera condamné si la meute commet des actes criminels, qu’il ait ou non frappé lui-même», affirmait ainsi le Sueddeutsche Zeitung. La pression publique était considérable. Les Allemands, indignés par l’agression sauvage du gendarme français par quatre de leurs compatriotes, inquiets de l’image renvoyée à l’étranger et effarés à l’idée d’un amalgame entre hooliganisme allemand et néo-nazisme, avaient rapidement déboursé plus d’un million de marks de dons en faveur de la famille Nivel. Le tribunal d’Essen a dans l’intervalle reçu nombre de lettres réclamant une sentence impitoyable. Et les témoignages allemands de soutien continuent d’arriver chez les Nivel, près d’un an et demi après l’agression, le 21 juin 1998 à Lens (nord de la France), selon l’épouse du gendarme. Portée par cet immense élan de solidarité, l’affaire Nivel s’est transformée en affaire bilatérale : «Les violences à Lens étaient devenues un thème d’État, sur fond de relations franco-allemandes», estimait mercredi le quotidien Schwaebische Zeitung. Au lendemain du verdict d’Essen, contre lequel plusieurs avocats de la défense comptent se pourvoir devant la Cour fédérale de justice, des voix déploraient toutefois dans les médias allemands une sentence trop clémente, pas assez dissuasive. «Il y a près de vingt ans, quand les photos du passage à tabac en Allemagne d’un policier avaient provoqué l’émoi, le verdict avait été de trois ans et cinq ans et demi. L’occasion pédagogique n’a peut-être alors pas été suffisamment utilisée» puisqu’il y a eu Lens, estimait le Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’effet dissuasif du verdict était au cœur des commentaires, d’autant qu’il est devenu «chic» parmi les supporteurs violents de football d’affirmer qu’ils étaient à Lens ce jour-là, relevait un éducateur spécialiste du milieu hooligan. Et que le championnat d’Europe de football s’ouvre en juin 2000, en Belgique et aux Pays-Bas, où l’ombre du hooliganisme plane sur les stades. Les instances internationales du football savent qu’elles ont «encore beaucoup à faire» pour éviter de nouveaux débordements.
En condamnant lourdement quatre agresseurs du gendarme Daniel Nivel, la Cour d’assises d’Essen a clos un dossier douloureux pour les Allemands, qui ont suivi avec émotion les rebondissements de l’affaire depuis un an et demi. Elle a infligé pour l’exemple, bien qu’elle s’en défende, entre trois ans et demi et dix ans de prison aux quatre hooligans pour le passage à tabac du gendarme français lors du Mondial 98. L’un pour tentative de meurtre, les autres pour coups et blessures graves en réunion même si, pour l’un, aucun coup direct n’a pu être prouvé. La cour a ainsi lancé «un signal judiciaire», peut-être «le plus important du procès», estimaient des journaux allemands mercredi : «Quiconque se mêle à une meute violente sera condamné si la meute commet des actes criminels, qu’il ait ou...