La demande du dollar s’est contractée hier, à Beyrouth, dans un marché où l’offre de cette monnaie se poursuit, parallèlement à une demande accrue de la livre libanaise. Et grâce à l’action de la Banque du Liban (BDL), qui s’est déclarée toujours prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le céder à 1 514,00 LL, le billet vert a pu se maintenir encore une fois de l’ouverture à la clôture au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais, compte tenu de ce changement dans la structure de l’offre et de la demande, le dollar devait se négocier pratiquement à des cours inférieurs à ceux de la veille, entre 1 501,00 et 1 502,00 LL contre 1 503,00 et 1 504,00 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Pourtant, l’activité a ralenti avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque huit millions de dollars entièrement échangés par les banques de la place dans un marché équilibré de lui-même, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Dollar en retrait à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est déprécié hier sur les marchés des changes internationaux dans le sillage de Wall Street, après l’annonce d’une progression plus forte que prévu des prix à la production aux États-Unis le mois dernier, qui semble augmenter la probabilité d’une prochaine hausse des taux d’intérêt américains. Wall Street et, par répercussion, le dollar ont souffert des dernières données économiques américaines révélant une augmentation de 0,3 % de l’indice des prix de base à la production, hors énergie et alimentation qui étaient en baisse en octobre, alors que les analystes tablaient sur une hausse de seulement 0,1 % de cet indicateur. Ce chiffre a été interprété par le marché comme un signe de résurgence des tensions inflationnistes qui rend plus probable un nouveau resserrement monétaire le 16 novembre par le comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed). Mais selon certains experts financiers, la réaction de Wall Street a été exagérée, et bien que l’augmentation des prix à la production ait été plus forte que prévu, elle n’indique pas de risque inflationniste, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux, en faisant remarquer que les attentes en matière de politique monétaire américaine n’avaient pas changé sensiblement à la lumière de ces données. Pourtant, le dollar a fait preuve davantage de vulnérabilité face au yen que face à l’euro, à la veille de l’annonce par le gouvernement japonais de son nouveau plan de relance fiscale. Certains investisseurs estiment que la taille du plan devrait être supérieure à 140 milliards de dollars au moment où le président du patronat japonais, Takashi Imai, faisait savoir hier que le taux de croissance de l’économie nippone pour 1999 pourrait atteindre 1 % au lieu de 0,5 % promis par le gouvernement. Quant à la livre sterling, elle a profité de l’accès de faiblesse du dollar pour se remettre d’un léger fléchissement après la publication dans la matinée du rapport trimestriel sur l’inflation de la Banque d’Angleterre. Cette dernière a prévu que l’inflation britannique descendra l’année prochaine sous 2 %, nettement en dessous de l’objectif officiel, tandis que la croissance s’accélérera pour atteindre 2,5 à 3 % sur les deux prochaines années, des estimations qui semblent écarter toute hausse du loyer de l’argent à court terme. Cela étant, les pressions sur le dollar devaient se ralentir de concert avec le relâchement des dégagements à Wall Street, le faisant négocier à New York comme suit : – 1,0450 pour un euro contre 1,0405, la veille – 1,6275 pour un sterling contre 1,6235 – 1,8715 DM contre 1,8795 – 6,2775 FF contre 6,3030 – 1,5390 FS contre 1,5455 – 1 852,90 lires contre 1 860,65 – 104,60 yens contre 104,95. Bourse de Beyrouth : marché dominé par Solidere À la Bourse de Beyrouth, dont l’activité est restée concentrée sur Solidere, la tendance était à la stabilité hier, la hausse de 6 1/2 à 6 3/3 dollars des actions B de cette société ayant été neutralisée par la baisse dans une même proportion de celles de la catégorie A de 6 1/2 à 6 1/4 dollars. Cela étant, et compte tenu de la stabilité aussi des actions C de la Bank of Beirut à 7 9/16 dollars, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 74,01 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 177,00 points. Pour ce qui est du volume d’affaires de la séance d’hier, il a totalisé 62 091 actions, dont 60 591 actions sur Solidere, d’une valeur globale de 391 678 dollars, dont 377 335 dollars sur Solidere. Baisse de Wall Street après les prix américains à la production Sur les autres places boursières internationales, Wall Street a été tirée à la baisse hier par l’annonce d’une progression plus forte que prévu de 0,3 % de l’indice des prix de bas à la production aux États-Unis le mois dernier, alors que les prévisions des économistes étaient d’une progression non supérieure à 0,1 %. Cette augmentation inattendue de l’indice des prix de base a réveillé les craintes d’un resserrement de la politique monétaire de la Fed lors de la réunion de son comité de l’open market, mardi prochain. Ces craintes ont fait remonter les rendements des obligations du Trésor à 30 ans de 6,067 % la veille à 6,118 % hier, rendant ce genre de placement plus intéressant au détriment des actions. Ainsi, malgré l’entrée triomphale du titre de la société de courrier privé UPS, avec 56 millions d’actions échangées et une hausse de ses cours de 36 %, et l’appréciation des valeurs de la Bourse électronique Nasdaq, la tendance restait à la baisse dans les autres secteurs, notamment les bancaires et les sociétés financières. En effet, l’indice Dow Jones des vedettes industrielles est tombé d’un plus haut à 10 654,63 points à un plus bas à 10 536,27 points, avant d’afficher en préclôture 10 592,53 points, en baisse de 24,79 points sur la veille. Les Bourses européennes bien orientées La hausse plus forte que prévu des prix à la production hors alimentation et énergie en octobre n’a pas réussi à destabiliser les marchés d’actions en Europe qui ont, pour la plupart, terminé en hausse mercredi. Alors que les prix à la production hors alimentation et énergie ont crû de 0,3 % en octobre outre-Atlantique – on attendait +0,1 % –, les marchés européens ont trouvé un soutien dans la belle orientation des pétrolières et des technologiques, dopées par le Nasdaq américain, tout en s’accrochant aux rumeurs de concentration qui touchent de nombreux secteurs. Les prix à la production ont cédé 0,1 % dans leur ensemble en octobre. «Certains craignent que le Nasdaq ne monte trop, mais on ferme les yeux et on achète en pensant qu’on est du bon côté de la barrière», a commenté Philipp Buchli, vice-président des ventes actions à la banque Julius Baer. À Paris, l’indice Cac 40 s’est adjugé 1,09 % et a terminé pour la première fois de son histoire au-dessus des 5 000 points, au terme de son neuvième record de clôture consécutif. À Francfort, le Dax a gagné 0,84 %, et le FTSE 100, 0,18 % à Londres. Madrid a progressé de 0,9 % et Milan de 0,5 %. Le Bel-20 belge a gagné 0,71 %, tandis que les valeurs néerlandaises s’appréciaient de 0,65 % en moyenne et les suisses de 0,22 %. Helsinki, en revanche, a cédé 0,13 %. Quant aux indices multipays, l’Eurotop 300 paneuropéen a gagné 0,3 % tandis que l’EuroSTOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro marquait une hausse plus nette de 0,93 %. Les pétrolières ont poursuivi sur leur lancée, dans la foulée de la hausse des prix du brut qui ont atteint leur plus haut niveau depuis janvier 1997. BP Amoco a gagné 0,9 % à Londres, Royal Dutch/Shell 3,1 % à Amsterdam et 3,7 % à Londres, TotalFina 0,6 % à Paris et Repsol 2 % à Madrid. Tokyo : en nette hausse La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 1,5 % mercredi et atteint son plus haut niveau depuis deux ans grâce à des informations de presse laissant entrevoir que le plan de relance de l’économie attendu jeudi serait plus important que prévu avec 152 milliards de dollars. L’indice Nikkei des valeurs vedettes a progressé de 275,71 points à 18 567,87 points, soit son plus haut niveau de clôture depuis les 18 704,77 points enregistrés le 10 septembre 1997. L’indice élargi Topix a gagné 21,53 points, à 1 593,93. Le montant estimé des transactions sur le principal compartiment du marché a porté sur 690 millions d’actions, contre 639,2 millions mardi. «La séance de l’après-midi a été stimulée par les informations de presse indiquant que le plan de relance serait plus important que prévu avec 16 000 milliards de yens», a expliqué Hiroichi Nishi, analyste chez Nikko. Le train de mesures qui doit être annoncé jeudi devrait se chiffrer à 16 000 milliards de yens (152 milliards de dollars), alors que les estimations précédentes faisaient état de 15 000 milliards de yens, a indiqué la presse. «Il n’y a pas eu d’autre information que celle concernant l’ampleur du plan de relance», a indiqué un autre courtier. Dans un discours de politique économique prononcé le mois dernier devant le Parlement, le Premier ministre japonais Keizo Obuchi avait promis que le gouvernement engagerait un plan de relance de plus de 10 000 milliards de yens afin de «prévenir toute nouvelle chute de l’économie». «La confiance des acheteurs a conduit à des acquisitions massives de titres, comme Sony et Fujitsu, et s’est ensuite étendue à l’ensemble du marché». Les actions japonaises avaient ouvert en baisse dans le sillage des pertes enregistrées la veille à Wall Street et sur le marché des valeurs technologiques du Nasdaq, selon les courtiers. «La Bourse de Tokyo a chuté dans la matinée sur des prises de bénéfices consécutives aux baisses enregistrées (mardi) à Wall Street et sur le Nasdaq», a expliqué Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura.
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