Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Concert - A l'Assembly Hall-AUB Nada Loutfi : au gré de l'inspiration(photo)

Belle et généreuse initiative avec cet hommage à Walid Akl, pour évoquer la mémoire d’un pianiste virtuose dont les concerts illuminaient et ponctuaient nos saisons musicales. Deux ans déjà que les notes et les accords du prodige de Mehaithé ne résonnent plus dans nos salles pourtant encore frémissantes de ces pages de Haydn et Chopin qu’il faisait parler si éloquemment au clavier. Le cycle de concerts en hommage à Walid Akl a été entamé jeudi dernier, avec le jeune Rami Khalifé interprétant des partitions mêlant sensibilité et bravoure. Et voilà qu’aujourd’hui se produit, dans son sillage, à l’Assembly Hall, Nada Loutfi dont les prestations au piano sont chaleureusement applaudies à l’étranger, notamment en Amérique. Au menu, des œuvres de J.S. Bach, Mozart, Béchara el-Khoury et Frédéric Chopin. Panaché un peu insolite et audacieux et programme ambitieux qui mélange genre, inspiration et surtout des horizons culturels somme toute assez éloignés. Ouverture, telle une calme flânerie empreinte de sérénité et d’une certaine piété avec des pages (éblouissantes) tirées des préludes et fugues du clavier bien tempéré du Kantor. Monde sonore soigneusement sélectionné par la pianiste que seuls son humeur et son inspiration du moment guident. Sonorités riches et à l’architecture pure telle une cathédrale aux dentelures se détachant progressivement de la brume du matin, telle une prière qui ramène la paix intérieure. Nada Loutfi joue Bach droit et net, sans emphase mais avec une certaine sentimentalité. Pour succéder au rigoureux Bach, un concerto de Mozart où la partie orchestrale et le solo du clavier sont menés de front sur les touches d’ivoire. Somptueuse sonorité de ce concerto jaillissant, mêlant gravité et douceur, joie d’une narration sublime et certains accents voilés presque de mélancolie. Nada Loutfi a donné dans ces pages du divin Mozart le meilleur d’elle-même et de son talent. Elle a eu aussi le courage d’enchaîner avec Béchara el-Khoury dans une œuvre intitulée Waves (vagues) et qui lui est dédiée. Rompant avec l’atmosphère chargée d’un charme insaisissable du génie de Salzbourg, cette œuvre jouée ici en première mondiale révèle toutefois un Orient non lumineux où les sonorités auraient pu être plus colorées, plus lyriques, plus nostalgiques mais un monde évoquant des clapotis rythmés qui vont en s’amplifiant et dont les stridences modernes renvoient à certains accents schonbergiens. Après cette partition aux interrogations chargées d’inquiétude, une fois de plus cap vers de nouvelles rives. Celles des tourmentes enfiévrées du romantisme avec Chopin, le plus poète des princes du clavier. Des «études», guère dans l’esprit pédagogique de Cramer ou Clementi, mais une sélection qu’offre Nada Loutfi tels les poèmes d’une anthologie personnelle, toujours dans l’esprit d’une inspiration vagabonde. Une sélection qui devient, comme pour Bach, une authentique promenade à travers les pages illustres et brillantes du plus grand maître de tous les temps du clavier. À ce flot impétueux, déchaîné et parfois rêveur de notes du compositeur des mazurkas, en bis ont succédé trois préludes d’une insondable beauté. Walid Akl aurait certainement aimé cette lumineuse gerbe de notes où le romantisme et la rêverie revêtent une éloquence particulièrement étincelante.
Belle et généreuse initiative avec cet hommage à Walid Akl, pour évoquer la mémoire d’un pianiste virtuose dont les concerts illuminaient et ponctuaient nos saisons musicales. Deux ans déjà que les notes et les accords du prodige de Mehaithé ne résonnent plus dans nos salles pourtant encore frémissantes de ces pages de Haydn et Chopin qu’il faisait parler si éloquemment au clavier. Le cycle de concerts en hommage à Walid Akl a été entamé jeudi dernier, avec le jeune Rami Khalifé interprétant des partitions mêlant sensibilité et bravoure. Et voilà qu’aujourd’hui se produit, dans son sillage, à l’Assembly Hall, Nada Loutfi dont les prestations au piano sont chaleureusement applaudies à l’étranger, notamment en Amérique. Au menu, des œuvres de J.S. Bach, Mozart, Béchara el-Khoury et Frédéric Chopin....