La police reste en état d’alerte maximum à Pékin, au lendemain de l’adoption d’une loi visant à renforcer la répression contre les sectes et à fournir l’arsenal juridique nécessaire pour condamner prochainement une série de responsables du Falungong. Alors qu’un calme précaire régnait sur la place Tiananmen où, pour la septième journée consécutive, la police était omniprésente, contrôlant les identités et interpellant au total une vingtaine de personnes soupçonnées de faire partie de la secte interdite, on apprenait que les autorités avaient entrepris de passer les petits hôtels de la capitale au peigne fin pour tenter de dénicher des adeptes venus de province. Selon le quotidien Pékin soir, près de 200 adeptes du Falungong ont été priés de quitter Pékin dernièrement et les propriétaires des hôtels où ils étaient descendus se sont vu infliger des amendes jusqu’à 7 600 yuan (915 dollars). Des centaines, voire des milliers d’adeptes du Falungong, ont convergé sur la capitale ces derniers jours pour protester contre la loi visant à renforcer la répression contre les sectes, et plus particulièrement le Falungong. Des dizaines d’entre eux qui protestaient silencieusement ont été interpellés par la police, la plupart du temps sans opposer de résistance. Le mouvement d’inspiration bouddhiste qui revendique 80 millions d’adeptes (2 millions, selon les autorités) a été interdit le 22 juillet, trois mois après avoir défié le régime en organisant une manifestation monstre à Pékin. «De nouveaux adeptes arrivent chaque jour (...). Le gouvernement a pris une mauvaise décision en interdisant le Falungong, en tant que citoyens nous avons le droit et le devoir de lui dire qu’il a pris une mauvaise décision», a déclaré Liu Dongmei, une enseignante de 34 ans, originaire de Dalian (nord-est), venue à Pékin pour protester. Elle a ajouté que beaucoup d’entre eux, chassés des hôtels, vivaient désormais dans la rue, dans les espaces verts, voire dans les collines des environs de Pékin. Aux termes de la nouvelle loi, les membres clés du Falungong seront «sévèrement punis» tandis que la clémence sera appliquée aux adeptes ordinaires qui acceptent de renier la secte. Parmi les chefs d’inculpation qui pourront être retenus contre les dirigeants de sectes figurent «le meurtre, les blessures corporelles volontaires, le viol, le viol de mineurs, l’escroquerie, la menace pour la sécurité nationale», a précisé le Quotidien du Peuple. L’agence Chine nouvelle a confirmé les arrestations formelles de quatre dirigeants du groupe – Li Chang, Wang Zhiwen, Ji Liewu and Yao Jie –, précisant que les trois premiers sont accusés d’avoir divulgué des secrets d’État, le dernier étant accusé d’avoir dirigé un commerce «illégal». Aucune date n’a été annoncée pour le procès de ces dirigeants, mais selon le Centre d’Information pour les droits de l’homme et le mouvement démocratique en Chine, le premier procès d’un dirigeant du Falungong, celui de Xu Xinmu, devrait avoir lieu la semaine prochaine à Shijiazhuang (nord), suivi d’une trentaine d’autres d’ici à la fin du mois de novembre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La police reste en état d’alerte maximum à Pékin, au lendemain de l’adoption d’une loi visant à renforcer la répression contre les sectes et à fournir l’arsenal juridique nécessaire pour condamner prochainement une série de responsables du Falungong. Alors qu’un calme précaire régnait sur la place Tiananmen où, pour la septième journée consécutive, la police était omniprésente, contrôlant les identités et interpellant au total une vingtaine de personnes soupçonnées de faire partie de la secte interdite, on apprenait que les autorités avaient entrepris de passer les petits hôtels de la capitale au peigne fin pour tenter de dénicher des adeptes venus de province. Selon le quotidien Pékin soir, près de 200 adeptes du Falungong ont été priés de quitter Pékin dernièrement et les propriétaires des...