Toujours plus voûté par l’âge et la maladie, Jean-Paul II ne peut plus cacher sa santé vacillante mais c’est un homme doté d’une volonté de fer que les Indiens et les Géorgiens vont accueillir dans les prochains jours. Le pape, 79 ans, qui s’est montré ces derniers jours en «bonne forme» lors de ses apparitions publiques, effectue en effet à New Delhi et à Tbilissi son dernier voyage international avant les célébrations de l’an 2000. Le jubilé du troisième millénaire s’annonce éprouvant pour lui ne serait-ce que par le nombre d’évènements dont son calendrier est chargé à partir du 24 décembre, date de l’ouverture de la porte sainte de la basilique St-Pierre de Rome marquant le début de célébrations qui ne s’achèveront qu’à la mi-janvier 2001. S’il fait aujourd’hui plus vieux que son âge, Jean-Paul II, qui va achever sa 21e année de règne et le plus long règne papal du 20e siècle, est toujours aussi déterminé à poursuivre ses programmes. Ceux-ci sont désormais agrémentés de pauses ordonnées par le docteur Renato Buzzonetti, 72 ans, son médecin personnel. En outre, depuis deux ans, sœur Tobiana, religieuse polonaise de son entourage, veille sur lui et se charge de l’assister avec ses tasses de thé et ses petites recettes de grand-mère. Jean-Paul II ne s’est jamais vraiment complètement remis de l’attentat perpétré en 1981 place St-Pierre par le terroriste turc Ali Agça qui l’avait grièvement blessé. Depuis, le pape a été opéré six fois : deux fois en 1981 après l’attentat et quatre fois entre juillet 1992 et 1996 à cause d’une tumeur bénigne au côlon, d’une luxation de l’épaule, de la fracture du col du fémur droit et d’une appendicite. Un long «voyage à travers la souffrance» – titre d’un livre de son photographe Arturo Mari consacré à ses hospitalisations – a transformé cet homme sportif, passionné de montagne et de ski, en un vieillard boiteux. Ce déclin physique assez rapide a commencé par une fracture au fémur, en 1995, à la suite d’une chute accidentelle sous sa douche. Il s’est poursuivi avec l’avancée de la maladie de Parkinson – elle n’est toujours pas officiellement reconnue par le Vatican – dont il souffre et qui fait trembler son bras gauche. Elle lui a également provoqué une hémiplégie faciale qui rend son élocution difficile. Des moments d’hésitation marquent parfois ses célébrations, dont les fidèles s’aperçoivent à peine, grâce aux interventions de son maître des cérémonies, Mgr Piero Marini, toujours sur le qui-vive à ses côtés. De santé fragile, le pape n’est plus à l’abri de la moindre «infection virale» comme celle qui l’a brièvement terrassé en juin dernier le contraignant à modifier son programme au 11e jour de son 7e pèlerinage dans sa Pologne natale. L’annonce de la maladie du pape avait provoqué la stupeur parmi près d’un million et demi de fidèles rassemblés sur l’esplanade de Blonia dans un faubourg de Cracovie, la ville dont il était l’archevêque avant d’être élu à la tête de l’Église catholique en 1978.
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