La Française Laura Flessel, surnommée la «guêpe», victorieuse à l’épée et l’Ukrainien Serguei Golubitski, qui a réussi un triplé unique au fleuret, ont idéalement lancé les championnats du monde d’escrime, mercredi à Séoul. L’Ukrainien de Kiev, 29 ans, a fait mieux que le Français Christian d’Oriola, champion du monde 1953 et 1954, et deuxième en 1955. Mais plus qu’avec ce fleurettiste mythique, également champion olympique en 1952, à l’ère de l’avènement du fil électrique, la comparaison la plus évidente pour définir la domination de Golubitski, très avare de séances d’entraînement dans sa retraite néerlandaise, est le Soviétique Vladimir Romankov, quintuple champion du monde, à cheval sur les décennies 70 et 80. Si «Golu» est unique, Flessel est obsédante. À trois jours de son 28e anniversaire, la Guadeloupéenne a donc fait résonner pour la cinquième fois en trois ans la Marseillaise. Elle avait déjà triomphé aux jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996, et, deux ans plus tard, aux Mondiaux à la Chaux-de-Fonds, réussissant en chaque occasion le doublé (individuel et par équipes). Jeu de pieds Surnommée «la guêpe», Laura, 28 ans dans trois jours, aime bien butiner l’or et enivrer ses adversaires par un mouvement en piqué qui touche souvent leurs pieds et les laisse interdites. Dernière représentante de l’école hongroise, Idilko Mincza, battue en demi-finale (15-12), en a fait les frais quatre fois. Avertie, la jeune (22 ans) et grande Suissesse Diana Romagnoli, sa dernière adversaire, a limité les dégâts (15-10). Mais cette secrétaire de banque, qui a dû participer comme tous ses compatriotes aux frais de voyage, en déboursant 750 FS (environ 3 000 FF), n’a pu non plus trouver la solution au jeu rapide de l’Antillaise, qui sait parfaitement préparer les rendez-vous importants. «J’ai su tirer profit de mes dernières défaites en Coupe du monde», a souligné la Française. «Depuis les Jeux, elle a surtout progressé mentalement et dans la gestion de la compétition», a indiqué l’entraîneur national Bernard Lataste. Au cours de la journée, qui avait égrené les éliminations des quatre fleurettistes français et des trois autres épéistes dames, Flessel a dominé son sujet. Seule la Sud-Coréenne Hee-Yeong Kim, qui a mené 4 à 0 au début du quart de finale, a perturbé la «guêpe». À l’instar de Romagnoli, fille d’un émigrant italien, le Vénitien Matteo Zennaro, 23 ans, a mené un assaut sans complexe face au maître, recevant néanmoins la leçon (15-12). Alors que Youg-Ho Kim faisait rêver la Corée du Sud, ne s’inclinant qu’aux portes de la finale (14-15) face à Zennaro, après avoir longtemps donné l’impression de pouvoir prolonger l’enthousiasme des spectateurs, les Cubains, très attendus, ont déçu. Jeudi, le chevronné (35 ans) épéiste français Eric Srecki tentera de reprendre, à l’occasion de l’épreuve individuelle, une médaille d’or d’avance sur Flessel. Quant aux filles, elles attendent samedi, et l’anniversaire de Laura, pour confirmer le dicton jamais deux sans trois. Jacques Chirac félicite Laura Flessel Le président Jacques Chirac a adressé mercredi ses «plus vives félicitations» à la Française Laura Flessel, championne du monde de l’épée qui a remporté à Séoul la cinquième médaille d’or de sa carrière. «Vous offrez à la France son premier podium dans ces championnats du monde 1999 et vous montrez ainsi la voie à tous les tricolores», écrit le chef de l’État, dans ce message rendu public par le service de presse de l’Élysée. «Ce titre s’ajoute à un palmarès déjà très impressionnant qui s’enrichira encore, j’en suis persuadé, à l’occasion des Jeux olympiques de Sydney», ajoute-t-il. Jacques Chirac présente à Laura Flessel «tous (ses) encouragements pour l’épreuve par équipes de samedi». «Bravo et merci! Bien amicalement !», a ajouté à la main le président de la République, au bas de son message. Déclarations Laura Flessel (Fra, médaille d’or) : «Le match le plus dur a été la finale, mais aussi le quart contre la Sud-Coréenne Kim. Les Coréennes sont très “chiantes” sur la piste. Contre Kim, j’ai pris un mauvais départ et joué petit bras. J’ai été menée 4 à 0. Mais c’est peut-être dans ce domaine que j’ai le plus progressé : je ne me suis pas affolée. Romagnoli, je ne la connaissais pas. Elle a un faux rythme et elle est très grande. Tout ce que je n’aime pas. En demi-finales, face à Mincza, mon jeu consistait à la pousser à retomber dans les automatismes du fleuret. Cette journée a été crescendo sur le plan physique car j’ai su gérer ma préparation. Hier soir, je n’ai pas voulu connaître le tableau.» Diana Romagnoli (Sui, médaille d’argent) : «J’ai eu des matches serrés pour parvenir en finale, notamment contre la Canadienne Schalm et la Hongroise Toth. Je savais que ce serait très difficile face à Laura, même si je n’avais rien à perdre. Elle est très rapide physiquement et touche beaucoup aux pieds. On le sait mais c’est pas facile à éviter.» Epée dames individuel : le classement final Voici le classement final de l’épée dames individuel des championnats du monde d’escrime, mercredi à Séoul : Demi-finales : Diana Romagnoli (Sui) bat Miraida Garcia (Cub) 15 à 11 Laura Flessel (Fra) bat Idelko Mincza (Hun) 15 à 12 Finale : Laura Flessel (Fra) bat Diana Romagnoli (Sui) 15 à 10 Le classement final : 1. Laura Flessel (Fra) 2. Diana Romagnoli (Sui) 3. Idelko Mincza (Hun) 4. Miraida Garcia (Cub) 5. Cristiana Cascioli (Ita) 6. Sherraine Schalm (Can) 7. Tatiana Logounova (Rus) 8. Kim Hee-Yeong (CdS).
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Française Laura Flessel, surnommée la «guêpe», victorieuse à l’épée et l’Ukrainien Serguei Golubitski, qui a réussi un triplé unique au fleuret, ont idéalement lancé les championnats du monde d’escrime, mercredi à Séoul. L’Ukrainien de Kiev, 29 ans, a fait mieux que le Français Christian d’Oriola, champion du monde 1953 et 1954, et deuxième en 1955. Mais plus qu’avec ce fleurettiste mythique, également champion olympique en 1952, à l’ère de l’avènement du fil électrique, la comparaison la plus évidente pour définir la domination de Golubitski, très avare de séances d’entraînement dans sa retraite néerlandaise, est le Soviétique Vladimir Romankov, quintuple champion du monde, à cheval sur les décennies 70 et 80. Si «Golu» est unique, Flessel est obsédante. À trois jours de son 28e...