Un phénomène est en train de s’exprimer à travers la publicité, comme si la hargne accumulée pendant des siècles ouvrait soudain ses vannes: l’image de l’homme est rabaissée d’une manière scandaleusement flagrante. Une tête masculine écrasée par un talon aiguille, une main féminine tirant un homme par le collet, un escarpin de femme repoussant un dos masculin courbé. Serait-ce là une montée de la redoutable «girl power» qui ravage l’Amérique? Ce mouvement est apparu aux États-Unis dans la publicité et l’art, voilà quelques années, pour gagner par la suite la Grande-Bretagne. Dans son livre La femme seule et le prince charmant (Éd. Nathan), le sociologue Jean-Claude Kaufman révèle que dans ces pays on a même vu vendre des poupées gonflables de sexe mâle permettant d’assouvir sur eux l’excès de rancune accumulé pendant des siècles. En France, dans une récente campagne publicitaire de la marque Kookaï, des hommes réduits à la dimension d’insectes sont foudroyés comme des mouches sur un tube halogène ou bien happés par un siphon. Drôles d’images pour signifier le pouvoir de la séduction féminine... Pour les sociologues, la tendance reflète la nouvelle société: montée des divorces, explosion du couple, mères célibataires, réduction des droits masculins. Les excès féministes ont eu par ailleurs une conséquence pour le moins regrettable: l’abaissement de l’image masculine. Le prince charmant d’antan se trouve privé non seulement de son auréole mais aussi d’une bonne partie de sa dignité et de son droit au respect... «Il n’y a plus d’hommes», se lamentent les femmes seules. D’autres sanglotent à travers leurs écrits: «Les hommes ne sont plus à la hauteur». Ou encore: «L’homme vrai a disparu». La nouvelle tendance publicitaire ne fait que concrétiser en l’illustrant cette nouvelle situation: l’inversion des codes d’antan. Dans la nouvelle mythologie psychosociale, la femme, devenant puissante, prend la place du maître d’autrefois et l’homme celui du petit Poucet à qui on reproche sa petite taille. Dans la publicité de Kookaï, la légende est un message: «Save Men» (Sauvez les hommes). Serait-ce là la triste conclusion de la lutte des sexes? Le coup de fouet, donné à travers des images de la mode, est une révélation. Si les hommes sont annihilés à quoi sert la victoire des femmes? Si le combat des sexes devrait se terminer par une foule d’amazones vindicatives et seules, piétinant des mâles réduits en poussière, on finira par regretter cette victoire à la Pyrrhus. Mieux vaut chercher à faire la paix avec le sexe d’en face. Il faut des hommes ni abaissés, ni piétinés et des femmes sans hargne ni pulsions sanguinaires pour affronter une époque qui commence. Il serait impardonnable que toutes les luttes livrées pour libérer les femmes finissent en double désastre. «Sauver les hommes»? Sauvons plutôt le couple par un nouveau dialogue.
Un phénomène est en train de s’exprimer à travers la publicité, comme si la hargne accumulée pendant des siècles ouvrait soudain ses vannes: l’image de l’homme est rabaissée d’une manière scandaleusement flagrante. Une tête masculine écrasée par un talon aiguille, une main féminine tirant un homme par le collet, un escarpin de femme repoussant un dos masculin courbé. Serait-ce là une montée de la redoutable «girl power» qui ravage l’Amérique? Ce mouvement est apparu aux États-Unis dans la publicité et l’art, voilà quelques années, pour gagner par la suite la Grande-Bretagne. Dans son livre La femme seule et le prince charmant (Éd. Nathan), le sociologue Jean-Claude Kaufman révèle que dans ces pays on a même vu vendre des poupées gonflables de sexe mâle permettant d’assouvir sur eux l’excès de...
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