Le dauphin qui veut mettre la Syrie à l'heure de l'Internet
le 08 novembre 1999 à 00h00
Fils et successeur potentiel du président syrien, Bachar el-Assad, veut donner l’image d’un jeune homme moderne qui entend mettre son pays à l’heure de l’Internet et lutter contre la corruption. Grand, les yeux bleus, le visage coupé par une petite moustache, plutôt timide mais toujours élégant, il présente une ressemblance frappante avec son père, Hafez el-Assad, qui préside aux destinées de la Syrie depuis 1970. Le président français Jacques Chirac a reçu à sa table hier un homme de 34 ans, parlant parfaitement l’anglais mais comprenant bien le français puisqu’il a fait ses études à l’ancien lycée huppé franco-arabe de la capitale syrienne, Al-Hourriet, avant d’étudier la médecine à l’université de Damas. Car rien ne destinait le second fils du président Assad à une carrière officielle. Entre 1988 et 1992, il opte pour des études d’ophtalmologie à l’hôpital militaire de Techrine de Damas puis se rend à Londres suivre cette spécialisation. Mais la mort tragique dans un accident de voiture en 1994 de son frère aîné, Bassel, que son père formait patiemment à de hautes responsabilités, bouleverse sa vie. Bachar, qui a deux autres frères plus jeunes que lui, est contraint de rentrer à Damas pour être associé aux affaires politiques. Dans un pays où l’armée joue un rôle de premier ordre et où la carrière militaire ouvre souvent la voie à une carrière politique – le président Assad est le chef suprême de l’armée et a été commandant en chef de l’armée de l’air – Bachar se doit d’entrer à l’académie militaire de Homs, au nord de Damas. Il gravit tous les échelons militaires : en 1994, il est commandant d’un bataillon de chars, en 1997 il est nommé lieutenant-colonel puis en janvier 1999 il est promu colonel. Mais sa vraie passion reste l’informatique. Il dirige la Société scientifique syrienne pour l’informatique et selon ses amis il ambitionne de faire entrer son pays dans l’ère de l’Internet, alors que ce moyen de communication est encore à ses balbutiements en Syrie. Son autre cheval de bataille est la lutte contre la corruption. La presse syrienne publie de plus en plus souvent des articles contre ce fléau et fait régulièrement état d’arrestations. La première visite officielle de Bachar el-Assad à l’étranger a été au Liban en mai 1995 où il a été reçu par le président de l’époque Élias Hraoui. Selon la presse libanaise, il supervise le dossier libanais et son influence a été déterminante pour l’accession en 1998 du général Émile Lahoud à la présidence libanaise. Il a multiplié depuis lors les voyages dans les pays arabes : en février 1999, il est reçu par le roi Abdallah II à Amman. En juillet et août, il rend visite aux dirigeants d’Arabie séoudite, de Bahrein et de Koweït. Et en octobre, il effectue une visite à Oman. Durant sa visite au Koweït, il apprend la dure loi du langage diplomatique. Une controverse éclate lorsque la presse koweïtienne rapporte ses propos sur le président irakien Saddam Hussein qu’il qualifie de «bête humaine» et sur la libéralisation économique prochaine de la Syrie. Une source autorisée de sa délégation affirme cependant que «les propos rapportés par la presse koweïtienne sont inexacts». Mais sa reconnaissance internationale a eu lieu dimanche lorsqu’il a gravi le perron de l’Élysée à Paris pour serrer la main de Jacques Chirac. C’est d’ailleurs la France que son père, Hafez el-Assad, avait choisi en juillet 1998 pour effectuer sa première visite d’État dans un pays occidental depuis 1976.
Fils et successeur potentiel du président syrien, Bachar el-Assad, veut donner l’image d’un jeune homme moderne qui entend mettre son pays à l’heure de l’Internet et lutter contre la corruption. Grand, les yeux bleus, le visage coupé par une petite moustache, plutôt timide mais toujours élégant, il présente une ressemblance frappante avec son père, Hafez el-Assad, qui préside aux destinées de la Syrie depuis 1970. Le président français Jacques Chirac a reçu à sa table hier un homme de 34 ans, parlant parfaitement l’anglais mais comprenant bien le français puisqu’il a fait ses études à l’ancien lycée huppé franco-arabe de la capitale syrienne, Al-Hourriet, avant d’étudier la médecine à l’université de Damas. Car rien ne destinait le second fils du président Assad à une carrière officielle. Entre...
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