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Actualités - Chronologie

Royaume Uni La force persistante de la livre inquiète Londres

La Banque d’Angleterre a multiplié ces derniers jours les avertissements contre la force persistante du sterling qui continue à pénaliser les exportateurs et pourrait à terme rendre plus difficile une adhésion éventuelle de la livre à l’euro. Depuis le lancement de la monnaie unique européenne le 1er janvier, la livre s’est appréciée de 6 % face à l’euro et ne s’est que marginalement dépréciée face au dollar. Pourtant, en l’espace de huit mois, les taux d’intérêt britanniques ont été nettement réduits, passant de 7,5 % en octobre 1998 à 5,25 % actuellement. Mais rien n’y a fait et maintenant que l’horizon de l’économie britannique semble se dégager, la livre sterling paraît avoir encore moins de raison de fléchir. La Banque d’Angleterre table néanmoins sur une dépréciation de la livre et a mis les marchés en garde au cours de ces derniers jours contre une force persistante du sterling qui pourrait la pousser à assouplir davantage sa politique monétaire. «La hausse du taux de change va exacerber les déséquilibres entre les secteurs de l’économie orientés vers le marché intérieur ou les marchés internationaux», a insisté la banque mercredi dans son rapport trimestriel sur l’inflation. Le gouverneur de la banque centrale, Eddie George, a insisté jeudi à l’occasion d’une conférence à Macao pour souligner qu’il prévoyait une dépréciation de la livre. Parallèlement à ces avertissements, le débat se poursuit pour évaluer à quel niveau la livre pourrait éventuellement entrer dans l’euro. Vendredi, le quotidien britannique The Independent affirmait que le gouvernement de Tony Blair viserait l’objectif de 0,75 à 0,80 livre pour un euro. Cela supposerait une dépréciation de 12 % du sterling par rapport à son cours actuel qui oscille autour de 0,66 livre. Un spectre redouté dans un pays traumatisé par la sortie en catastrophe de la livre du système monétaire européen en 1992. Selon les analystes, ces estimations sont peu réalistes et les commentaires de la Banque d’Angleterre ne suffiront pas à faire glisser le sterling tant que l’euro ne se ressaisira pas. «Il serait difficile de justifier une livre à ces niveaux sur des critères fondamentaux», affirme Neil Parker, économiste à Royal Bank of Scotland, qui voit plutôt le sterling intégrer l’euro autour de 0,72 à 0,75 livre. «La livre ne paraît pas être sur le point de faiblir car les perspectives économiques sont bonnes et elle bénéficie par ailleurs du statut de valeur refuge», souligne pour sa part Jonathan Loynes, économiste à HSBC à Londres. La devise britannique, très liée aux fluctuations du dollar, reste par ailleurs soutenue par la vigueur du billet vert, reflet de la bonne santé économique américaine. Dans ce contexte, la plupart des économistes estiment que les dernières déclarations de la banque centrale britannique n’auront qu’un effet temporaire sur la livre. D’ailleurs, cette dernière s’est à peine repliée au cours des derniers jours face aux principales devises. Il ne reste plus aux autorités britanniques qu’à «prier pour que les économies de la zone euro se reprennent» et que l’euro s’apprécie, estime Neil Parker. L’autre solution pour que la livre cède serait que le gouvernement britannique donne une date et un niveau précis de l’entrée de la devise dans l’euro. «Le sterling se déprécierait alors en fonction» de ces informations, selon l’expert de Royal Bank of Scotland. Pour l’instant, la position de M. Blair vis-à-vis de la monnaie unique n’a pas changé. Le chef du gouvernement britannique a donné son accord de principe à une adhésion à la monnaie unique, mais celle-ci sera soumise à référendum prévu après les prochaines élections législatives, au plus tard en 2002.
La Banque d’Angleterre a multiplié ces derniers jours les avertissements contre la force persistante du sterling qui continue à pénaliser les exportateurs et pourrait à terme rendre plus difficile une adhésion éventuelle de la livre à l’euro. Depuis le lancement de la monnaie unique européenne le 1er janvier, la livre s’est appréciée de 6 % face à l’euro et ne s’est que marginalement dépréciée face au dollar. Pourtant, en l’espace de huit mois, les taux d’intérêt britanniques ont été nettement réduits, passant de 7,5 % en octobre 1998 à 5,25 % actuellement. Mais rien n’y a fait et maintenant que l’horizon de l’économie britannique semble se dégager, la livre sterling paraît avoir encore moins de raison de fléchir. La Banque d’Angleterre table néanmoins sur une dépréciation de la livre et a...