Carlo Azeglio Ciampi est le principal artisan de l’entrée de l’Italie dans l’euro et un homme unanimement respecté en Italie, par le simple citoyen comme par le monde politique et économique. Ce grand commis de l’État, qui a fait toute sa carrière dans la banque, est entré en politique il y a seulement six ans en prenant la tête d’un gouvernement de transition, en avril 1993, au lendemain de la tempête provoquée par les enquêtes anticorruption «Mani Pulite» (Mains propres). Affable et réservé, le regard perçant ombragé par des sourcils fournis et blanchis par l’âge, toujours élégant mais avec sobriété, l’actuel ministre du Trésor et du Budget frappe par sa discrétion et son calme. Il est né le 9 décembre 1920 à Livourne, un port de Toscane, dans une famille d’opticiens. Rien ne semblait le prédisposer à une carrière qui l’a mené jusqu’au contrôle des leviers de la politique monétaire et financière de l’Italie. Après avoir été élève modèle chez les jésuites, il fait ses «humanités» en intégrant les lettres classiques à l’école Normale de Pise (Toscane), où il se classe premier au concours d’entrée. Il part six mois avec une bourse d’étude à Leipzig (Allemagne) pour approfondir la littérature allemande, avec une prédilection pour Goethe. À Pise, il aura comme professeur l’antifasciste Guido Calogero, avec lequel il restera toujours lié. En 1941, il est mobilisé dans l’armée fasciste italienne comme chauffeur en Albanie. À son retour, il retrouve le professeur Calogero et s’enrôle dans les rangs antifascistes et la Résistance. De retour à Livourne, il obtient un diplôme en droit en présentant une thèse sur le droit ecclésiastique. Traduisant parfaitement le grec et le latin, il enseigne pendant six mois, puis rencontre son épouse qui, fille de banquier, lui conseille de tenter le concours de la Banque d’Italie. C’est alors le début en 1946 d’une longue carrière au sein de la Banque centrale dont il gravira tous les échelons pendant 47 ans jusqu’à en devenir, en 1979, gouverneur pour 14 ans, année où la lire entre dans le SME (système monétaire européen). Il est toujours à la tête de la Banque d’Italie lorsque, en septembre 1992, la monnaie italienne est contrainte à sortir du SME. En 1993, il est appelé à la rescousse par le président Oscar Luigi Scalfaro pour diriger le premier gouvernement de «techniciens» dans un pays en proie aux scandales et en pleine crise politique. Il remplit avec succès les deux missions qu’il reçoit : préparer les réformes institutionnelles pour répondre à la demande de changement des Italiens et défendre la lire.
Carlo Azeglio Ciampi est le principal artisan de l’entrée de l’Italie dans l’euro et un homme unanimement respecté en Italie, par le simple citoyen comme par le monde politique et économique. Ce grand commis de l’État, qui a fait toute sa carrière dans la banque, est entré en politique il y a seulement six ans en prenant la tête d’un gouvernement de transition, en avril 1993, au lendemain de la tempête provoquée par les enquêtes anticorruption «Mani Pulite» (Mains propres). Affable et réservé, le regard perçant ombragé par des sourcils fournis et blanchis par l’âge, toujours élégant mais avec sobriété, l’actuel ministre du Trésor et du Budget frappe par sa discrétion et son calme. Il est né le 9 décembre 1920 à Livourne, un port de Toscane, dans une famille d’opticiens. Rien ne semblait le...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.