Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Troisième journée de manifestations sous haute surveillance à Pékin

Des dizaines de milliers de Chinois ont manifesté hier à Pékin devant l’ambassade des États-Unis, en état de siège pour la troisième journée consécutive, alors que des forces de police considérables s’efforçaient d’éviter tout débordement excessif. Par groupes de quelques centaines, des étudiants et des salariés ont défilé devant le bâtiment diplomatique dévasté par des milliers de projectiles divers, en représailles au bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade dans la nuit de vendredi à samedi. Aux cris de «À bas l’Otan», «À bas l’Amérique», «Droits de l’homme = hypocrisie», ou encore «Vive la Chine», les manifestants ont à nouveau jeté des pierres vers l’ambassade, sous le regard impassible d’un millier de policiers casqués. Les manifestants portaient des portraits des trois victimes du bombardement de l’Otan et des banderoles dénonçant «l’impérialisme américain» ou réclamant «du sang pour venger le sang». En anglais, une banderole invitait à «Faire l’amour pas la guerre», pendant qu’un jeune homme interprétait des chansons de Bob Dylan à la guitare. Au total, 7 000 membres des forces de l’ordre, selon l’agence Chine nouvelle, étaient stationnés dans une partie du quartier diplomatique interdit à la circulation sur plus d’un km2. À l’extérieur de ce périmètre, les forces de l’ordre filtraient les manifestants groupe après groupe en vérifiant leur identité. Dans la matinée, nul n’était autorisé à franchir les cordons policiers en dehors de son groupe d’origine, entreprise ou université. En fin d’après-midi, la police a cependant relâché ses contrôles, laissant pénétrer de nombreux manifestants qui semblaient venus seuls et en dehors de tout organisation officielle. «Nous sommes étudiants à l’Université du Peuple», a déclaré une jeune manifestante bien habillée, assurant n’avoir pas été prise en charge comme la veille par le service d’ordre étudiant. «Nous avons pris nous-mêmes l’autobus et avons fini le chemin à pied». Une autre jeune femme, disant travailler à son compte, affirmait être revenue sur place pour la troisième journée consécutive. Craignant apparemment d’être dépassées par la fureur populaire contre le bombardement de leur ambassade qui a fait trois morts et 20 blessés, les autorités chinoises ont lancé un appel au calme tout en assurant de leur «soutien» les manifestations organisées depuis samedi. Intervenant solennellement dimanche à la télévision, le vice-président chinois, Hu Jintao, a demandé à ses compatriotes d’être «vigilants» à l’égard des éléments incontrôlés «qui pourraient profiter de l’occasion pour perturber l’ordre social». Autre signe de la nervosité du régime face aux risques de dérapage, le principal journal télévisé national a omis de diffuser lundi soir les images des manifestations de la journée. L’agence Chine nouvelle a assuré que les étudiants avaient repris les cours dans les grandes universités de Pékin et que la meilleure façon de montrer son «patriotisme» était encore de retourner à ses études. Mais malgré la reprise du travail lundi matin, les manifestants étaient encore nombreux, sans toutefois atteindre le chiffre de près de 100 000 personnes évoqué par les observateurs pendant la journée de dimanche. L’ambassadeur américain James Sasser a de son côté déclaré à la chaîne de télévision américaine CBS que le personnel de l’enceinte diplomatique à Pékin, ainsi que sa propre famille, étaient en situation d’«otages» et que l’ambassade était «assiégée». «Nous espérons, a-t-il ajouté, que les Chinois comprendront (que le bombardement de leur ambassade est) une erreur terrible et tragique et qu’ils accepteront nos excuses et nos sincères condoléances présentées à la fois par l’ambassadeur et par le président (des États-Unis)». La Chine, qui a annoncé dans la journée la suspension de ses contacts militaires avec les États-Unis ainsi que la fin du «dialogue» bilatéral sur les droits de l’homme, a également exigé des «excuses officielles» et des «sanctions sévères» pour les responsables du bombardement.
Des dizaines de milliers de Chinois ont manifesté hier à Pékin devant l’ambassade des États-Unis, en état de siège pour la troisième journée consécutive, alors que des forces de police considérables s’efforçaient d’éviter tout débordement excessif. Par groupes de quelques centaines, des étudiants et des salariés ont défilé devant le bâtiment diplomatique dévasté par des milliers de projectiles divers, en représailles au bombardement de l’ambassade de Chine à Belgrade dans la nuit de vendredi à samedi. Aux cris de «À bas l’Otan», «À bas l’Amérique», «Droits de l’homme = hypocrisie», ou encore «Vive la Chine», les manifestants ont à nouveau jeté des pierres vers l’ambassade, sous le regard impassible d’un millier de policiers casqués. Les manifestants portaient des portraits des trois...