Après sa maîtrise en audiovisuel à San Francisco en 1981, Maï Masri revient à Beyrouth. «Les États-Unis ne me disaient rien» affirme-t-elle. «Ma place est ici. La région du Moyen-Orient est une véritable bouilloire et je voulais y être» dit-elle. Sous les décombres, son premier documentaire en 1983, remporte le prix spécial du jury au Festival de Valence. Suivent Fleur d’ajonc en 1986, sur les femmes du Sud-Liban et Beyrouth, génération de la guerre en 1988. «Ces trois premiers documentaires, nous les avons travaillés Jean Chamoun et moi, seuls» raconte-t-elle. «Nous vivions avec les gens, créions une véritable relation de confiance avec eux. C’était passionnant». Les enfants du feu en 1990, ce sont les moments forts de la Intifada ; «c’était la première fois depuis quinze ans que je revenais à Naplouse, ma ville natale, celle où j’ai passé mon enfance», raconte Maï Masri. C’est aussi le premier documentaire qu’elle filme seule. «Il était difficile d’entrer dans Naplouse et d’y rester. J’avais une équipe de la BBC avec moi. Nous avons filmé tout le documentaire clandestinement, à partir de l’abri dans lequel nous étions confinés avec les habitants». Quatre mois à partager avec les habitants de la ville, un quotidien dramatique. Résultat : des images fortes, bien que prises à partir d’une étroite fenêtre et ne montrant qu’une ruelle. «Tout se passait autour de nous», se souvient-elle. «Je n’avais pas particulièrement peur, quand on a vécu la guerre au Liban, on est blindé. Mais j’étais angoissée. Nous faisions passer les films secrètement». Puis viennent Rêves suspendus en 1992, sur le même thème et toujours pour la télévision britannique. Elle est la productrice de Jean Chamoun sur le film Otage de l’attente, en 1994. Autre documentaire, autre histoire. Maï Masri s’intéresse à une femme qui joue un rôle important dans la difficile mise sur pied d’une entité palestinienne. Hanane Ashrawi, femme de son époque, 1995 est un documentaire qui parle surtout de la militante. «Hanane Ashrawi n’était alors pas encore au gouvernement. Elle était à fond dans la défense des droits de l’homme en Palestine. C’est son expérience et sa personnalité qui m’ont intéressées». Maï Masri ajoute avoir voulu «montrer à travers Hanane Ashrawi une réalité palestinienne, la construction des institutions du pays». Tous les documentaires de Maï Masri ont été programmés sur des chaînes internationales, (anglaises, françaises ou américaines) mais également locales.
Après sa maîtrise en audiovisuel à San Francisco en 1981, Maï Masri revient à Beyrouth. «Les États-Unis ne me disaient rien» affirme-t-elle. «Ma place est ici. La région du Moyen-Orient est une véritable bouilloire et je voulais y être» dit-elle. Sous les décombres, son premier documentaire en 1983, remporte le prix spécial du jury au Festival de Valence. Suivent Fleur d’ajonc en 1986, sur les femmes du Sud-Liban et Beyrouth, génération de la guerre en 1988. «Ces trois premiers documentaires, nous les avons travaillés Jean Chamoun et moi, seuls» raconte-t-elle. «Nous vivions avec les gens, créions une véritable relation de confiance avec eux. C’était passionnant». Les enfants du feu en 1990, ce sont les moments forts de la Intifada ; «c’était la première fois depuis quinze ans que je revenais à...
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