Des sonorités colorées et ensoleillées venues en droite ligne du pays du flamenco et des castagnettes. Une musique portant bien les signes du folklore ibérique mais aussi où se mêlent poésie, prosodie occidentale et lyrisme de la terre des matadores et des corridas. L’institut Cervantes à Beyrouth, en collaboration avec l’AUB a présenté l’orchestre de chambre de l’Emporda placé sous la direction de Jordi Codina, en même temps soliste à la guitare. Au menu, un bouquet un peu triste il et vrai, que les mélomanes ont apprécié aussi bien pour sa beauté sonore que pour l’originalité de son choix. Au programme donc, des partitions d’Albeniz, Garcia Lorca, Turull, Turina, et Toldra. Premières mesures avec Asturias de la Suite espagnole originellement conçue pour piano et interpretée ici dans une version orchestrale avec treize musiciens. Longue modulation chargée de tristesse et de passion où sont évoqués aussi tous les paysages et les parfums du pays des femmes au regard de braise. Séville était l’étape qui a suivi, prolongeant cette atmosphère de voyage sonore à travers l’Espagne profonde... Connu pour son œuvre littéraire et surtout sa poésie, Garcia Lorca, ami de jeunesse de Salvatore Dali et fervent promoteur de la chanson populaire espagnole, devait prendre le relais. Trois chansons espagnoles anciennes étaient au rendez-vous pour révéler le talent de musicien de ce poète au verbe frémissant et tragique... La guitare, sous les doigts de Jordi Codina, a donné la réplique a un orchestre narrant en toute douceur et subtilité la grâce d’une ritournelle sévillane du XVIIIe siècle, l’humeur et l’humour des quatre muletiers et pour finir la farandole, un dynamique Zorango. Toujours en soliste à la guitare, Jordi Codina a offert à l’audience une œuvre de Turull intitulée Ronda, languide mais aussi vibrant hommage à la mémoire de Manuel de Falla. Images sonores d’inspiration populaire andalouse où se mêlent des bribes de compositions, à peine perceptibles, des œuvres de l’auteur de L’amour sorcier et de La danse du feu. Après l’entracte, méditation d’un toréador, de Turina. Grave, chargée d’angoisse et surtout de la volonté de vaincre, cette œuvre s’apparente à une oraison où l’être voit se profiler devant ses yeux tout le film d’une vie. Pour conclure, Vues sur la mer de Toldra sont des pages bruissantes de poésie. Le flux et le reflux de la mer sont dans ces trois mouvements (Allegro con brio, Lento, et Molto Vivace) où l’odeur de l’embrun et l’hermine de l’écume tissent des notes reflétant toutes les aspérités d’un paysage marin tantôt agité tantôt tranquille. Pour ces partitions au parfum sagement ibérique - on se serait attendu à plus d’ardeur et de flamboyance - le public a réservé un accueil bien chaleureux et l’a manifesté par de grandes salves d’applaudissements.
Des sonorités colorées et ensoleillées venues en droite ligne du pays du flamenco et des castagnettes. Une musique portant bien les signes du folklore ibérique mais aussi où se mêlent poésie, prosodie occidentale et lyrisme de la terre des matadores et des corridas. L’institut Cervantes à Beyrouth, en collaboration avec l’AUB a présenté l’orchestre de chambre de l’Emporda placé sous la direction de Jordi Codina, en même temps soliste à la guitare. Au menu, un bouquet un peu triste il et vrai, que les mélomanes ont apprécié aussi bien pour sa beauté sonore que pour l’originalité de son choix. Au programme donc, des partitions d’Albeniz, Garcia Lorca, Turull, Turina, et Toldra. Premières mesures avec Asturias de la Suite espagnole originellement conçue pour piano et interpretée ici dans une version...
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