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Actualités - Chronologie

Intershop 2000, nouveau temple berlinois de l'Ostalgie

Les nostalgiques de la RDA ont un nouveau point de ralliement à Berlin : Intershop 2000, une supérette de produits alimentaires et de la vie quotidienne «made in GDR» («German Democratic Republic») qui cultive, dix ans après la chute du Mur, une «Ostalgie» authentique. Plantée au beau milieu d’un terrain vague, à quelques encablures des docks de Berlin, Intershop 2000 a ouvert ses portes cet été au numéro 3 de la Ehrenbergstrasse. Le bouche à oreille et la presse berlinoise ont déjà fait le succès de ce magasin qui est aux Allemands de l’Est ce que la madeleine est à Marcel Proust. Intershop 2000 est un pied de nez à l’histoire. Le régime communiste est-allemand avait créé la chaîne des boutiques Intershop, présentes dans les gares et sur les autoroutes de transit entre la RFA et Berlin-Ouest, pour engranger des devises fortes. Les Allemands de l’Ouest et de l’Est pouvaient y acquérir en marks-ouest des produits de l’Ouest. Aujourd’hui, c’est le monde à l’envers. On paie toujours en marks de l’Ouest chez Intershop 2000 mais pour acheter des produits typiquement est-allemands. Albrecht Preisler passe en coup de vent. Dans son panier, cet étudiant en théologie de 24 ans dépose un paquet de cigarettes «Cabinet», de la pâte à tartiner «Nudossi» et de la sauce tomate «Carnito», quelques produits parmi la centaine de références disponibles dans les rayons. On y trouve aussi du matériel de cuisine, des revues, des livres de recettes et de la vaisselle Mitropa, la compagnie de restauration ferroviaire est-allemande, tous estampillés «100% RDA». «Je suis tout simplement heureux de retrouver les produits de mon enfance et leur goût. C’est un bon souvenir. Le choix était beaucoup plus important à l’Ouest mais il y avait aussi de bons produits à l’Est», relève Albrecht Preisler. «Beaucoup de produits avaient disparu après la chute du Mur mais on a recommencé à les fabriquer tant la demande était importante», explique le gérant, Hartwig Lund, un Allemand de l’Ouest, tout comme celle qui a eu l’idée d’ouvrir cette supérette, Elke Matz. Tous deux sont membres de l’Association pour la représentation de la vie quotidienne en RDA. Une association dont les adhérents, collectionneurs pour la plupart, exposent dans le magasin des produits de la RDA dans leurs emballages d’origine : poudres à laver, produits alimentaires, sodas, tels le fameux Club-Cola, bière, vodka citronnée ou schnaps. Intershop 2000 reçoit plus d’une centaine de clients par jour, le signe d’une vague d’«Ostalgie» bien souvent plus affective que politique. Une vague confirmée par la floraison et le succès de la vente par correspondance de produits de la RDA sur l’Internet, de ces fêtes «ostalgiques» où l’on revêt des uniformes de la Stasi (police de sûreté), de l’Armée du peuple ou des Jeunesses communistes en invitant le sosie d’Erich Honecker ou encore de ces auberges où l’on peut déguster une bière ou de la cuisine est-allemandes dans des sofas de skaï. Tout n’était pas si mauvais que cela dans l’État ouvrier et paysan, semblent vouloir dire ces commerçants et leurs clients. Sociologues et spécialistes du marketing font remonter ce mouvement au milieu des années 90 lorsque, passée l’euphorie de la plongée dans la société de consommation occidentale, les Allemands de l’Est se sont aperçus que tout ce qui était vanté par la publicité n’était pas nécessairement merveilleux. Elle correspond aussi, note Udo Koppelmann, chercheur en marketing à l’Université de Cologne (ouest), à un désir des Allemands de l’Est de soutenir «les produits de chez eux» dans une ex-RDA qui peine à surmonter les défis économiques et sociaux de la réunification.
Les nostalgiques de la RDA ont un nouveau point de ralliement à Berlin : Intershop 2000, une supérette de produits alimentaires et de la vie quotidienne «made in GDR» («German Democratic Republic») qui cultive, dix ans après la chute du Mur, une «Ostalgie» authentique. Plantée au beau milieu d’un terrain vague, à quelques encablures des docks de Berlin, Intershop 2000 a ouvert ses portes cet été au numéro 3 de la Ehrenbergstrasse. Le bouche à oreille et la presse berlinoise ont déjà fait le succès de ce magasin qui est aux Allemands de l’Est ce que la madeleine est à Marcel Proust. Intershop 2000 est un pied de nez à l’histoire. Le régime communiste est-allemand avait créé la chaîne des boutiques Intershop, présentes dans les gares et sur les autoroutes de transit entre la RFA et Berlin-Ouest, pour...