Eltsine président à mi-temps, en vacances malgré la crise tchétchène
le 28 octobre 1999 à 00h00
En Tchétchénie, les combats font rage, à Moscou la classe politique se déchire à deux mois des législatives, les affaires de corruption éclatent les unes après les autres, mais Boris Eltsine est parti en vacances hier sur les bords de la mer Noire. Pratiquement absent de la scène politique depuis l’entrée des troupes russes en Tchétchénie le 1er octobre, le président russe paraît, fait nouveau, de plus en plus détaché du pouvoir. Abandonnant la totale conduite du pays à son nouveau dauphin, le Premier ministre Vladimir Poutine, dont la popularité ne cesse de grandir. Boris Eltsine, 68 ans, doit s’absenter une semaine, qu’il passera pour la plus grande partie dans sa résidence de Botcharov Routcheï, non loin de la célèbre station balnéaire soviétique de Sotchi sur la mer Noire, a prévenu le Kremlin. La présidence russe a laissé entendre que le chef de l’État continuerait à travailler durant cette période : «La notion de vacances pour le président est toute relative», a souligné le porte-parole du président Dimitri Iakouchkine. Sans convaincre réellement les médias russes, habitués depuis plusieurs années aux absences répétées du président et aux déclarations du Kremlin assurant qu’il «travaille sur des documents» dans une de ses résidences de campagne. «Boris Eltsine a montré sa forme. Il va la soigner à Sotchi», ironisait hier le quotidien Vremia, faisant allusion à deux brèves interventions du président à la télévision. «À quoi cette forme est-elle due et durera-t-elle longtemps ? la question est ouverte», poursuivait sur le même ton le journal. Depuis un quintuple pontage coronarien en 1996, la santé fragile de Boris Eltsine a régulièrement fait la une de la presse. En un an seulement, le chef de l’État a accumulé broncho-trachéite, pneumonie, ulcère et grippe le conduisant à des hospitalisations dont la dernière remonte aux 9 et 10 octobre. Avant l’arrivée de M. Poutine au pouvoir, Boris Eltsine s’arrangeait après une absence pour rappeler son autorité sur son chef de gouvernement par des décisions spectaculaires. Mais depuis le 9 août, date de la nomination d’un quatrième Premier ministre en un an et demi, Boris Eltsine dont 90 % des Russes désapprouvent l’action, lâche du lest. Tout le déroulement de l’opération russe en Tchétchénie paraît décidé par M. Poutine auquel Boris Eltsine a réitéré à plusieurs reprises son soutien total. «Je respecte Vladimir Poutine. Quel que soit le problème dont il se charge, il le règle», a insisté lundi M. Eltsine dont le discours sur la question tchétchène paraphrase presque celui de son Premier ministre. Alors que l’offensive russe sur le territoire de la république indépendantiste préoccupe la communauté internationale, les États-Unis se sont inquiétés ces derniers jours de la santé de Boris Eltsine et de sa capacité à diriger l’État, par la voix de leur vice-président Al Gore. Les médias russes se sont faits largement l’écho de ces inquiétudes internationales rarement avouées alors que l’ensemble de la classe politique russe a déjà appelé le président à démissionner avant la fin de son mandat qui s’achève théoriquement à l’été 2000. «Ce ne sont pas seulement les électeurs russes qui commencent à en avoir assez de l’absence d’un pouvoir fort en Russie... mais aussi les leaders occidentaux longtemps loyaux à l’égard d’Eltsine», commentait mardi le quotidien Izvestia. Segodnia renchérissait : «Eltsine n’est qu’un président à mi-temps pour Washington».
En Tchétchénie, les combats font rage, à Moscou la classe politique se déchire à deux mois des législatives, les affaires de corruption éclatent les unes après les autres, mais Boris Eltsine est parti en vacances hier sur les bords de la mer Noire. Pratiquement absent de la scène politique depuis l’entrée des troupes russes en Tchétchénie le 1er octobre, le président russe paraît, fait nouveau, de plus en plus détaché du pouvoir. Abandonnant la totale conduite du pays à son nouveau dauphin, le Premier ministre Vladimir Poutine, dont la popularité ne cesse de grandir. Boris Eltsine, 68 ans, doit s’absenter une semaine, qu’il passera pour la plus grande partie dans sa résidence de Botcharov Routcheï, non loin de la célèbre station balnéaire soviétique de Sotchi sur la mer Noire, a prévenu le Kremlin. La...
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