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Actualités - Biographies

Vazguen Sarkissian, l'homme des situations difficiles(photos)

Vazguen Sarkissian, 40 ans, qui a été tué hier lors d’une attaque au Parlement arménien, s’était progressivement imposé au cours des six dernières années comme l’homme fort de l’Arménie, petite république sud-caucasienne enclavée entre la Géorgie, la Turquie, l’Iran et l’Azerbaïdjan. L’ascension de cet ancien professeur d’éducation physique, devenu par la suite journaliste, d’aspect massif et à l’allure de «gardien de la révolution» iranien, avait débuté en 1990 en pleine guerre du Haut-Karabakh, région montagneuse peuplée majoritairement d’Arméniens chrétiens de souche, mais attribuée en 1921 par Staline à l’Azerbaïdjan musulman turcophone. Au départ, chef d’un détachement de partisans arméniens, il avait rapidement pris en main la commission de la défense du Parlement d’Arménie et avait été chargé de coordonner auprès du gouvernement les activités militaires au Karabakh. Nommé en 1991 ministre de la Défense par le président Levon Ter Petrossian, alors que les Arméniens indépendantistes du Karabakh venaient d’enregistrer une série d’échecs cinglants face aux Azerbaïdjanais sur le front, il avait fait montre d’un talent d’organisateur incontestable et redressé une situation que beaucoup considéraient comme désespérée. En semi-disgrâce, il avait été nommé en 1992 gouverneur du sud de l’Arménie, région frontalière de l’Azerbaïdjan, en face du Karabakh. Son éclipse devait être limitée dans le temps puisqu’en 1993, il devenait ministre d’État, avant de retrouver la Défense en 1995. À l’automne 1996, Sarkissian avait fait donner les chars de l’armée à Erevan pour mater les manifestations de l’opposition qui accusait le gouvernement de fraude à la suite de la réélection controversée de Levon Ter Petrossian. C’est pourtant lui qui devait contraindre à la démission en février 1997 Ter Petrossian, soupçonné par les éléments les plus nationalistes de son régime de préparer un compromis avec Bakou sur la question du Karabakh. Patron incontesté de l’armée, Sarkissian avait tissé autour de lui des réseaux constitués d’anciens combattants du Karabakh, rassemblés au sein du Yerkrapah (défenseurs de la patrie), dont l’influence politique et économique n’avait cessé de croître dans le pays au cours des dernières années. En mai 1999, le Yerkrapah, allié aux partisans de l’ancien dirigeant communiste Karen Demirtchian, avait remporté haut la main les élections législatives. Vazguen Sarkissian avait accepté le 11 juin, après beaucoup d’hésitations, la charge de Premier ministre dans un contexte économique particulièrement difficile pour un pays largement dépendant des aides internationales. Il avait dû mettre une sourdine à ses critiques contre les mesures d’austérité recommandées par les bailleurs internationaux, qui avaient pourtant rythmé la campagne des législatives. Russophile, Sarkissian avait tissé des liens étroits avec le ministre de la Défense de Russie Andrei Gratchev, depuis limogé, qu’il rencontrait fréquemment. Les changements au sommet à Moscou n’avaient pourtant pas altéré les relations privilégiées qu’il y entretenait. Sur le plan intérieur, ses relations s’étaient tendues avec le clan des «Karabakhtsis» (Arméniens du Karabakh), particulièrement le président de la République d’Arménie Robert Kotcharian et l’ancien ministre de l’Intérieur Samvel Babayan. En privé, Sarkissian ne se privait pas de les accuser de vouloir «mettre la main» sur le pays. Vazguen Sarkissian avait multiplié ces dernières semaines les attaques contre la corruption et les phénomènes mafieux qui gangrènent l’économie et la politique arménienne.
Vazguen Sarkissian, 40 ans, qui a été tué hier lors d’une attaque au Parlement arménien, s’était progressivement imposé au cours des six dernières années comme l’homme fort de l’Arménie, petite république sud-caucasienne enclavée entre la Géorgie, la Turquie, l’Iran et l’Azerbaïdjan. L’ascension de cet ancien professeur d’éducation physique, devenu par la suite journaliste, d’aspect massif et à l’allure de «gardien de la révolution» iranien, avait débuté en 1990 en pleine guerre du Haut-Karabakh, région montagneuse peuplée majoritairement d’Arméniens chrétiens de souche, mais attribuée en 1921 par Staline à l’Azerbaïdjan musulman turcophone. Au départ, chef d’un détachement de partisans arméniens, il avait rapidement pris en main la commission de la défense du Parlement...