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Actualités - Chronologie

La langue française à la recherche de son prestige perdu

Le français, qui fut longtemps la langue de l’élite politique et culturelle en Iran, a perdu beaucoup de terrain ces trente dernières années au profit de l’anglais, mais il tente de conforter ses bastions et cherche son second souffle. S’il est toujours enseigné dans huit universités, pour quelque 3 000 étudiants au total, et dans des «kanouns», centres de formation, il n’est plus la première langue étrangère depuis les années qui ont précédé la révolution de 1979. Le régime islamique a conforté la domination de l’anglais parmi les langues étrangères, qui semble attirer beaucoup plus la jeunesse. En outre, les écoles et lycées privés – notamment Jeanne d’Arc pour les filles et Razi pour les garçons – qui ont formé des générations de francophones et francophiles ont été fermés. Mais, dans la rue, à Téhéran, mais aussi Tabriz (ouest), Machhad (est) et Ispahan (centre), il n’est pas rare pour l’étranger de pouvoir s’exprimer en français, et pas seulement avec des personnes âgées. Selon les estimations, 500 000 Iraniens parlent français, dont 200 000 tout à fait couramment. Les connivences, sur le plan grammatical notamment, et les apports réciproques linguistiques sont très nombreux entre le français et le persan, langue indo-européenne. Autrefois c’était la langue de l’élite politique et intellectuelle. Le chah et la quasi-totalité de ses Premiers ministres s’exprimaient volontiers en français. Mais Mehdi Bazargan, qui fut le premier Premier ministre de l’imam Khomeiny, et qui avait fait l’école polytechnique à Paris, fut pratiquement le dernier francophone parmi les hauts dirigeants iraniens, mis à part l’actuel premier vice-président Hassan Habibi. Toutefois le français conserve ses bastions traditionnels que sont le droit, les sciences humaines et la médecine. Signes d’espoir, la réouverture de l’Ifri, Institut français en Iran, le renforcement considérable ces dernières années des relations culturelles –avec la présence de 100 boursiers de haut niveau, et près de 2 000 étudiants iraniens en France –, et les fréquentes visites et conférences réciproques. Dans la ville sainte chiite de Qom (centre), l’école des mollahs vient d’ouvrir une section de français. Les arts sont toutefois le parent pauvre de ce renouveau culturel franco-iranien. Depuis l’arrivée au pouvoir de Mohammad Khatami, en 1997, de plus en plus d’éditeurs proposent des traductions de livres français. Toutefois, les littératures du Moyen-âge et du XIXe siècle demeurent prépondérantes dans les librairies et bibliothèques iraniennes, voisinant depuis quelques années avec André Malraux, Jean-Paul Sartre, mais aussi Nathalie Sarraute.
Le français, qui fut longtemps la langue de l’élite politique et culturelle en Iran, a perdu beaucoup de terrain ces trente dernières années au profit de l’anglais, mais il tente de conforter ses bastions et cherche son second souffle. S’il est toujours enseigné dans huit universités, pour quelque 3 000 étudiants au total, et dans des «kanouns», centres de formation, il n’est plus la première langue étrangère depuis les années qui ont précédé la révolution de 1979. Le régime islamique a conforté la domination de l’anglais parmi les langues étrangères, qui semble attirer beaucoup plus la jeunesse. En outre, les écoles et lycées privés – notamment Jeanne d’Arc pour les filles et Razi pour les garçons – qui ont formé des générations de francophones et francophiles ont été fermés. Mais, dans la...