Malgré l’apparition d’un certain courant acheteur du dollar à des fins commerciales, l’offre en cette monnaie continuait de prendre le dessus sur la demande encore hier à Beyrouth. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu ses deux taux d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû finalement achever la journée au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Dans ce contexte, les établissements de crédit ont été amenés à céder leur excès d’offres en dollar à la BDL tout près du point inférieur de sa fourchette d’intervention, entre 1 501,00 et 1 501,25 LL, en l’absence d’autres contreparties valables à l’achat en dehors d’elle. Ce mouvement pourtant s’est déroulé dans un marché peu étoffé avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, en partie absorbés par la BDL à 1 501,00 LL, selon les milieux cambistes de la place. Nette progression du yen et repli des européennes À l’étranger, le dollar était en recul face au yen hier sur les marchés des changes internationaux dans la perspective de l’annonce d’un nouveau plan de relance fiscal au Japon, mais il a continué de progresser face à l’euro et les autres grandes monnaies européennes. Les cambistes ont attribué la progression du yen aux déclarations du ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, affirmant que les dépenses pour la relance de l’économie nippone allaient être augmentées. À cet égard, le gouvernement japonais avait décidé début octobre d’élaborer un nouveau collectif budgétaire d’au moins 10 000 milliards de yens (l’équivalent de 95 milliards de dollars), destiné à favoriser les projets d’infrastructure, à soutenir le secteur privé et les petites et moyennes entreprises et à améliorer les conditions du marché du travail. De plus, le yen a été soutenu aussi par le sentiment que l’économie japonaise va se ressaisir plus vigoureusement à un moment où le dollar se ressentait de quelques achats de yens de la part du géant français de l’automobile Renault, qui serait intéressé à accroître sa participation dans le constructeur automobile japonais Nissan. Pour sa part, l’euro, qui a également souffert de la remontée du yen, a pâti hier de la confusion du marché sur l’évolution des taux d’intérêt en Europe. Les données sur la progression de la masse monétaire M3 de la zone euro, attendues aujourd’hui, devraient donner une idée plus claire aux opérateurs à ce sujet. Si les chiffres sur M3 sont supérieurs aux prévisions, ils accentueront les spéculations sur un resserrement monétaire le 4 novembre prochain à l’issue du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui bénéficiera à l’euro alors qu’un statu quo monétaire tel qu’envisagé par certains, après l’intervention hier du président de la BCE, Wim Duisenberg, pourrait agir à l’actif du dollar. M. Duisenberg a souligné devant le Parlement européen que la BCE ne considérait pas uniquement le taux de l’inflation actuel pour déterminer l’orientation des taux d’intérêt. Quant à la livre sterling, elle s’est enfoncée face au billet vert et n’a pas réagi à la dernière étude trimestrielle sur le secteur manufacturier de la Confédération de l’industrie britannique (CBI), principale organisation patronale, révélant que la confiance dans ce secteur était au plus haut depuis avril 1995. Selon les cambistes, le sterling est victime d’une correction après sa récente appréciation. Cela d’autant que le dollar bénéficiait hier de l’annonce d’une baisse de l’indice de confiance des consommateurs américains de 134,20 points en septembre à 130,10 points en octobre, excluant les craintes de durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Cela étant, et abstraction faite des craintes que le dollar pourrait pâtir de la première révision des chiffres de la croissance américaine et de l’indice du coût de l’emploi au troisième trimestre, attendus demain, le billet vert s’est négocié à New York, sur un ton ferme, sauf face au yen, comme suit : – 1,0585 pour un euro contre 1,0670, la veille – 1,6535 pour un sterling contre 1,6635 – 1,8475 DM contre 1,8330 – 6,1965 FF contre 6,1475 – 1,5120 FS contre 1,4975 – 1 829,10 lires contre 1 814,70 – 104,70 yens contre 105,30. Bourse de Beyrouth : quasiment stable Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a éprouvé encore hier beaucoup de difficultés à s’engager dans une direction précise, la petite baisse des Ciments libanais ayant été compensée en partie par la légère hausse des actions nominatives des Ciments blancs dans un marché autrement étriqué et stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a très légèrement progressé de 0,04 % à 74,83 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 177,20 points. Ce mouvement s’est déroulé dans un volume d’affaires très mince avec seulement 30 841 actions négociées d’une valeur globale de 93 999 dollars. Volatilité de Wall Street Sur les autres places boursières internationales, Wall Street n’a pas pu mettre à profit d’une manière durable la publication hier aux États-Unis de l’indice de confiance des consommateurs qui a reperdu 4,1 points en octobre, excluant toute surchauffe économique et dissipant les craintes de hausse des taux d’intérêt américains. De fait, les opérateurs ont passé outre à ce baromètre de la consommation très suivi par les opérateurs boursiers et se sont lancés dans des ventes bénéficiaires à deux jours de la publication demain de la première révision des chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain et du coût de l’emploi au troisième trimestre qui pourrait révéler des signes inflationnistes. De plus, le changement dans la composition de l’indice Dow Jones des industrielles, avec le remplacement de Chevron, Goodyear, Sears et Union Carbide par Microsoft et Intel, a donné lieu à des spéculations à la hausse sur les grandes valeurs américaines suivies de ventes bénéficiaires, frappant l’ensemble de la cote d’indécision. Cela étant, et dans la crainte que les chiffres de la croissance et des salaires attendus demain ne créent de surprise, nombre d’opérateurs ont estimé hier devoir se prémunir. En effet, l’indice Dow Jones des vedettes industrielles, dans sa nouvelle composition, a dû fluctuer entre un plus haut à 10 408,19 points et un plus bas à 10 305,29 points, avant d’afficher en préclôture 10 329,35 points, en baisse de 20,58 points sur la veille, dans un marché très volatil. Les Bourses européennes terminent bien orientées Les grandes places européennes, soutenues par l’orientation positive de Wall Street en matinée, ont pour la plupart terminé sur une note positive mardi. À Paris, l’indice Cac 40 a terminé sur un gain de 0,8 %, tandis que le FTSE 100 s’adjugeait 1,38 % à Londres et que le Dax allemand progressait de 1,28 %. Madrid a bondi de 1,49 % selon l’Ibex 35, tandis que Zurich gagnait plus de 1 %, Amsterdam 0,81 % et Milan 0,24 %. En revanche, l’indice Bel-20 de la Bourse de Bruxelles s’est replié de 0,1 %. Du côté des indices multipays, l’Eurotop 300, paneuropéen, a progressé de 1,15 %, tandis que l’Eurostoxx 50, limité aux valeurs de la zone euro, engrangeait 1,04 %. Tokyo : réduction des gains La Bourse de Tokyo a clôturé la séance de mardi en légère hausse, la demande de l’étranger et l’attente d’achats de la part des investisseurs institutionnels compensant les inquiétudes suscitées par la vigueur du yen et la hausse des taux d’intérêt américains à long terme. L’indice Nikkei 225 affichait en clôture un gain de 23 points, soit 0,13 %, à 17 671,79. Le contrat à terme échéance décembre sur indice Nikkei a quant à lui pris 30 points à 17 710. Les opérateurs ont souligné toutefois que le marché attendait avec inquiétude l’évolution de Wall Street, où le Dow Jones avait clôturé lundi sur une perte de 1,15 % à 10 349,93 dans un climat dominé par les craintes relatives à l’évolution des taux d’intérêt. «Le marché est soutenu par les attentes relatives au démarrage de nouveaux fonds d’investissement, a observé Toshikhiko Matsuno, de Yamatane Securities. Les opérateurs semblent également penser que les pertes subies lundi par New York ne constituent qu’un ajustement, et non le début d’une correction massive». Il a souligné toutefois que le marché s’inquiète non seulement de l’évolution de Wall Street, mais aussi du cours du yen, susceptible d’entraîner une baisse du Nikkei. À la clôture de la Bourse de Tokyo, la devise japonaise était traitée à hauteur de 105 yens pour un dollar. L’indice Topix, qui regroupe tous les titres de la première section, s’est apprécié de 0,57 % à 1 543,09 points et le Nikkei 300, pondéré en fonction des capitalisations, a progressé de 0,31 % à 299,36 points. Malgré la légère hausse des indices, le nombre des valeurs en baisse a été plus important que celui des hausses, à raison de 762 contre 459 et 122 inchangées sur la première section. Le volume s’est établi à 598 millions de titres, contre 655 millions au cours de la séance de lundi.
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