Les Frères musulmans jordaniens se sont déclarés optimistes hier quant à la possibilité de parvenir «d’ici à une semaine» à un règlement de la crise entre Amman et le mouvement intégriste palestinien Hamas. À l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre jordanien Abdel Raouf Rawabdeh, le chef de la confrérie islamiste, M. Abdel Méjid Zoneibat, a qualifié de «positif» cet entretien, qui, a-t-il dit, «sera suivi prochainement par d’autres en vue de parvenir à une formule définitive, qui sera soumise au roi Abdallah II». Estimant que «l’affaire est en voie d’être réglée», M. Zouneibat a indiqué aux journalistes s’attendre à ce qu’un tel règlement «intervienne dans une semaine». Il a également jugé que la question du Hamas «ne restera pas entre les mains de la justice jordanienne car il s’agit d’une affaire politique». M. Zouneibat s’est d’autre part refusé à toute indication sur les propositions que les Frères musulmans ont soumises à M. Rawabdeh. Le vice-Premier ministre et ministre jordanien de l’Information Aymane Majali avait annoncé que les dirigeants des Frères musulmans avaient demandé une audience avec M. Rawabdeh pour lui présenter des «propositions» au sujet de l’affaire Hamas. Khaled Mechaal et Ibrahim Ghosheh, respectivement chef du bureau politique et porte-parole du Hamas en Jordanie, accusés d’activités illégales, avaient été arrêtés le 22 septembre et placés en garde à vue. Les bureaux du mouvement avaient été fermés fin août. Le secrétaire général du parti du Front d’action islamique (FAI, dépendant des Frères musulmans), M. Abdel Latif Arabeyat, a participé dimanche à la rencontre. Plusieurs ministres y ont également pris part. Un haut responsable jordanien a indiqué dimanche que «les autorités jordaniennes n’ont nullement l’intention de renoncer à leur décision de fermer les bureaux du Hamas dans le royaume». «Nous sommes prêts à clore le dossier judiciaire des dirigeants et des cadres du mouvement et à les libérer en échange de deux options», a ajouté ce responsable qui a requis l’anonymat. Selon lui, «la première option est que les dirigeants et les cadres du mouvement arrêtés quittent la Jordanie pour une destination de leur choix». «La deuxième, a-t-il poursuivi, est qu’ils restent en Jordanie où ils pourront exprimer librement leurs points de vus politiques uniquement en tant que citoyens jordaniens et non plus en tant qu’officiels du Hamas». «Khaled Mechaal ne peut ainsi rester en Jordanie en tant que chef du bureau politique du Hamas car en l’occurrence ceci signifierait le maintien de la présence politique du mouvement, ce que la Jordanie n’accepte plus», a expliqué le même responsable. D’autre part, des sources politiques bien informées à Amman ont estimé qu’«à la lumière de la position officielle d’Amman, le Hamas pourrait décider de confier une nouvelle fois la direction du bureau politique à Moussa Abou Marzouk», membre du bureau politique, qui se trouve actuellement à Damas. Abou Marzouk dirigeait le bureau politique du Hamas avant son arrestation aux États-Unis il y a près de trois ans. À la suite d’une intervention du défunt roi Hussein de Jordanie auprès de Washington, Abou Marzouk, détenteur d’un passeport yéménite, a été libéré en 1997.
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